LA MONARCHIE ABSOLUE
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Louvois étaient morts, ainsi que les grands généraux.Louis XIV, du reste, voulait conserver toutes ses forcespour soutenir ses prétentions à la succession d’Espagnequi allait s’ouvrir. Par la paix de Ryswick 1 (1697), on serendait les conquêtes faites de part et d’autre. LouisXIV reconnaissait Guillaume d’Orange comme roid’Angleterre. La France s’arrêtait dans la voie des con-quêtes.
§ 59. Guerre de succession d’Espagne (1701-1714). —L’héritage de Charles IL — Charles II, roi d’Espagne, n’a-vait pas d’enfants: d’immenses ambitions s’allumaientautour de l’héritage des Habsbourg 2 . Guillaume III 3 , aunom de la Hollande et de l’Angleterre, avait déjà concluavec la France un traité de partage, lorsque Charles II,dans son testament, désigna pour lui succéder Philipped’Anjou (en Espagne Philippe V), petit-fils de Louis\TV. Ce dernier accepta et déchaîna ainsi sur l’Europeune guerre terrible, la guerre de succession d'Espagne.L’adversaire infatigable de la France, Guillaume III,provoqua la grande alliance de la Haye, à laquelleadhérèrent l’Angleterre, le Portugal, la Hollande, l’Em-pereur et la plupart des Etats allemands. Louis XIV setrouva en face d’une formidable coalition européenne.Il n’avait pour alliés que les électeurs de Bavière et deCologne. Le duc de Savoie, d’abord ami de la France,passa ensuite dans le camp adverse.
Les grands généraux de la coalition. — La France setrouvait déjà appauvrie et affaiblie par la guerre précé-dente. Ses grands généraux avaient disparu ; leurs suc-cesseurs se montrèrent souvent incapables. En revanche,la coalition avait à sa tête deux hommes de talent : le
1 Petit village de Hollande, non loin de La Haye.
2 L’Espagne, la Belgique, le Milanais, Xaples, la Sicile, lescolonies d’Amérique.
3 Stathouder de Hollande et, depuis 1688, roi d’Angleterre.