LA MoNARCUIK AUSOLUK
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taqua surtout aux protestants. Il restreignit d’a-bord le nombre de leurs églises et des lieux où leurculte était toléré. 11 les exclut peu à peu des emploispublics. Il essaya de les corrompre en récompensantceux qui abjuraient. Il inventa ensuite les dragonnades.Des dragons, « missionnaires éperonnés », occupèrentles provinces du sud, logeant chez les calvinistes etcommettant toutes sortes d’excès. Enfin, le 17 octobreIbsr», Louis XIV prononça la révocation de l’édit deNantes. Le culte réformé était interdit, les églises dé-truites, les écoles fermées, les prédicateurs bannis '.
Des milliers de protestants (2 4 300 000) quittèrentalors la France, malgré les peines sévères qui frap-paient les fugitifs. Ils trouvèrent asile en Angleterre, enHollande, en Suisse, en Allemagne et particulièrementdans le brandebourg. Ils y apportèrent leur zèle, leuractivité, leurs habitudes d’ordre et d’économie, leursconnaissances industrielles et commerciales. Ils contri-buèrent pour autant à la prospérité des pays qui leuroffraient l’hospitalité. Leur départ causa à la France unpréjudice irréparable.
.Malgré toutes les persécutions, le protestantisme nedisparut pas complètement de France. Les églises dudésert continuèrent à subsister. Dans les Cévennes, lesCamisards résistèrent, les armes à la main, à toutetentative de conversion. Les protestants d’Alsace con-servèrent aussi leur liberté religieuse.
' de Sé vigne y voyait « la plus grande et la plus belle chosequi ait jamais été imaginée et exécutée». Bossuet célébra cet acteen termes exaltés : « Touchés (le tant de merveilles, épanchons nosemurs sur la piété de Louis ».