SUR LA VÉGÉTATION. 445
Fougères commencent à 4oo mètres, et finissent à 1600.Les Quinquinas montent jusqu’à 2900 mètres. Les Chênesparaissent à 1700 mètres. Us se dépouillent chaque annéede leur feuillage, et leur bourgeonnement périodiquerappelle à l’Européen errant sur cette terre lointaine,le doux printemps de sa terre natale.
La végétation des arbres cesse à 35oo mètres , et lesarbrisseaux qui, jusqu’alors , n’avaient joué qu’un rôlesecondaire, s’emparent du sol.
Beaucoup plus bas, à 2000 mètres environ, se mon-trent déjà des Gentianes, des Lobelia, des Renoncules, etc.,qui correspondent à nos plantes Alpines. Elles se sou-tiennent jusqu’à 4100 mètres.
A cette hauteur où la neige tombe de temps en temps,la famille des Graminées, dont les espèces nombreusesse mêlent à la végétation des gradins inférieurs, com-mence à régner seule. Les Avena , les Agrostis, les Dac-tylis, les Panicum , les Stipa, les Jarava , etc., couvrentles montagnes et ne s’arrêtent qu’à 4600 mètres, limitede la végétation des Phénogames.
Au - delà, et jusqu’aux neiges perpétuelles , il n’y aplus que des Bjssus , des Hypoxylées et des Lichens.Ainsi les moindres plantes dans l’ordre de la perfectionorganique, occupent la base et le sommet de cet immenseamphithéâtre, dont les gradins intermédiaires sont ornésde tout ce que le Règne végétal produit de plus riche etde plus varié.
Beaucoup de plantes imparfaites croissent dans les cir-constances les moins favorables à la végétation. L’absencetotale ou l’excès de la lumière ; une humidité ou unesécheresse extrême ; des chaleurs dévorantes ou d’hor-ribles froids ; la privation absolue de terre végétale et ladiminution sensible du carbone, ne sont point des ob-stacles au développement de ces espèces rustiques; aussi