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Tome premier.
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PREMIERE PARTIE. SECTION Y. CHAPITRE I.

gnes, on trouve que l’Alléghany, de Franklin à Pittsburg , ne descend que de 78 m ,38sur 207 kil., ou de 0 m ,000380 par mètre.

La Monongahéla est plus remax-quable encore. De la frontière de l’État de Virginiejusqu’à Pittsburg , sur 143 kil., l’abaissement n’est que de 22 m ,87, c’est-à-dire de0 m ,000100 par mètre.

Enfin, si l’on prend les cours d’eau du bassin du Mississipi immédiatement à leursource, on est surpris des résultats que présentent quelques-uns d’eux situés dans lesportions du bassin où ils ont eu quelque espace pour se développer. Ceux même quiont leur source dans les Alléghanys, mais qui traversent la région où la crête for-mant le versant des eaux est à une certaine distance de l’Ohio, ne sont pas, sous cerapport, les moins remarquables. Ainsi, le French-Broad, un des affluents du Tennessee ,au col du Butt-Mountain, duquel il part, c’est-à-dire à sa source même dans le senslittéral du mot, descend de moins de 0 m ,006 par mètre pendant deux kilomètres etdemi; puis, sur un intervalle de 58 kil., sa pente totale n’est que de 51 m , ce quirevient à 0 m ,000880 par mètre.

Il est clair que des cours d’eau à aussi faible pente que ceux qui arrosent le bassindu Mississipi doivent être très-facilement praticables à la descente comme à la re-monte. Il n’est pas besoin d’autre commentaire pour expliquer le succès extraordi-naire qu’a eu la navigation à vapeur dans le bassin du Mississipi , et le puissant secoursqu’elle a fourni aux populations industrieuses qui ont apporté dans ce beau pays laculture et la civilisation. D’après un rapport présenté à la Chambre des Représentants du Congrès en 1832, par M. Wickliffe, les bateaux à vapeur parcouraient alors vingt-troisrivières du bassin du Mississipi , et l’étendue totale du réseau qu’animait ainsi lavapeur était de 13,500 kilom.

Il est curieux que cette faible pente qui distingue les grands cours d’eau de la valléedu Mississipi, se retrouve sur le fleuve des Amazones, qui, dans l’Amérique du Sud ,fait le pendant du Père des eaux, et arrose un bassin plus admirable encore. DepuisTomependa, où il sort définitivement des montagnes, jusqu’à son embouchure, M. deHumboldt a trouvé que ce fleuve n’avait que 378 m de pente sur 4,000 kilom. de cours,ce qui représente une inclinaison moyenne de 0 m ,000095 par mètre.

Nous avons déjà signalé l’analogie qui existe entre le régime hydrographique de lagrande vallée Centrale de l’Amérique du Nord et la Russie d’Europe, y compris lebassin de la Caspienne . Là aussi la pente des fleuves est très-bornée. Celle du plus puis-sant de tous, le Yolga, paraît, sur l’ensemble de son cours, être à peine inclinée de0 m ,000100 par mètre.

Le tableau suivant réunit les résultats que nous venons d’énumérer au sujet de lapente de l’Ohio et du Mississipi comparée à celle de quelques autres fleuves.