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PREMIERE PARTIE. SECTION I.
l’autre , celle des montagnes Rocheuses (Rocky Mountains ), beaucoup plus reculée àl’ouest, et beaucoup plus élevée, court du N.-N.-O. au S.-S.-E. ; elle n’est autre choseque le prolongement de la grande cordillère des Andes qui traverse toute l’Amériquedu Sud, se déprime à l’isthme de Panama , se redresse ensuite majestueusementsur l’immense base du plateau mexicain , et continue vers le nord sa marche rec-tiligne sans jamais s’écarter de l’Océan Pacifique , près duquel elle s’abaisse et setermine dans les pays glacés qui avoisinent l’embouchure du Mackensie, vers 69° delatitude.
Abstraction laite des contrées tropicales qui sont en dehors des États-Unis , lemassif habitable de l’Amérique septentrionale situé au-dessous d’une latitude égale àcelle de Paris (48° 50') se trouve partagé par ces deux chaînes en trois régions biendistinctes. L’une, celle de l’Est, se compose d’une série de bassins peu étendus, quinaissent dans les Alléghanys et se terminent à la plage de l’Atlantique. Dans son en-semble, on peut la considérer comme un plan incliné descendant des Alléghanys à lamer. La seconde occupe une position analogue sur l’autre revers du continent, entrela cime des montagnes Rocheuses et l’Océan Pacifique . Elle est en majeure partiedans les limites du Mexique. Les États-Unis n’en possèdent que le district connu sousle nom de Columbia ou d’Orégon , qu’arrose la rivière Columbia, et dont les limitessont encore indéterminées du côté du nord. La troisième, celle du Centre, se composed’un immense triangle dont la pointe est au sud et la base au nord; elle n’est traverséepar aucune chaîne de montagnes ;’elle possède un climat tempéré ; elle est admirablementpourvue de beaux et vastes cours d’eau, de forêts où la majesté de la végétation estun sujet d’étonnement pour le voyageur européen, de gîtes étendus de charbon, defer et de plomb ; elle joint à ces trésors souterrains la première condition de la pro-spérité des États, un sol auquel de grands mouvements diluviens et les dépôts accu-mulés de détritus végétaux ont donné une fertilité remarquable. Cette troisièmerégion, avec la première pour annexe, est incontestablement l’une des portions duglobe les mieux disposées par la Providence pour recevoir un empire puissant etpopuleux.
La presque totalité de la région située à l’est des Alléghanys, et la majeure partie dela région Centrale appartiennent aux États-Unis. Ces deux régions réunissent aujour-d’hui toute la population de l’Amérique du Nord , déduction faite des terres équi-noxiales. Cependant la région du Centre n’est encore en population et en richesseque l’ombre de ce qu’elle est appelée à devenir. Elle est même à peine habitée àl’ouest du Mississipi .
Les pays voisins de la mer Pacifique ne sont que des solitudes. Les provinces mexi-caines de la Vieille et de la Nouvelle-Californie et de Sonora sont presque complète-ment désertes, et, en raison de leur aridité extrême, semblent devoir l’être toujours,à l’exception de quelques oasis. Le district d’Orégon, qui est la propriété des États-Unis ,ne compte pas un seul village. La démarcation des frontières n’y est pas exactementfaite entre le territoire des États-Unis et celui des Anglais, et même des Russes . Il a étéconvenu entre les deux premières puissances qui revendiquent en commun un territoire