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Tome premier.
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RÉGION CENTRALE. — VALLÉE DU BAS MISSISSIPI .

eux qui, mêlés au limon du fleuve, forment le sol du Delta et prolongent tous les joursle promontoire qui porte au large les eaux duMississipi. Cette sorte d’aqueduc, formantsaillie au delà de la ligne du littoral, commence sur la rive droite à l’île de Grande-Terrequi ferme la baie de Barataria, et sur la rive gauche à la Baie-Noire ( Black Buy ) parlaquelle s’avance vers l’intérieur la baie de la Chandeleur . 11 n’a pas moins de 75 kilom.d’un côté et de 70 de l’autre. Il a doublé, dit-on, dans l’espace d’un siècle.

Les bords immédiats du fleuve, ayant reçu en plus grande quantité le dépôt de sonlimon, sont plus élevés que le terrain un peu plus éloigné. A la Nouvelle-Orléans , toutprès de la ville, en amont, la coupe de la rive droite perpendiculairement au 111 del’eau donne une différence de niveau de 3 m ,55 entre le bord naturel du fleuve (c’est-à-dire abstraction faite de la levée) et un point situé à 2,100 mètres plus loin. De làjusqu’au lac Pontchartrain le sol reste sensiblement de niveau. Celte coupe ren-contre un affluent du bayou Saint-Jean appelé bayou de la Métairie ; il y a alors unrehaussement subit de l m ,28 au sommet duquel est le bayou. Sur le bord du lac ily a un léger bourrelet de 0 m ,53. Le niveau du lac, lorsqu’il est bas, n’est qu’à 15ou 20 centim. au-dessous du sol. Sur le même point, pendant l’inondation, leniveau du fleuve est à 0' n ,70 au-dessus du bord immédiat du fleuve, abstraction faitede la levée. Tout près de là , à Carrollon , une coupe semblable indique une dépres-sion moindre, c’est-à-dire de l m ,60 seulement; elle a lieu sur une distance de2,000 mètres. Au-dessus de la Nouvelle-Orléans , cet accident topographique devientpeu à peu de moins en moins apparent; il est manifeste pourtant sur tous lespoints où le fleuve déborde , parce qu’il est le produit de l’inondation. Il en résultequ’avant que la crue ne soit complète et que le fleuve n’ait dépassé ses bords,ou immédiatement après l’inondation lorsqu’il rentre dans son lit, il est flanquéà droite et à gauche de deux étangs qui le suivent parallèlement jusqu’à la mer,et dont les eaux proviennent, soit des affluents gonflés du Mississipi , soit du Mis-sissipi lui-même, par infiltration ou par les échancrures des parois exhausséesentre lesquelles il coule. Même aux époques de sécheresse, ce vaste espace restehumide et marécageux. L’existence de ces impénétrables fourrés, sans popula-tion et sans culture, dont l’oeil n’aperçoit la lin d’aucun côté, donne le change auvoyageur sur la beauté et la richesse du hassin du Mississipi . Cette plaine qui le bordeest cependant à jamais et nécessairement vouée à la solitude. Pendant les hautes eauxelle est pour le Mississipi ce qu’était pour le Nil le lac Mœris ; elle remplit l’importantoffice de réservoir et de régulateur lors de l’inondation.

Le Mississipi n’est pas le seul fleuve dont les bords immédiats soient plus élevés quele terrain avoisinant et qui traverse une plaine où la pente du sol, suivant une ligneperpendiculaire au fil de l’eau , au lieu de descendre vers le fleuve, soit au contraire,sur une médiocre largeur, dirigée du Thalweg vers le pied des coteaux qui enserrentla vallée, de manière à se relever cependant à l’approche de ces coteaux. Lesfleuves qui sont sujets à inonder le pays qui les environne, offrent très-fréquemmentle même caractère. Ils sont, comme le Mississipi , flanqués d’un talus, très-légère-ment incliné, qui remonte du bas de la plaine vers leurs bords. Cette circonstance ne