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HISTOIRE GENERALE
1871, ne négligea pas les négociations diplomatiques ets’efforça de procurer à l’Allemagne des alliances utiles'.Après Sadowa, il avait su ménager l’Autriche ; aprèsSedan, il essaya d’une alliance avec elle. En 1872, les troisempereurs François-Joseph, Guillaume I er et Alexandre IIse rencontrèrent à Berlin et se promirent mutuellementde maintenir la paix européenne (Alliance des troisempereurs). Mais après la guerre russo-turque, les rap-portsavec le tsar se refroidirent. Par contre, l’Allemagne,l’Autriche et l’Italie conclurent, en 1883, une alliancedéfensive, la triplice, qui semblait assurer définitivementl’Allemagne contre les tentatives françaises de revanche.
L’Alsace-Lorraine. — Dans les pays annexés, le senti-ment français persista, beaucoup plus vivace que lesAllemands ne le prévoyaient. L’Alsace-Lorraine étaitconstituée en un pays d’Empire, Reichsland ; maisdurant les premières années, Bismarck la soumit aunevéritable dictature. En même temps, pour rattacher lesAlsaciens au nouvel ordre de choses, on construisait debeaux édifices; l’Université de Strasbourg était fondéeet richement dotée. Enfin, en 1879, le pays reçut uneConstitution : à sa tête était placé un gouverneur (Stalt-halter), représentant le pouvoir central. Mais ni lesavances faites aux Alsaciens, ni les mesures de rigueurprises contre eux dans la suite (1887-1890) n’ont pufaire taire leurs antipathies pour les conquérants. Sibien que, après trente-sept ans d’occupation allemande,la germanisation est loin d’être complète.
CHAPITRE VII
La troisième République française.
§ 181. Lutte contre les monarchistes. Thiers. — L’As-semblée nationale réunie à Bordeaux (depuis le 12 fé-vrier 1871), puis à Versailles (10 mars), se trouvait in-
1 « Vous avez, lui disait-on, le cauchemar des coalitions. » —
« Nécessairement », répondit-il.