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Les autres souverains de l'Europe suivirent bientôtl’exemple du roi de France. Ils possédèrent, dans leslimites de leurs ressources, une cour, une maison. Labourgeoisie imita également ce ton et ces manières.
§ 57. Apogée de Louis XIV. Les chambres de réunion.Conquête de Strasbourg (1681). — Louis XIV se trouvaità l’apogée de sa puissance. Personne en Europe n’osaitlui résister. Son orgueil et son ambition ne connurentdès lors plus de bornes 1 . En pleine paix, il continuait sesconquêtes. Il établit dans les places de Metz, Brisachet Besançon, des tribunaux spéciaux, les Chambres deréunion, chargées de rechercher quels territoires serattachaient aux villes et provinces cédées à la Francedans les derniers traités. Ces Chambres prononcèrentl'annexion de nombreux bourgs et villages. Des contréesentières étaient ainsi enlevées à leurs propriétaires légi-times et incorporées à la France. En 1681, les Français,secondés par l’archevêque de Strasbourg, Eyon de Fürs-tenberg, prirent possession de cette ville. Louis XIVs’empara aussi du Luxembourg et de nouveaux terri-toires dans les Pays-Bas. La ville de Cènes, pour avoirvendu des vaisseaux à l’Espagne, fut bombardée enpleine paix, et son doge fut obligé de venir à Versailles 2faire amende honorable. La faiblesse des Etats alle-mands divisés entre eux, et de l’Empire menacé par lesTurcs, laissait le champ libre au roi de France. En 1084 futconclue, à Ratisbonne, une trêve de vingt ans, par laquelleLouis XIV conservait les acquisitions qu’il avait faites.
Révocation de l’Edit de Nantes (1685). — A l’intérieur,l’orgueil et le despotisme de Louis XIV croissaient dejour en jour. Il persécuta les Jansénistes 3 , mais il s’at-
1 11 ne considérait « ni Ktat, ni vie, ni repos public, ni foi juréeà l’égard de son honneur quand il le croyait blessé ».
5 On lui demandait ce qui l’étonnait le plus dans le magnifiquepalais de Versailles. — « C’est de m’y voir », répondit-il.
3 Disciples de .lansénius, évêque d’Ypres, en Belgique.