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prince Eugène de Savoie, entré au service de l’Empe-reur, était un des meilleurs tacticiens de son époque,et le duc de Marlborough, le tout-puissant ministreanglais, était à la fois un grand homme de guerre et unhabile homme d’Etat.
Défaites des Français. — Aussi les armées françaiseséprouvèrent-elles échec sur échec: à Ilôchstædt surle Danube, à Ramilles, à Oudenarde et dans les Pays-Bas, à Turin, en Italie. Après Oudenarde, les coaliséspénétrèrent en France et s’emparèrent de Lille. Survintle terrible hiver de 1708 à 1709. La France épuiséedemanda grâce. Mais les puissances, enorgueillies parle succès, proposèrent à Louis XIV des conditions inac-ceptables. La guerre continua. Le prince Eugène etMarlborough remportèrent encore la victoife de Mal-plaquet. De nouvelles offres de paix faites par Louis XIVfurent de nouveau repoussées (1709).
Défection de l’Angleterre et paix.— Mais soudain unrevirement se produisit. En Angleterre, une querelleentre la reine et la hautaine duchesse de Marlboroughamena la disgrâce de celle-ci, puis du duc, enfin lachute du ministère whig et l’avènement d’un ministèretory (1710). Presque en même temps, le général fran-çais Vendôme remportait en Espagne la victoire deVillaviciosa, qui assurait le trône à Philippe V (1710).Deux ans plus tard, Villars battait le prince EugèneàDcnain (1712). Sur ces entrefaites, la mort de l’EmpereurJoseph I assurait la succession à son frère Charles, quiprétendait aussi à la couronne d’Espagne. L’Europene se souciait pas de voir reconstituer, au profit del’Autriche, la monarchie de Charles-Quint. La plupartdes belligérants posèrent les armes.
§ GO. Traités d’Utrecht, de Rastatt et de Baden. —La paix conclue à Utrecht (1713) remania la carte dumonde de la façon suivante :
L’Angleterre reçut Terre-Neuve, la Nouvelle-Ecosse,