SUR LA VÉGÉTATION. 41/
tiu.f , etc., pour enchaîner les dunes qui menacent lesi campagnes situées au voisinage de la mer.
Les plantes aquatiques , les Myriophyllum , les Prèles ,les Potamogétons, les Nénuphars, les Typha , les Scir-pus , le Butomus, les Lentilles d'eau, les Sphagnum , lesConferves, etc., exhaussent insensiblement le fond desmarais et des lacs. Les eaux gagnent en surface à mesurequelles perdent en profondeur, et quelquefois elle s’é-panchent de côtés et d’autres ; et même elles finissentpar disparaître , quand les sources qui les alimentent nesuffisent plus pour contrebalancer la perte occasionnéepar l’évaporation , laquelle, comme l’on sait, augmenteen proportion de la surface.
11 arrive aussi que certaines espèces, et notamment lesSphagnum , se soutiennent sur les marais et les lacs, ety forment des îles et des presqu’îles flottantes, dont l’é-tendue et l’épaisseur s’accroissent de, jour en jour, parl’accumulation des débris des plantes qui végètent à leursuperficie. Ce sol factice se couvre de prairies , d’arbris-seaux , d’arbres mêmes ; mais il se rompt quelquefois sousle poids qui le charge, et il s’abyme au fond des eaux.Ces phénomènes ne sont point rares en Prusse, en Li thuanie , et dans les autres pays du nord. Us changentplus ou moins la surface du sol, et même , en de certainscantons, ils peuvent modifier sensiblement la tempéra-ture et les qualités de l’atmosphère; mais leur influencene s’étend guère au-delà des lieux où ils se manifestent.Il n’en est pas ainsi des grandes réunions d’arbres con-nues sous le nom de forêts : leur influence se fait sentirau loin. Un effet ordinaire de la présence des forêts, c’estde produire un abaissement dans la température, plusconsidérable que celui qui résulte du degré de latitude.Lorsque la Gaule et la Germanie étaient couvertes debois , l’Europe était beaucoup plus froide quelle ne l’est