LA MONARCHIE ABSOLUE
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les conspirations. Les nobles prirent des airs de suffi-sance qui les firent surnommer les Importants. Déçusdans leur attente, ils firent au nouveau ministre uneviolente opposition.
Ilss’alIièrentdanscedesseinaveclePartewierUdeParis.Le Parlement n’était qu’une cour de justice, mais ilprétendait exercer certains droits politiques. Pour payerles frais de la guerre, Mazarin fit décréter de nouveauximpôts. Mais le Parlement refusa d’enregistrer les éditsbursaux; le peuple de Paris se souleva; la ville secouvrit de barricades et la cour fut obligée de se réfu-gier à Saint-Germain. Les rebelles avaient à leur tête lecoadjuteur de l’archevêque de Paris, Paul de Gondi,plus tard Cardinal de Retz.
La guerre éclata entre le Parlement, la noblesse, labourgeoisie parisienne d’un côté, et la cour de l’autre.Mais cette rébellion n’eut pas la gravité des luttes san-guinaires du siècle précédent. On lui donna le nomd’un jeu d’enfant : la Fronde. Les troupes du roi, sousles ordres de Condé, battirent les troupes parisiennes,et la ville dut rouvrir ses portes. La Fronde parlemen-taire, ainsi nommée parce que l’opposition se groupaitautour du Parlement, était terminée (1651).
La Fronde aristocratique échoue. — La noblesse mitplus de temps à se soumettre. A la Fronde parlemen-taire succéda la Fronde aristocratique ou féodale. Lecélèbre Condé, s’estimant mal payé des services qu’ilavait rendus à la royauté, passa du côté de l’opposition.Mais cette révolte féodale ne réussit pas mieux quel’autre. Le grand général Turenne, qui commandaitles troupes royales, battit les rebelles à Saint-Antoine,un des faubourgs de Paris. Condé s’enfuit et se mit auservice de l’Espagne. Tout le monde rentra dans l’obéis-sance : l’autorité de la reine et de son ministre fut plussolidement assise que jamais (1052). Le Parlement dutrenoncer à jouer un rôle politique.
Condé fit en vain appel aux secours de l’Espagne.