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Tome premier.
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REGION DE L’ATLANTIQUE.

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l’autre. On dirait que ce sont des rides uniformes dues à un redressement ou à un plis-sement régulier que les couches de la croûte terrestre auraient simultanémentéprouvé, sur un immense espace, par l’effet de la contraction que le refroidissementa pu produire dans la masse du globe, ou par toute autre cause.

La direction générale des Alléghanys est du nord-est au sud-ouest; mais entre cesdeux extrémités, elle subit des inflexions qui modifient l’aspect général de la chaîne,le nombre et l’espacement des crêtes parallèles, et des angles desquels partentquelques ramifications. Elle décrit un de ces détours, qu’on pourrait aussi bien qualifierde renflements, dans la Pensylvanie , qui est ainsi presque toute comprise dans le péri-mètre de la chaîne proprement dite. Le nombre des crêtes parallèles varie de six à douze.

11 est plus habituellement de huit. Elles changent de nom suivant les lieux et suivantles accidents de terrain qui les ont réunies ou séparées. La chaîne occupe une largeurmoyenne de 16 à 20 myriam. M. Darby évalue à 6,000 ou 7,000® environ la largeurde la hase de chaque crête, ce qui laisserait 15,000 à 17,000“ pour largeur moyennedessillons. Ces sillons sont le plus souvent susceptibles de recevoir une belle culture ;c’est toujours le cas lorsqu’ils reposent sur le calcaire bleu de formation ancienne,qui est si abondant aux États-Unis .

D’après la régularité de configuration qui distingue les Alléghanys, on serait tenté decroire que les fleuves et les rivières ont dû se creuser un lit dans le sens des sillons quiséparent les crêtes. Il n’en est rien cependant. Ces sillons ne forment pas des vallées,quoique quelques-unes en portent le nom. Les rivières se rendent à la mer en traver-sant les crêtes successives. Elles s’y sont fait jour violemment à la faveur de quelquerévolution terrestre. Les crêtes présentent ainsi des tranchées larges et profondes, paroù les fleuves continuent leur chemin vers la mer, quelquefois même sans que leurcours soit précisément interrompu en ce point par des rapides ou des chutes. L’unedes plus remarquables de ces ouvertures est celle d’Harper’s Ferry où le Potomac et leShénandoah, unissant leurs eaux, ont forcé la crête connue sous le nom de Blue Ridge (Montagne Bleue). Ces brèches, qui offrent ordinairement des sites pittoresques(1),sont de la plus grande utilité pour les communications. Elles donnent le moyen de serendre d’un sillon à un autre, sans avoir à franchir aucun sommet. Le défilé d’Har-per’s Ferry, par exemple, a été ainsi mis à profit par un canal, par une mute et pardeux chemins de fer.

Entre l’Hudson et le milieu de la Virginie, la plupart des fleuves et des rivières pren-nent naissance sur les flancs d’une crête centrale à laquelle on a donné le nom d’Allé—

( * e ^ onla gne Apalache, et qui a une hauteur à peu près constante de 800a 1000® au-dessus de la mer.

Painn les ci êtes allongées qui, marchant parallèles les unes aux autres, composentla chaîne des Alléghanys, on en distingue, indépendamment de la crête centrale, deuxqui comprennent entre elles 1 ensemble de la chaîne comme un faisceau. Ce sont le

(i) Jefferson a dit que la passe d’Harper’s Ferry valait, à elle seule, le voyage au travers de l’Atlantique.