SUR LA VÉGÉTATION. 44*
santé partie de la Géographie botanique, aucune obser-vation rigoureuse.
Les premières recherches qui aient été faites avec suiteet dans le dessein réfléchi d’étudier les lois de la succes-sion des végétaux sur les montagnes , appartiennent àM. Ramond. Ce savant parcourut la chaîne des Pyrénées pendant dix ans ; il l'étudia non-seulement en géomètre,en physicien et en minéralogiste, mais encore en bota-niste consommé ; et il reconnut avec cette rare sagacitéqui le distingue, les stations des divers espèces végétales,et les circonstances particulières qui troublent quelque-fois l’ordre naturel de leur succession. Je vais vous in-diquer, en peu de mots, les principaux résultats de sesrecherches (i).
Le Chêne commun [ Quercus robur ~\ végète dans lesplaines , au niveau de la mer ; il gagne les pentes desmontagnes et monte jusqu a 1600 mètres. Sa végétationest d’autant moins belle, qu’il approche davantage de /
cette hauteur, où il cesse de croître.
Le Hêtre [Fagus sylvatica\ ne paraît qu’à 600 mètres,et il finit à 200 mètres au-dessus du Chêne . Le Sapin àfeuille d’If {Abies taxifolia \, et l’If [Ta.xus commuais ] semontrent à i4oo mètres, et vont jusqu’à 2000 mètres. Le
(1) Personne n’a pins étudié et ne connaît mieux les plantes desHautes - Pyrénées que M. Ramond. Son herbier est remarquablepar l’ordre et la classification des espèces et des variétés nombreusesqu’il renferme, par les analyses délicates, les notes savantes et lesdessins précieux qui y sont joints. Cet herbier est un livre excel-lent , dont, malheureusement , il n’existe qu’un exemplaire. Les Bo-tanistes auront toujours à regretter que M. Ramond 11’ait pas publiéla Flore des Hautes-Pyrénées. Au reste , il a généreusement bommu-niqué ses plantes et ses notes à tous ceux qui en ont voulu prendreconnaissance ; ainsi, ses travaux n’ont pas été inutiles aux progrès«le la Botanique,