Band 
Première partie.
Seite
437
JPEG-Download
 

SUR LA VÉGÉTATION. 4^7

chargée dépines, recèlent un tissu cellulaire imbibédune sève abondante. Mais dans les contrées ou latmos-phère ne tient en évaporation que peu dhumidité, soitparce que le sol est tout-à-fait dépourvu deau, soit parceque la température habituelle est très-basse, la végéta-tion est nulle ou se compose seulement de quelquesespèces dun tissu sec et dur. Les sables de lAfrique , quenarrose aucun fleuve , sont dune absolue stérilité. LeSpitzberg, la Nouvelle-Zemble , le Kamsehatka, etc., le soleil ne fait sentir son influence que deux moisau plus dans le cours de lannée, et, par conséquent,lair est dans un état habituel de sécheresse , ne produi-sent quun très-petit nombre dherbes ou darbrisseauxpeu élevés, à feuilles étroites et coriaces. Sans doute lasécheresse nest point ici lunique cause de cette dégra-dation végétale, mais elle suffirait seule pour la produire;car il est certain que les plantes ne prennent de hautestiges et de larges feuilles, quautant quelles trouvent danslatmosphère une nourriture abondante, et cette nour-riture est leau réduite en vapeur que lair tient en sus-pension.

Les végétaux privés de lumière sallongent, poussentdes tiges grêles et blanchâtres, ont un tissu lâche, et neprennent aucune consistance; en un mot, ils sétiolent.Leffet des rayons lumineux sur ces êtres organisés, con-siste particulièrement à séparer les élémens de leau etde lacide carbonique quils contiennent, et à dégagerl'oxigène de ce dernier. Le carbone de lacide , avec lhy-drogène et loxigène de leau, produisent les gommes,les résines , les huiles, qui coulent dans les vaisseaux ouqui remplissent les cellules. Ces sucs nourrissent lesmembranes et les amènent à létat ligneux, résultat dau-tant plus marqué que la lumière est plus vive, et queson action est plus prolongée. Lobscurité et la lumière