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Tome premier.
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DU CLIMAT SOLS LE RAPPORT DE LA TEMPÉRATURE. 101

sur lequel ils reposent et restreignent, parla, 1 action (le la gelée et par conséquentdu dégel. Il faut aussi dans ce but relier les deux rails 1 un à 1 autre plus solidementqu’on ne l’avait jugé convenable en Angleterre, où les chemins de fer avaient prisnaissance. Au reste, après quelques tâtonnements, les ingénieurs américains ont paréà tous les inconvénients qui pouvaient résulter pour les chemins de fer de l’intensité dela gelée et de ses suites. De là pour les chemins de fer un titre de préférence sur lescanaux, aux yeux des Américains du Nord. D’autres motifs ont contribué à assureraux chemins de fer, de l’autre côté de l’Atlantique, une prédilection spéciale, malgréle surcroît de frais de transport qu’ils imposent; il faut citer entre autres le mode peudispendieux d’après lequel on les établit aux États-Unis , et la passion d’économiser letemps, qui est l’un des traits les plus distinctifs du caractère de la population del’Union.

A l’égard des hivers de l’Amérique du Nord , nous allons, d’après des écrivains amé-ricains , donner quelques détails sur les deux grands bassins qui composent, entreles limites des États-Unis , la grande vallée Centrale; ces renseignements, qui sont àpeu près applicables à la région de l’Atlantique , montrent à quel point les deux hé-misphères sont dissemblables sous ce rapport :

« Le Canada, dit M. Bouchette (1), est à la même latitude que la France ; mais au lieude produire , comme elle, des fleurs qui exhalent un parfum exquis, et d’amener àmaturité des fruits délicats et d’une saveur délicieuse, sa surface est couverte , pendantla moitié de l’année , de neiges accumulées, et la végétation se trouve arrêtée pendanttout ce temps par une gelée en permanence. Cependant le climat n’est pas pour celaaussi rigoureux qu’on pourrait le soupçonner, et, malgré sa sévérité apparente, il estéminemment favorable à la santé et contribue même beaucoup à fertiliser le sol. Lechaud et le froid sont sans doute extrêmes dans le Canada ; on suppose que ce derniertire une grande partie de sa force des causes suivantes : la teiTe en s’étendant du Saint-Laurent vers le pôle nord , dont elle s’approche de fort près, est moins entrecoupée parla mer que sur l’ancien continent ; elle se prolonge aussi à une distance immense àl’ouest ; ainsi les vents entre le nord-est et le nord-ouest, qui sont les plus fréquents,passant sur une moindre surface d’eau que dans la portion correspondante del’autre hémisphère, sont par conséquent dépouillés en Amérique d’une moindrequantité de leur froideur excessive; ensuite, traversant la large chaîne, couvertede neiges et de glaces éternelles, qui lance ses rameaux çà et là sur ces tristesrégions, ils acquièrent, sur cette vaste étendue de terres glacées, une rigueurpénétrante, dont leur passage dans une latitude plus méridionale ne peut les dépouil-ler. De ces vents, celui du nord-ouest est le plus rigoureux, et même, dans l’été,aussitôt qu’il règne, le passage du chaud au froid est si soudain qu’on a vu le thermo-mètre tomber de près de 30 degrés Falir. (16°G6, centig.) en très-peu d’heures. Sonmaximum, dans les chaleurs de l’été , est ordinairement entre 96 et 102 degrés Falir.

(1 ) Topographie du Canada , page 55.