/;34 CONSIDERATIONS GÉNÉRALES
au Spitzberg, si les froids ne survenaient trop tôt pourpermettre à ces plantes d’accomplir les dernières périodesde leur développement.
A mesure que l’on s’approche du pôle, on observe quelaspect de la végétation change. Les espèces qui deman-dent la douceur des climats tempérés font place à cellesqui se plaisent dans les climats froids. Les forêts se peu-plent de Pins, de Sapins, de Bouleaux , parures naturellesdes régions hyperboréennes. Le Bouleau est, de tous lesarbres, celui qui brave le plus long-temps la rigueur dela température ; mais plus il s’avance vers le pôle, etmoins il prend de développement; son tronc et ses bran-ches deviennent noueux et rabougris ; enfin, vers le 70°,limite où l’homme se voit contraint de renoncer à laculture des Céréales, sa végétation s’arrête absolument.Au-delà, on ne rencontre que des arbrisseaux, des ar-bustes et des herbes. Les rochers se couvrent de Serpolet,de Daphné , de Saules rampans et de Framboisiers sau-vages. Le fruit de Rubus arcticus acquiert dans cesfroides contrées, une saveur et un parfum délicieux. Lesarbrisseaux disparaissent à leur tour. Ils sont remplacéspar des herbes basses, munies de feuilles radicales, dumilieu desquelles s’élève une courte hampe surmontéede petites fleurs. Ce sont des Saxifrages, des Primevères,des Androsace , des Aretia, etc. Ces jolies plantes se can-tonnent dans les crevasses des rochers, tandis que desGraminées à feuilles déliées et nombreuses, s’étendentsur la terre en un riche tapis de verdure. Le Lichen ra-meuxqui nourrit le.Renne, se mêle souvent au gazon;quelquefois aussi il revêt seul d’immenses terrains ; sestouffes blanchâtres, placées les unes à côté des autres,se dessinent en compartimens , tantôt réguliers,; tantôtirréguliers. Cette singulière végétation ressemble de loinà des amas de neige que la chaleur n’aurait pu fondre.