LA MONARCHIE ABSOLUE
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Léopold II. — Son frère Léopold II (1790-1792), réus-sit à comprimer le soulèvement des Pays-Bas ; il renditaux Etats de la monarchie leurs anciennes institutions;plusieurs des réformes furent abolies ; cependant l’éditde tolérance subsista et l’abolition du servage demeuraun fait accompli.
L’Empire. — Quant à l’Empire d’Allemagne propre-ment dit, il n’existait plus guère que de nom. Composéde trois cent cinquante Etats environ, tant ecclésiasti-ques que laïques, il offrait le plus bizarre assemblage.L’autorité de l’Empereur ou de la Diète était presquenulle.
Depuis la guerre de Trente Ans, aucun effort n’avaitété tenté pour créer l’unité allemande. Chaqueprince, maître chez lui, agissait à peu près à sa guise, etaucune autorité n’était assez forte pour s’imposer à lanation entière.
§ 78. La France. Règne de Louis XV. — Le règne deLouis XV avait mal débuté; il continua plus malencore. Le roi avait déclaré qu’il agirait comme sonprédécesseur, qu’il ne prendrait plus de premier minis-tre. Mais Louis XV, paresseux et débauché, abandonnaen réalité le pouvoir à ceux qui savaient s’imposer à lui.Manquant d’initiative et de volonté, il fut toute sa viele jouet de ceux qui l’entouraient et lui inspiraient sesrésolutions bonnes ou mauvaises 1 .
La France dans la Guerre de Succession d’Autriche et laGuerre de Sept ans. — Ce fut d’abord l’honnête Fleury,dont le long ministère (1726-1743) donna à la Franceune prospérité relative. Malheureusement il ne sut pasrésister aux sollicitations de courtisans ambitieux, et la
1 « Homme sans âme et sans esprit, avait dit Choiseul, ayanltous les défauts de l'Ame la plus vile et la moins éclairée. »Louis XV prévoyait les catastrophes futures, mais, disait-il, «lamachine durera bien autant que nous ».