LA MONARCHIE ABSOLUE
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II voulut, lui aussi, entretenir une cour brillante. En1701, il obtint de l’Empereur la dignité royale et se fitcouronner, à Kônigsberg, sous le nom de Frédéric I er ,avec une pompe et une magnificence inouïes 1 .
Frédéric, sans négliger l’armée, protégea les arts, leslettres et les sciences. Berlin se couvrit de beaux mo-numents ; le souverain fonda l’Académie royale desSciences. Plusieurs hommes de mérite illustrèrent sonrègne, entre autres le philosophe et mathématicienLeibniz, le professeur Christian Thomasius, le premierprofesseur qui ait fait ses cours en allemand et non enlatin, le philanthrope Franke, fondateur de l’orphelinatde Halle, et le philosophe Wolff.
Sous lui, la Prusse prit part à la guerre de successiond’Espagne et acquit la principauté de Neuchâtel et deValangin (1707), dont la possession lui fut confirméepar la paix d’Utrecht.
Le « roi sergent » remplit le trésor et crée une arméede premier ordre. — Frédéric Guillaume I er (1713-1740), surnommé le roi sergent, montra des goûts toutà fait opposés à ceux de son prédécesseur. Il se distin-gua par son économie outrée jusqu’à l’avarice, par lasimplicité de ses mœurs et de ses manières, pousséejusqu’à la rudesse. Le luxe disparut du palais ; on ven-dit les joyaux de la couronne ; on supprima la plupartdes charges ; on renvoya les acteurs et les chanteurs.Au lieu de la cour brillante et policée de Frédéric I er ,le roi sergent s’entoura de compagnons grossiers commelui, dont le plus grand plaisir consistait à boire et àfumer. Les Universités furent négligées et l’Académiede Berlin tomba en décadence.
Par contre, le roi voua ses soins à l’agriculture et àl’industrie. Il favorisa aussi l’instruction primaire. Maisil voulut surtout donner à la Prusse les deux élémentsde la puissance militaire : un trésor bien garni et une
1 11 y dépensa six millions de thalers.
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