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HISTOIRE GÉNÉRALE
1860, l’Italie s’était unifiée et la Prusse démesurémentagrandie. La France était menacée de perdre son rangde première puissance continentale. Cette situationblessait l’orgueil national et appelait une revanche.
Enfin, la situation de Napoléon III devenait de jouren jour plus difficile. L’Empire subissait de rudes atta-ques de la part de l’opposition. Une campagne victo-rieuse devait raffermir sur son trône la dynastie chance-lante des Bonaparte.
Ainsi de part et d’autre on songeait à la guerre. Maistandis que la Prusse s’y préparait, depuis Sadowa, avecune persévérance calme et une méthode toute scienti-fique, les hommes d’Etat français, dans leur très grandemajorité, laissaient les choses au hasard, persuadésqu’au moment critique la supériorité des troupes impé-riales, bien aguerries, disait-on, et pourvues d’unearme excellente, le chassepot, éclaterait quand même.Seuls quelques esprits clairvoyants 1 adjuraient l’Empe-reur d’être sur ses gardes et de réorganiser son armée.
Déclaration de guerre (19 juillet 1870). — Le prétexte dela guerre fut la candidature du prince Léopold de Hohen-zollern à la couronne d’Espagne. Voyant l’opinion pu-blique en France très excitée par cette affaire, Bismarcks’efforça d’en tirer un casus belli. L’ambassadeur françaisBenedetti s’était rendu à Ems, auprès de Guillaume I er ,et avait exigé qu’il interdît à Léopold d’accepter la cou-ronne d’Espagne. Le roi refusa. Toutefois le prince seretira volontairement, et l’orage semblait dissipé. Mais laFrance demanda ensuite que le monarque prussien s’en-gageât, pour l'avenir, à ne plus autoriser une telle candida-ture. Après une première réponse négative, le roi refusade négocier davantage et de recevoir à nouveau Benedetti.
Ges incidents, dénaturés par ceux qui voulaient larupture 2 , furent présentés à la nation prussienne comme
1 Parmi eux, Stoffel, attaché militaire français à Berlin.
2 Bismarck falsifia la dépêche qui relatait les événements d’Ems,avant de la communiquer à la presse.