LA RÉVOLUTION
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§ 109. L’œuvre de la Convention. Nouvelle constitution.— La journée du 10 août avait renversé la Constitutionde 1791. La Convention en rédigea une deuxième, cellede 1793, tout à fait démocratique ; la guerre civile et laguerre étrangère en empêchèrent l’application. Après le9 thermidor futélaborée la troisième constitution (l795)ouConstitution del’an III. Celle-ci attribuaitlepouvoirlégisla-tif à deux conseils, les Cinq-Cents et les Anciens, et le pou-voir exécutif à un Directoire composé de cinq membres.
La Convention a doté la France d’institutions utiles :l’Institut, les musées, les écoles primaires, (grâce auxe(forts de Lakanal), normales, polytechnique. Elle adécrété l'adoption d’un système rationnel de poids etmesures, le système métrique.
Paix de Bâle. La France maîtresse de la rive gauche duRhin (1795). — Depuis que Carnot eut « organisé lavictoire » (août 1793), les succès des troupes françaisesavaient été décisifs. La coalition subit des désastresdans le nord, en Alsace, sur le Rhin. Jourdan conquitla Belgique; Pichegru, la Hollande. Le stathouder héré-ditaire, Guillaume V de Nassau, prit la fuite, et lesFrançais fondèrent la République batave.
Les victoires françaises ébranlèrent la coalition. L’Au-triche et la Prusse étaient déjà profondément diviséesà cause de la question polonaise. Le roi Frédéric Guil-laume Il se décida à faire la paix, qui fut conclue à Bâle(5 avril 1795). La Prusse cédait à la France ses posses-sions sur la rive gauche du Rhin, contre la promessed’être indemnisée sur la rive droite. Une ligne dedémarcation était établie : les Etats situés au nord decette ligne étaient compris dans la paix. L’Espagneadhéra aussi au traité de Bâle. La guerre continua con-tre l’Autriche unie aux Etats de l’Allemagne du Sud,contre l’Angleterre et contre la Sardaigne.
La Convention se sépara le 20 octobre 1795 aux crisde : « Vive la République ! » ; elle avait duré un peu plusde trois ans.