4Ô0 SUPPLÉMENT.
ouvrages élémentaires. Au lieu de faire un genre des sucresdont nous avons parlé, on en a fait une espèce qu’on a dis-tinguée en variétés. Mais quel sens attache-t-on au mot devariété ? En minéralogie, on le donne à des individus d’unemême espece qui ont différentes formes, qui sont diversementcolorés par un principe accidentel. Ces distinctions très-bonnespour le Naturaliste qui étudie les corps de la nature avec lesmodifications sous lesquelles ils se présentent à ses sens, nesont pas admissibles dans la description des principes immé-diats , parce que le Chimiste attache peu d’importance à unevariété de formes; et qu’avant de décrire un principe, il cher-che à l’isoler de tous corps étrangers. Mais si l’on prétend,pour soutenir l’emploi du mot variété, qu’il n’y a qu’un corpssucré dont les autres sont des modifications, il faut dire quelest le type de l’espèce ; et comme le sucre de la canne et celuidu Raisin , soumis à l’action de plusieurs corps qui n’en altèrentpas la composition, sortent de ces épreuves avec leurs proprié-tés premières, il est évident qu'on n’est pas en droit de regar-der l’un plutôt que l’autre comme le type de l’espèce Sucre .Maintenant, si l’on prétend que tous les deux renferment uncorps identique uni à des corps différens, j’en demanderai lapreuve ; et tant qu’on ne l’aura pas donnée, il faudra regarderles sucres de Canne, de Raisin , etc., comme autant d’espècesdistinctes d’un même genre. Ce que nous venons de dire estapplicable aux collections de corps qu’on a appelées Gomme,Résine , Huile fixe , Matière colorante, etc.
8. Mais, parce que la plupart des huiles, des résines, etc.,qu’on retire des végétaux , diffèrent entre elles par l’odeur, lafusibilité, la solubilité, doit-on en faire autant d’espèces dis-tinctes? Quel qu’en fut le nombre, il le faudrait bien, sil’on ne pouvait séparer de chacune d’elles plusieurs sortes dematières. Mais j’ai tout lieu de penser qu’il n’en est pas ainsi :les expériences que j’ai entreprises sur les graisses animalesm’ont prouvé qu’elles étaient formées de quelques principes im-médiats seulement, et que les différences qu’elles présentaienttenaient en partie à la proportion de ces principes. Il me parait