HISTOIRE CONTEMPORAINE
257
d’une piété sévère, et imbu de la théorie du droit divindes rois. Il sut accorder sa confiance aux hommes quidevaient fonder la puissance de l’Allemagne, Boon,ministre de la guerre, Moltke, chef de l’état-major gé-néral, et surtout Otto de Bismarck 1 , qui devint présidentdu Conseil des ministres, en 1862.
Bismarck avait été d’abord un gentilhomme d’alluresassez réactionnaires. Représentant de la Prusse à laDiète de Francfort, en 1851, il avait modifié ses idées etcompris le but à poursuivre. Il voulut créer l’unité del’Allemagne par la force et sous l’hégémonie prussienne.Il mit au service de cette idée une énergie et des talentsdiplomatiques hors de pair.
La Prusse développe son armée. — A l’intérieur, il fal-lait donner à la Prusse une armée excellente, la meil-leure de l’Europe. Bismarck soutint les efforts du roi etdu ministre de la guerre. Mais les réformes militairesrencontraient une vive opposition au sein de la Cham-bre des députés. Celle-ci, en majorité libérale, écoutaitle parti du progrès, qui voulait maintenir la paix et réa-liser des économies. Elle refusa le budget, et créa ainsientre elle et le gouvernement un conflit qui dura de1861 à 1866. Mais Bismarck passa outre ; le roi pour-suivit la réorganisation militaire et y consacra des som-mes importantes, si bien que la Prusse posséda bientôtune armée parfaite, pourvue d’un instrument supérieur,le fusil à aiguille, et forte de 440 000 hommes en tempsde guerre.
Bismarck obtient la non-intervention des puissancesvoisines. — A l’extérieur, Bismarck travailla à isolerl’Autriche, à la rejeter hors du corps germanique, puisà réunir les Etats allemands. François-Joseph essayait,sans succès il est vrai, de reconstituer la Confédérationsur de nouvelles bases, et l’Autriche ne voulait pas selaisser exclure de l’Allemagne. D’autre part, un grand
1 Né le 1 er avril 1815, mort à Friedrichsruh le 30 juillet 1898.
17