SUR X.A VÉGÉTATION. /p 3
par Tournefort en 1700, sur un seul rocher de la petiteîle d’Amorgos , a été retrouvé , plus de quatre-vingts ansaprès, par Sibthorp, dans la même île, sur le mêmerocher; personne ne l’a observé ailleurs. Deux espècesd’Orehidées, le Dis a longicornis et le Cymbidium tabulaire ,croissent au cap de Bonne-Espérance , sur la montagnede la Table ; Thumberg, qui les a décrites, ne les a vuesqu’en cet endroit.
Les pays montueux offrent beaucoup de ces espècessédentaires. Elles vivent isolées sur les hauteurs, et nedescendent point dans les plaines. Aussi voyons-nousque les Pyrénées , les Alpes , les Apennins , etc., ont desFlores particulières, et que plusieurs montagnes de cesgrandes chaînes nourrissent des espèces qui leur sontpropres, et qu’on chercherait en vain sur les pics envi-ronnans.
Il semblerait que tous les individus de chaque espècedevraient s’établir sous les mêmes parallèles ou du moinssous des parallèles voisins , puisqu’ils y trouveraient à-peu-près la même température. Cependant, quelquesespèces se propagent dans la direction des longitudes,et ne se portent ni à droite, ni à gauche. Les causes deces anomalies ne sont pas toujours faciles à saisir. LePhalangium bicolor commence à paraître dans les cam-pagnes d’Alger ; il passe en Espagne , franchit les Py rénées , et va finir en Bretagne . Le Menziezia polifolia,habite le Portugal , la France et l’Irlande . Les Bruyèresappartiennent toutes à l’Europe et à l’Afrique ; elles s’éten-dent depuis les terres polaires jusqu’au cap de Bonne*Espérance, sur une surface très-étroite en comparaisonde sa longueur. Le Ramonda pyrenaica , qu’on n’a ob-servé, jusqu’à ce jour, que dans les Pyrénées , suit, sarisjamais se détourner, les vallées qui courent du nord ausud, en sorte qu’on 11'en rencontre aucun pied dans les