PREMIERS ESSAIS DE CANALISATION.
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Winnipeg , et à des établissements pins éloignés appartenant à la compagnie, dans lescontrées lointaines dn Nord-Ouest. On appelle voyageurs les hommes employés à ceservice; ils sont robustes, hardis, résolus, capables de supporter longtemps, avec unepatience à toute épreuve, les rigueurs de la fatigue et de la privation. Dans les grandslacs , ils ont souvent la hardiesse de traverser des baies larges, a une distance de plu-sieurs lieues des bords, dans leurs canots, pour éviter d’allonger leur route en les cô-toyanl. Cependant, malgré tous les risques et toutes les fatigues qui accompagnent leurprofession, ils la préfèrent à toute autre, et ils se déterminent rarement à l’abandonnerpour des occupations plus sédentaires. Le peu d’argent qu’ils reçoivent, en compensa-tion de tant de privations et de dangers, est en général dissipé avec l’indifférence la plusinsouciante sur leurs besoins futurs, et quand ils n’en ont plus, ils se livrent patiem-ment aux mêmes travaux pour s’en procurer d’autre. »
Après le traité qui, en 1763, transmit à la Grande-Bretagne la propriété du Ca-nada, un grand mouvement s’opéra dans les idées des colons anglais de l'Amérique duNord . La pensée d’améliorer et de compléter les lignes naturelles de navigation, et par-ticulièrement les lleuves qui, prenant leur source dans les Alléghanys, viennent à l’estse décharger dans l’Atlantique, occupa l’esprit des hommes avancés. Le 16 décem-bre 1768, sir Henry Moore, gouverneur de la colonie de New-York , dans son messageà VAssemblée Générale, signalait les obstacles qui gênaient la navigation dn Mohawk ,affluent principal de l’IIudson, venant du voisinage des grands lacs se jeter dans lelleuve, et qui occasionnaient ainsi un dommage sérieux aux particuliers qui trafi-quaient avec les Indiens ; il recommandait de les surmonter à l’aide d’écluses sembla-bles à celles du canal du Languedoc en France (1). En 1769, Richard Henry Lee soumettait à l’Assemblée des Bourgeois de la colonie de \irginie un projet de billpour l’amélioration du Potomac jusqu’au fort de Cumberland, sur une distance de300 kilom. (2).
En février 1773, pendant que Franklin et le gouverneur Pownall étaient en Angle-terre, sollicitant l’organisation d’une nouvelle province à l’ouest des Alléghanys, surl'Ohio , entre la Monongahéla et le Kanawha, M. J. Ballendine, du comté de Fairfax enVirginie (3), qui avait déjà opéré quelques travaux d’amélioration dans le Potomac ,et qui se présentait avec des souscriptions obtenues des hommes les plus recomman-dables des deux colonies de Virginie et de Maryland , publiait à Londres le plan d’uneentreprise qui se liait étroitement à la leur. 11 s’agissait de perfectionner, aussi avantque possible dans l’intérieur, le régime du Potomac et du James-River, et de construireune route qui partît du point extrême où la navigation pourrait remonter, pour re-joindre, sur le versant opposé des Alléghanys, d’un côté le Kanawha, de l’autre la Mo-nongahéla , a 1 endroit où ces rivières devenaient navigables. M. Ballendine ne put
(1) Laws ofthe State of New- York in relation tolhe Ene and Champlain Canals, vol. IT, page 605 ; Internai îY aviationof lhe United States , page 209.
(2) Internai Navigation ofthe United States 3 page 218.
(3 ) Ibid, page 208.