HISTOIRE CONTEMPORAINE
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acquises, de garder l’Alsace-Lorraine, de se prémunircontre les projets de revanche des Français, et de main-tenir la prépondérance allemande en Europe. Pour cela,l’Empire devait avant tout entretenir et perfectionnerl’instrument de sa force et de sa gloire, l’armée. Malgréla résistance des partis d’opposition, elle a été constam-ment augmentée et développée. Pour obtenir les crédits,l’ennemi de l’ouest a toujours servi à temps d’épouvan-tail. L’arrivée de Boulanger au ministère de la guerrefrançais (1886) réveilla les idées de revanche, et le chan-celier demanda des renforts. La Diète ayant refusé de lesuivre dans cette voie fut dissoute (1887), et la nouvelleChambre se montra docile. La loi de 1893 a porté l’effectifmoyen de l’armée allemande 4 479000 hommes en tempsde paix, tout en réduisant à deux ans la durée du service.
La marine et les colonies. — En môme temps, la marineallemande se développait d’une façon rapide. Kiel surla Baltique et Wilhelmshafen sur la mer du Nord avaientété désignés, en 1871, comme ports militaires dela flotte impériale. La construction d’un canal reliantles deux mers et inauguré en 1895, constitue une œuvregigantesque, dont les conséquences, à la fois économi-ques et stratégiques, sont considérables. La flotte, commel’armée, est placée directement sous les ordres de l’Em-pereur ; elle occupe un bon rang parmi les forces navaleseuropéennes.
Le développement de sa flotte a permis à l’Allemagnede viser aussi aux conquêtes d’outre-mer. Elle est arri-vée un peu tard, il est vrai, alors que les autres puis-sances s’étaient déjà attribué la part du lion dans lepartage de l’Asie, de l’Afrique et de l’Océanie. L’Alle-magne est intervenue cependant, et ses acquisitionsdans ces trois parties du monde lui constituent un do-maine colonial assez respectable '.
La triplice. — Bien que l’Empire compte essentielle-ment sur sa propre force, Bismarck, après comme avant
1 Voir plus bas, chapitre XII.