Sur la v j?gétat row. /ptrj
que de vastes plantations alignées. De tous côtes, ellessont percées de routes et de chemins. L’homme les par-court sans obstacle; les animaux n’y trouvent point derefuge. Les générations d’arbres se renouvellent rapide-ment sur ce sol que le propriétaire industrieux met sanscesse à contribution, et c’est liasard si quelques végétauxligneux y périssent de vieillesse. Disons pourtant que plu-sieurs forêts du nord laissent encore apercevoir des tracesde ce qu’était autrefois la végétation européenne. Là, desChênes respectés par la hache, acquièrent une grandeurprodigieuse; les arbres que le temps a ruinés , s’affaissentsur eux mêmes, se décomposent et accroissent incessam-ment la masse de l’humus ; de hautes Mousses, d’épaisLichens , revêtent la terre et y entretiennent une humi-dité fécondante.
Mais rien n’égale la magnificence des forêts qui om-bragent les contrées équinoxiales de l’Afrique et duNouveau-Monde. On ne peut se lasser d’admirer cettequantité infinie de végétaux rapprochés, serrés, con-fondus , si différens entre eux, et quelquefois si extraor-dinaires dans leur structure et leurs produits ; ces Dico-tylédons énormes, dont l’origine remonte à des époquesvoisines des dernières révolutions de la terre, et qui neportent encore aucune marque de décrépitude ; cesPalmiers élancés, contrastant, par l’extrême simplicitéde leur port, avec tout ce qui les environne; ces Lianessarmenteuses, ces Rotangs à feuilles chargées d’épines,dont les tiges longues et flexibles s’enlacent les unes auxautres, et par des circuits et des nœuds multipliés, réu-nissent comme en un seul groupe, tous les végétaux deces vastes contrées. En vain, pour s’y frayer un passage,s’arme-t-on du fer et du feu; la hache s’émousse ou sebrise sur le bois endurci; la flamme, privée d’air, s’éteintdans l’épaisseur du feuillage. Le sol est trop resserré