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HISTOIKK GÉNÉKALK
La Réforme du XVI e - siècle avait été incomplète. Dans les Etatscatholiques, la réaction religieuse avait triomphé ; dans lesEtats réformés, le protestantisme avait dégénéré en une ortho-doxie étroite. Dans les uns comme dans les autres régnait laplus mesquine intolérance. Le despotisme monarchique s'ajou-tait au despotisme religieux. Des coutumes barbares subsis-taient encore, honteux restes du moyen âge. L’administrationde la justice était défectueuse ; la torture était presque partoutappliquée. Mais au milieu du XVIII e siècle, l'esprit humain, denouveau, se réveilla. Les philosophes combattirent la tradition etla routine, les abus, le fanatisme, l’intolérance, le despotisme.Ce fut d'abord en France qu'ils élevèrent la voix. Mais leurs idéesfirent le tour de l'Europe et trouvèrent de l'écho dans les pays lesplus lointains. Cette éclosion d’idées nouvelles, cette insurrectioncontre l'état de choses existant fut le prélude de la Révolution,
CHAPITRE PREMIER
Richelieu affermit l’absolutisme royal.
§ 48. Minorité de Louis XIII. Concini et Luynes (1610 à1621). — A la mort de Henri IV, Sully s’était écrié : « LaErance va tomber en d’étranges mains. » En effet, lenouveau roi, Louis XIII, n’avait que neuf ans, et larégence fut confiée à la reine mère, Marie de Médicis,femme vulgaire et sans capacités politiques. Elle accor-da toute sa confiance à sa sœur de lait, Leonora Gali-gaï, et au mari de celle-ci, Concini, maréchal d’Ancre.Ce dernier ne songea qu’à s’enrichir; il puisa à pleinesmains dans le trésor, et laissa les grands du royautnesuivre son exemple. A l’extérieur, il abandonna la poli-tique de Henri IV et réconcilia la France avec l’Espagne.Lejeune roi épousa Anne d’Autriche, filledePhilippelII.
A la fin, les grands se révoltèrent ; Concini fut tué etsa femme brûlée comme sorcière.
Mais la France ne fut pas mieux gouvernée pour cela.