LA MONARCHIE ABSOLUE
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Albert de Luynes, le favori du roi, devint tout-puissant.C’était un homme incapable et débauché qui devait safaveur à son habileté dans l’art de dresser les oiseauxde chasse. Les nobles et les protestants se soulevèrent;il semblait que la France allait revoir les mauvaisjours des guerres de religion. Mais Luynes mourut en1621, et la reine mère reprit toute son influence. Elleréussit à faire arriver au pouvoir le cardinal Armanddu Plessis, duc de Richelieu (1624).
§ 49. Richelieu veut affermir l’autorité royale (1624-1642). — Louis XIII avait un caractère faible, mais ilcomprenait les véritables intérêts de la France et il ac-corda désormais à son premier ministre toute sa con-fiance. Pendant dix-huit ans, Richelieu fut à peu prèsle maître absolu du pays et put travailler à la grandeurde sa patrie.
Richelieu poursuivit un double but. Au dedans, ilaffermit l’autorité royale et fonda ainsi la monarchie ab-solue ; au dehors, il abaissa la maison d’Autriche et as-sura la prépondérance française en Europe.
A l’intérieur, l’autorité royale avait à lutter encorecontre deux éléments d’opposition, les protestants et lanoblesse.
Richelieu abaisse les protestants (1628). — Depuisl’édit de Nantes, les protestants, avec leurs privilèges,leurs places fortes et leur milice, constituaient un « Etatdans l’Etat ». Richelieu entreprit de les soumettre àl’autorité royale. Il leur enleva successivement leursprincipales forteresses, Nîmes, Montauban, Montpellier,puis vint mettre le siège devant La Rochelle, leboulevard du calvinisme en France. Richelieu dirigeales opérations en personne ; elles durèrent quatorzemois. Mais ni la résistance héroïque des assiégés 1 , ni
* Le maire Guiton avait juré de poignarder quiconque parleraitde se rendre : « Pourvu qu’il reste un homme pour former les por-tes, c’est assez ».