SUR LA VÉGÉTATION.
Ces considérations sur la nutrition des plantes meconduisent à vous entretenir des plus importans résultatsde la végétation , et c’est par là que je terminerai ce dis-cours.
Tout est lié dans le vaste système de notre monde ;l’ordre y résulte de l’équilibre entre les phénomènes con-traires. Les animaux enlèvent l’oxigène de l’atmosphère, etle remplacent par du gaz acide carbonique; ils travaillentdonc à changer la constitution de l’air, et à le rendreimpropre à la respiration. Les végétaux s’emparent dugaz acide, retiennent le carbone, restituent l’oxigène ; ilspurifient donc l’air altéré par les animaux, et rétablissentles proportions nécessaires entre sesélémens. Quand nosvégétaux européens, dépouillés de leur feuillage par larigueur de la saison , n’exspirent plus d’air vital, les ventsalisés nous apportent ce gaz salutaire des contrées mé-ridionales de l’Amérique . C’est ainsi que les vents , d’unbout de la terre à l’autre, confondent les couches del’atmosphère, et rendent sa constitution uniforme danstous les temps et à toutes les hauteurs. Les substancesprovenant de la décomposition des matières animales etvégétales, dissoutes dans l’eau, sont absorbées par lesplantes, et font une partie de leur nourriture; les plantesà leur tour sont la pâture d’une multitude d’animaux,et ceux-ci deviennent la proie des espèces qui se repais-sent de chair et de sang. Malgré cet état perpétuel deguerre et de destruction rien ne périt puisque tout serenouvelle. Merveilleuse harmonie de la Nature! les deuxgrandes classes des êtres organisés se maintiennent l’unepar l’autre ; la vie et la mort des individus sont égale-ment utiles à la conservation des races.
Si maintenant nous considérons la végétation parrapport à nous - mêmes, nous reconnaîtrons que cette
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