LA MONARCHIE -AlîSOLUK
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à Clarendon d’abord, puis aux hommes de la Cabale, quigouvernèrent despotiquement et rendirent le roi impo-pulaire. Dans le but de protester contre les tendancescatholiques de la famille royale, le Parlement vota lebill du test (1673), d'après lequel les catholiquesétaient exclus du Parlement et des fonctions publiques.Ce bill frappa le frère du roi, le duc. d'York (plus tardJacques II). Il dut déposer sa charge de grand amiralde la flotte anglaise. Un peu plus tard (1679), le roi sevit obligé de promulguer l’habeas corpus, précieusegarantie de la liberté personnelle des citoyens. En vertude cet acte célèbre, nul ne peut être incarcéré sansmotifs valables, et le prévenu doit être entendu par sonjuge naturel dans les trois jours qui suivent son arres-tation.
Whigs et Tories. — A cette époque commencent à sedessiner les deux partis politiques anglais qui, aujour-d’hui encore, luttent pour la possession du pouvoir,les whigs ou libéraux et les tories 1 ou conservateurs.Sous Charles II, les whigs étaient les partisans de lamonarchie constitutionnelle, tandis que les tories sou-tenaient l’absolutisme. Durant les dernières années dece règne, les tories finirent par l’emporter. Une conju-ration contre la vie du roi servit de prétexte à uneviolente persécution contre les whigs. Plusieurs deleurs chefs périrenl sur l’échafaud.
Charles II s’allie à la France. — A l’extérieur, la poli-tique de Charles II ne fut ni glorieuse ni profitable. Leroi abandonna la manière de Cromwell; ses instinctsdespotiques et ses sympathies catholiques le rappro-chèrent de Louis XIV, au grand dépit de la majoritédu peuple anglais. Sans cesse à court d’argent, il reçutde Louis XIV des sommes importantes et asservit lapolitique anglaise à celle du monarque français. Il ven-
* Ces mots étaient à l’origine des sobriquets: tohig était celuides puritains écossais, tory celui des Irlandais catholiques.