HISTOIRE CONTEMPORAINE
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une atteinte à la dignité nationale. L’opinion publiquese prononça unanimement pour la guerre. D’autre part,le refus de recevoir l’ambassadeur fut regardé à Pariscomme une offense directe à la France. Celle-ci déclarala guerre (19 juillet 1870) *. La Prusse mobilisa en quel-ques jours ses effectifs. Les Etats du Sud comme ceuxdu Nord, fidèles à l’alliance offensive et défensive, mar-chèrent sans aucune hésitation sous les drapeaux deGuillaume I er . Aucun des alliés sur lesquels la Franceavait vaguement compté (Danemark, Italie, Autriche)ne se départit de la neutralité la plus stricte.
§ 172. La guerre jusqu’à Sedan. — L’Allemagne mit surpied un million de soldats. Guillaume I or en prit le com-mandement, avec Moltke comme chef d’état-major. Ildisposa ses forces en trois groupes : la I re armée (sous lesordres de Steinmetz), concentrée au sud de Trêves ; la II me(sous les ordres du prince Frédéric-Charles), au sud deMayence ; la III me (sous les ordres du prince-royal dePrusse Frédéric-Guillaume), entre Landau et Spire.
La France n’avait guère que 300000 hommes à mettreen ligne. Elle les divisa en deux groupes : au nord, enLorraine, Bazaine, appuyé sur Metz : au sud, en Alsace,Mac-Mahon, en arrière de Strasbourg.
Les Français remportèrent d’abord, à Sarrebruck, unevictoire facile et sans portée (2 août). Mais tôt après lesrevers se succédèrent avec une rapidité foudroyante :un mois suffit pour décider du sort de la campagne.
Au sud, l’armée de Mac-Mahon fut vaincue à Wis-sembourg (4 août) et à FræschwiUer 2 ou Wôrth (6 août) ;
1 « La France accepte la guerre que la Prusselui offre. » — Thierss’y opposait, parce que, disait-il, « la France n’est pas prête ». —Ollivier déclara on accepter la responsabilité « d’un cœur léger ». —.Enthousiasme délirant à Paris ; cris de : «A Berlin, à Berlin ! » —Lebœuf, ministre de la guerre, avait déclaré que l’année était« archiprôto ».
2 On cite comme un fait d’armes remarquable la charge des cui-rassiers français à Reichsliolfen.