HISTOIRE CONTEMPORAIN E
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paient, une taxe (1889). Enfin les communes ruraleseurent aussi leurs conseils municipaux élus, nommésconseils de paroisse. La surveillance générale en estconfiée au ministère des affaires locales. Ainsi l’admi-nistration locale est à la fois démocratique et trèsautonome.
Réformes sociales. — Le gouvernement a voué égale-ment sa sollicitude à la solution des questions sociales.Le prolétariat anglais est à la fois agricole et industriel.Les terres appartiennent à de très grands propriétaires ;elles sont cultivées par de petits fermiers ou par desouvriers de campagne dont la situation est assez médio-cre. L’Etat a édicté des lois destinées à favoriser la créa-tion d’une classe de paysans propriétaires. Ces conces-sions n’ont naturellement pas satisfait les socialistesavancés, qui réclament la nationalisation du sol.
Une théorie longtemps en vigueur dans le Royaume-Uni est que le salaire de l’ouvrier doit se régler par lejeu naturel de l’offre et de la demande, sans que lespouvoirs publics aient à intervenir f . Aussi les travail-leurs ont-ils tout d’abord songé à sauvegarder eux-mêmes leurs intérêts en créant les trade-unions ou syn-dicats ouvriers. Ces associations, purement profession-nelles à l’origine, commencèrent, dès 1867, à réclamerl’intervention de l’Etat dans la protection ouvrière.Elles réussirent à faire abolir certaines lois trop sévères,à en obtenir d’autres relatives à l’emploi des femmes etdes enfants dans les fabriques. Les trade-unions, tou-jours plus nombreuses, constituent aujourd’hui uneorganisation puissante et tiennent chaque année descongrès fréquentés. En 1875, deux socialistes furentélus à la Chambre des communes. En 1905, un députéouvrier est devenu ministre.
' Ecole de Manchester, dont le mot d’ordre était: «Laissez faire,laissez passer». L’ouvrier lui-même disait: «Moins l’ouvrier aaffaire à la loi, mieux cela vaut pour lui. »