5ÜR LA VÉGÉTATION. 449
siècles derniers , et quelles continuent sans relâche,ont occasionné une diminution notable dans la quantitédes eaux, et une élévation sensible de température. Ainsiles défrichemens peuvent tourner au profit de l’espècehumaine. Mais lorsque , par suite d’une insoucianceaveugle ou d’un égoïsme brutal, les hommes détruisentsans réserve toutes les forêts d’une contrée, le sol privéde l’humidité nécessaire au maintien de la végétation,devient d’une affreuse stérilité. Les îles du cap Vert ,jadis rafraîchies par des sources nombreuses , et couver-tes de grandes forêts et de hauts herbages , ne présententguère maintenant, aux regards de lobservateur,que desravins à sec et des rochers dégarnis de terre végétaleoù croissent de loin à loin des herbes dures, des arbris-seaux rabougris, et quelques plantes grasses telles quedes Cacalia, des Euphorbes , des Aloës, des Yucca , desMesembrjanthemum et des Cierges. L’île-de-France , au-trefois si productive, est menacée d’une pareille stérilité,si une administration sage ne se hâte de mettre desbornes aux défrichemens qui se poursuivent sur tous lespoints avec une activité effrayante.
C’est sur-tout dans les pays montueux que la destruc-tion des arbres a des suites funestes. Les forêts quiceignent les plateaux supérieurs protègent les campagnessituées au-dessous d’elles ; mais si l’on y porte indiscrè-tement la hache , les pluies délayent et entraînent lacouche de terre végétale que les racines ne consolidentplus ,• les torrens ouvrent de tous côtés de larges et pro-fonds ravins ; les neiges amoncelées sur les sommets du-rant l’hiver, glissent le long des pentes au retour deschaleurs ; et comme ces énormes masses ne trouventpoint de digues qui les arrêtent, elles se précipitent avecun bruit effroyable au fond des vallées, détruisant dans