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HISTOIRE GÉNÉRALE
La Saxe, la Thuringe, la Silésie, le Schleswig, le-HoI-stein furent horriblement dévastés, et les armées sué-doises pénétrèrent en Bohême et en Moravie.
Les Français, de leur côté, après avoir vaincu lesEspagnols à Rocroy, dans les Pays-Bas, envahissaient laSouabe et le bassin du Haut-Danube. Ils avaient à leurtête le maréchal Turenne et un jeune héros de 23 ans,le duc d’Enghien, futur prince de Condé. La victoired ’Allerheim, non loin de Nôrdlingen, leur livra la Ba-vière, qui fut aussi saccagée et désolée.
Négociations et fin de la guerre. — Ces défaites avaientabattu le courage du parti impérial. Depuis longtemps,on était, de part et d’autre, las de la guene. Des négo-ciations avaient commencé à Munster et à Osnabrück enWestphalie. Du reste, plusieurs des principaux acteursde la lutte étaient morts. Après Tilly, Gustave-Adolphe,Wallenstein, ce fut le tour de l’Empereur, le fanatiqueFerdinand, puis de Bichelieu. Ferdinand III était moinsintolérant que son père et désirait la paix. Quelques-uns des belligérants avaient posé les armes, ainsi leBrandebourg et la Saxe. Enfin, en 1648, les Français etles Suédois s’avancèrent sur Vienne de deux côtés à lafois, par la vallée du Rhin et par la Bohême ; les Suédoiss’emparèrent de la citadelle de Prague. Ce fait d’armesdevait être le dernier de la guerre; celle-ci finissait aupoint même où elle avait commencé. La paix de West-phalie venait d’être signée.
§ 47. Les traités de Westphalie. — Dès 1643 déjà, lesnégociations se poursuivaient à Munster et à Osnabrücken Westphalie. Gomme la guerre avait été générale, laplupart des puissances européennes étaient représen-tées au congrès, et les traités de Westphalie remaniè-rent complètement la carte d’Europe. Ils fixèrent enoutre le droit public en Allemagne et la situation desprinces vis-à-vis de l’Empereur. Enfin ils mirent fin