SUR LA VÉGÉTATION. 43 I
litre , leur donner le nom d’épines. Beaucoup d’arbreset d’arbrisseaux sont chargés de fleurs éclatantes. Lesplus grands arbres appartiennent à la famille des Myrta-cées; leurs feuilles sont ponctuées, et répandent une odeuraromatique quand on les froisse. Le sol produit aussi ungrand nombre d’arbrisseaux légumineux à feuilles com-posées ; mais les folioles ne se développent que dans lespremiers temps de la germination. Lorsque ces arbris-seaux ont pris plus de vigueur , les pétioles, tout-à-faitnus, s’élargissent en feuilles simples et lancéolées, oubien se transforment en épines acérées comme les feuillesde certaines Asperges. Les Protéacées abondent à la Nou-velle-Hollande, aussi bien qu’au cap de Bonne-Espérance ;mais les Liliacées y sont rares, tandis qu’elles font leprincipal ornement de la Flore du Promontoire africain.Chose remarquable ! Aucun végétal des terres situéesvers le pôle antarctique ne donne de fruits dont la pulpesavoureuse puisse servir de nourriture à l’homme (i).
Il est des conditions indispensables au développementdes diverses espèces. Les unes exigent une chaleur con-tinue : l’abaissement momentané de la température lesferait périr ; d’autres, capables de supporter un froidassez vif tant quelles ne sont pas en sève , demandent
(i) Il n*y a pas de point de vue curieux ou important sous le-quel Linné n’ait envisagé le Règne végétal. On ne saurait dire qu’ilait tout approfondi; cela était impossible ; mais il a tout indiqué;et lors même qu’il généralise trop ses aperçus, on reconnaît, dansson langage hardi et pittoresque , le grand observateur et l’hommede génie. Voyez comme il peint d’un trait les plantes des différensclimats... Primo intuitu distingué sœpius exercitatus Botanicus plantasAfrica ?, Asiœ , America; > Alpiumquc, sed non facile diceret ipse , ex quanota. Nescio quœ faciès torva, sicca , obscura Afris ; quœ superba, exaltataAsiaticis ; quœ lœta , glubra, Américanisa quœ coarctata, indurata Alp'z -nis? Phil. Bot.