LA MONARCHIE ABSOLUE
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et généreux, mais sans énergie (1764). Dès lors, laPologne tomba complètement sous l’influence mosco-vite.
Dans le dessein d’entretenir les troubles et d’en pro-fiter, Catherine soutint les dissidents polonais, ortho-doxes et protestants, contre l’intolérance de la noblessecatholique. Celle-ci, irritée de l’intervention étrangère,conclut la confédération de Bar, dans l’intention d’af-franchir le pays de la tutelle russe. Mais les troupes deCatherine pénétrèrent en Pologne ; les confédérés furentvaincus, et les trois puissances voisines procédèrent àun premier partage de la Pologne (1772).
La Russie reçut les contrées à l’est du Dniepr et de laDuna; — la Prusse s’agrandit de la Prusse occidentalemoins Tborn et Dantzig; — l’Autriche s’empara de laGalicie orientale.
Second partage (1793). — Cependant les patriotes po-lonais firent un effort pour relever leur pays. En 1791,ils lui donnèrent une nouvelle organisation : la Polognedevenait une monarchie héréditaire et constitution-nelle. Mais la Russie et la Prusse, désireuses de voirl’anarchie se perpétuer, virent cette réforme d’un mau-vais œil. Elles suscitèrent de nouveaux troubles, à lafaveur desquels les troupes russes passèrent la frontière,accusant les patriotes polonais d’être des jacobins.Ceux-ci, Kosciuszko à leur tête, furent vaincus. Cathe-rine et Frédéric Guillaume II, successeur de Frédéricle Grand, procédèrent à un second partage delà Pologne.La Russie prit le reste de la Lithuanie, la'Prusse reçutThorn, Dantzig et Posen. En outre, la Russie imposaitun traité d’union, qui plaçait la Pologne sous sa com-plète dépendance (1793).
Troisième partage (1795). — Tant de hontes réveillè-rent une dernière fois le courage des patriotes. Ilsreprirent les armes, sous la conduite de Kosciuszko, etchassèrent les Russes de Varsovie. Mais, malgré unerésistance héroïque et désespérée, les Polonais, atta-