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HISTOIRE GÉNÉRALE
§ 77. L’Autriche et l’Empire. Joseph II despote éclairé(1765-1790) 1 . — En Autriche, Marie-Thérèse s’efforçade réparer les maux de la guerre et d’introduire desréformes utiles. A sa mort (1780), Joseph II devint em-pereur. Il était animé des meilleures intentions et gou-verna, lui aussi, d’après les principes du despotismeéclairé. Il proclama la tolérance ; il supprima un grandnombre de couvents 2 dans ses Etats et employa leursrevenus à subventionner des écoles. Il abolit la tortureet le servage; il proclama l’égalité de tous devant laloi.
Réformes trop hâtives. — Mais dans sa bâte de vouloirtout réformer, Joseph IIseheurtaà devives résistances.Sa monarchie se composait d’un ensemble de peuplesdisparates, ayant chacun ses coutumes et ses mœurs.L’Empereur ne tint aucun compte de cette diversité; ilvoulut créer un Etat uniforme et fortement centralisé.Il introduisit la langue allemande dans les tribunauxmagyars et voulut réorganiser, en Belgique, l’adminis-tration de la justice. Mais des troubles éclatèrent enHongrie; Joseph dut révoquer ses ordonnances. LesPays-Bas se soulevèrent. A ce moment, Joseph II reve-nait, malade et épuisé, de la guerre contre les Turcs.Le chagrin de voir ses projets méconnus hâta sa mort.
1 Deux grandes guerres avaient accentué la rivalité entre laPrusse et l’Autriche. Elle continua après la paix de Ilubertsbourg.Grâce à l’opposition de Frédéric, Joseph II échoua dans une ten-tative faite pour s'emparer d’une partie de la succession de Bavière(1778-1779). Un peu plus tard, Joseph imagina d’échanger les Pays-Bas contre la Bavière. Get agrandissement de l’Autriche aurait étéun danger pour la Prusse. Le roi de Prusse conclut alors avec laSaxe et le Hanovre l 'alliance des princes allemands, et réussità contenir l’ambition autrichienne.
2 « Je n’aime pas, disait-il, que des gens qui ont pour missionde préparer notre salut dans l’autre monde se donnent tant depeine pour diriger nos affaires dans celui-ci. » — Il trouvait queles couvents des ordres contemplatifs étant inutiles au prochain,ne pouvaient, par conséquent, pas être agréables à Dieu.