LA MONARCHIE ABSOLUE
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§ 89. Fondation des Etats-Unis. — Les colonies améri-caines. — Au milieu du XVIII me siècle, l’Angleterrepossédait, dans l’Amérique du Nord, le long du rivagede l’Atlantique, treize colonies, fondées, les unes pardes puritains qui avaient fui leur patrie à l’époque deCharles I er , les autres par des propriétaires ou des com-pagnies qui avaient reçu du gouvernement des conces-sions et des privilèges. Elles s’administraient elles-mêmes, sous la surveillance de gouverneurs nomméspar la couronne l .
Les colonies françaises au Canada et dans la Loui-siane étaient un danger permanent pour les établisse-ments anglais. En effet, si les Français occupaient toutle territoire du Mississipi, les colonies anglaises nepourraient plus se développer du côté de l’ouest. Maisla conquête du Canada changea la situation ; n’ayant plusbesoin de l’Angleterre pour les protéger, les colons améri-cains sentirent grandir en eux l’esprit d’indépendance.
Les taxes illégales ; soulèvement. — Après le traité deParis, l’Angleterre, chargée d’une dette énorme,demanda aux colonies de contribuer aux dépenses dela guerre. Le gouvernement décréta, à cet effet, l’im-pôt du timbre. Mais les Américains protestèrent; unParlement où ils n’étaient pas représentés n’avait pas,disaient-ils, le droit de les taxer sans leur consente-ment. Le ministère céda ; mais pour maintenir le prin-cipe, il établit un léger impôt sur le thé. Cette mesuresouleva de nouvelles protestations; quatre-vingt-seizevilles promirent de ne plus acheter aucune marchandiseanglaise, et peu après, quelques jeunes gens de Bostonjetèrent à la mer une cargaison de thé qui avait acquittéles droits. Ce fut le signal d’un soulèvement contre lamétropole (1773).
La guerre et l'indépendance (1776). — Au début, l’af-
1 « Le roi, disaient-elles, peut étendre nos libertés, mais n’a pasle droit de les restreindre. »