Band 
Première partie.
Seite
426
JPEG-Download
 

/|u6 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALESqui acquièrent quelquefois plusieurs centaines de mètresde longueur, et ces herbes magnifiques de la famille desAmomées et de celles des Musacées, qui sont aussi hautesque les arbres de nos vergers. Les fleurs et les feuillesde la plupart de ces végétaux se font encore remarquerpar leurs dimensions considérables. Je me contenteraide citer ici le Corypha umbraculifera , Palmier des Indesorientales, dont les feuilles en parasol, ont plus de sixmètres de diamètre , et cette belle Aristoloche des bordsdu fleuve de la Magdeleine, qui, selon M. de Humboldt,produit des fleurs si grandes, que les enfanssen couvrentla tête comme dun chapeau. Enfin la plupart des aro-mates appartiennent aux contrées de lequateur.

A côté de cette végétation riche et variée, celle delEurope paraît pauvre et monotone. Les espèces arbo-rescentes y sont en très-petit nombre; presque toutesoffrent un port et des feuilles à-peu-près semblables.Leurs fleurs ont si peu déclat, que le vulgaire, qui nap-plique le nom de fleur quà la corolle, parce quil ignorelusage et limportance des organes, croit que la plupartde nos arbres en sont dépourvus.

On sentira mieux encore linfériorité de la végétationde nos contrées, si lon met en parallèle les espèces demêmes genres ou de mêmes familles, qui croissent enEurope et sous la ligne. Dans lAmérique méridionale,des végétaux de la famille des Fougères , dont le feuillageet la fructification ne diffèrent pas beaucoup de ceux denos Pteris et de nos Polypodes , ont des stipes en colon-nes qui végètent à la façon des Palmiers.

Nos climats froids et tempérés abondent en Graminéesfaibles, basses, herbacées, gazonneuses; les pays chaudsproduisent aussi beaucoup de plantes de cette famille,mais elles y sont plus développées. La difféi'ence se mon-tre déjà en Italie ; le Sorgho y acquiert quatre à cinq