446 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
ne sont-elles pas d’une médiocre importance dans l’éco-nomie générale de la Nature. Elles défrichent le sol etcommencent la végétation.
Les Lichens les plus grossiers , des Lepraria , des Ver-rucaria , des Lccidca, etc., croûtes organisées , peintesde diverses couleurs, rongent, creusent et labourent lasurface des rochers auxquels ils s’attachent. Le tempsréduit ces Lichens en poussière. Ils sont remplacés pardes Gyrophora , des Cenomyce , des Siereocolon , etc. ,autres Lichens d un ordre plus relevé , et par des Moussesélégantes qui semblent être des arbrisseaux et des arbresen miniature. Tous ces végétaux, en se décomposant etse renouvelant durant une longue suite d’années, for-ment sur la pierre, une légère couche d’humus danslaquelle s’implantent des Phénogames herbacées telles quecertaines espèces de Graminées, de Sedum , de Saxifrage,de Draba, d’Absinthe, etc., à petites feuilles, à tiges grêleset basses. Les générations se succèdent et la couche d’hu-mus augmente. De hautes herbes, des arbustes, des arbris-seaux , prennent place sur ces rochers devenus fertiles.Enfin , des graines d’arbres, transportées par les animaux,les eaux ou les vents , s’y développent, et voilà peut-êtreles premiers liabitans d’une forêt qui devra quelques joursombrager une immense étendue de pays.
Les Lichens ne peuvent végéter sur des sables mobiles;mais les Graminées et les Cyperacées , qui ne sont guèremoins rustiques que les Lichens , fournissent des espècesgazonneuses, dont les racines, composées d’une innom-brable quantité de fibres menues, s’enlacent les unesdans les autres et retiennent les sables que les aquilonssoulevaient auparavant comme des flots orageux. Unefois le sol fixé, les végétaux de toute grandeur y pros-pèrent. A limitation de la Nature, l'Européen indus-trieux se sert de 1 Elymus arenarius , du Bromus arena-