LA MONARCHIE ABSOLUE
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rope et, à cet effet, il leur fit, à plusieurs reprises,d’importantes concessionsL Confiant dans les pro-messes et les signatures, il négligea son armée qui, plusque tous les traités, aurait assuré à sa fille la posses-sion de ses Etats.
L’Autriche attaquée de toutes parts ; dévouement desHongrois. — A la mort de Charles VI, les puissanceseuropéennes attaquèrent l’Autriche. Frédéric II entrale premier en campague, pénétra en Silésie et s’en assu-ra la possession par la victoire de Mollwilz 1 2 (1741). LesFrançais et les Bavarois envahirent l’Autriche jusqu’àLinz, et la Bohême jusqu’à Prague. L’électeur de Ba-vière se fit couronner Empereur d’Allemagne, à Franc-fort, sous le nom de Charles VIL
La monarchie des Habsbourg semblait près de la ruine.Mais les intérêts de ses ennemis étaient trop divergentspour que leur entente fût de longue durée. La reine futsauvée par l’intervention de l’Angleterre, — qui nevoulait pas laisser affaiblir l’Autriche au profit de laFrance, — et par le dévouement des magnats de Hon-grie. Ceux-ci étaient réunis à Presbourg ; ils jurèrent demourir pour leur roi Marie-Thérèse ; ils fournirent destroupes aguerries et sauvages auxquelles rien ne résista.Prague fut prise, la Bavière fut envahie et, au momentmême où Charles VII paradait à Francfort, sa capitaletombait aux mains des Autrichiens. D’autre part, l’ar-mée anglaise, commandée par Georges II, infligeait auxFrançais une défaite 3 et les forçait à repasser le Rhin(1743).
Le traité de Dresde concède la Silésie au roi de Prusse(1745). — Mais Frédéric rentra de nouveau en campa-gne, et la fortune abandonna les troupes autrichiennes;
1 Entre autres lors de la paix de Vienne, en 1738. Voir page 127.
2 Les scrupules ne l’incommodaient pas : « On prend quand onpeut, et l’on n’a jamais tort quand on n’est pas obligé de rendre. »
3 A Dettingen.