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Première partie.
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45o CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

leur chute, prairies, bestiaux, villages, habitans. Unefois le roc mis à nu, les eaux pluviales qui pénètrentdans ses fissures, le minent sourdement ; les fortes geléesle délitent et le dégradent ; il tombe en ruine, et sesdébris saccumulent à la base des montagnes. Le mal estsans remède : les forêts bannies des hautes cimes nyremontent jamais ; les lavanges et les éboulemens qui serenouvellent chaque année, changent bientôt en desdéserts sauvages des vallées populeuses et florissantes.

La lumière, la chaleur, et loxigène, décomposent lhu-mus que les plantes herbacées produisent sur les terrainsdécouverts, tandis que celui qui se forme à lombre desforêts, garanti par elles de laction des agens destruc-teurs, saugmente chaque jour, non seulement des dé-pouilles des végétaux, mais encore de celles des animauxde tous genres qui cherchent un refuge dans ces lieuxsolitaires. Voilà pourquoi les terres nouvellement défri-chées sont dune fécondité prodigieuse. Dans les premiè-res années on y cultive le Seigle ou lAvoine , de préfé-rence au Froment, parce que cette précieuse Céréale ytrouvant une nourriture trop abondante, semporteraiten longs chaumes, et ne donnerait que peu de grains.Mais après un nombre dannées plus ou moins considé-rable , la terre sépuise, et il faut avoir recours auxengrais, cest-à-dire, quil devient indispensable de res-tituer au sol les principes nourriciers dont les récoltessuccessives lont privé. Si le cultivateur néglige ce soin ,les récoltes sappauvrissent, et bientôt la Ronce , le Char-don , et cent autres espèces sauvages, prennent la placedes espèces agricoles. Alors les troupeaux diminuent àvue dœil ; car la multiplication des troupeaux, et parconséquent celle de la race humaine, dépendent sur-toutde létat prospère de lagriculture.