1700 RÉU
maines, d’héritages, etc. l’action de rejoindre unepartie démembrée au tout; ou l’action de joindrepour la première fois une chose à une autre. Laréunion d’un fief au fief dominant. || 3° Action derassembler ce qui est épars ; résultat de cette action.La réunion des rayons du soleil à l'aide d’une len-tille. I.a réunion de corps d’armée. || Il se ditaussi au sens moral. La réunion de ces preuves estaccablante. Pascal a été géomètre et éloquent ; laréunion de ces deux grands mérites était alors bienrare, volt. P ens. de Pascal, avertiss. || 4° Fig. Ré-conciliation, par le rapprochement des volontés etdes esprits. Là se formaient d’heureux projets pourla réunion des esprits, fléch. le Tellier. Dieux quej’appelle à cette effusion, Venez favoriser notreréunion, rac. Prit, v, 6. 11 se fit une espèce de ré-conciliation entre ces chefs de parti, mais cetteréunion apparente ne trompa personne, vertot,Itcv. rom. xiv, 280 . |j 6° Particulièrement. Assem-blée de personnes. La réunion était nombreuse.Réunions que la loi interdit. Un lieu de réunion.Mais c’est demain chez vous jour de réunion;Faut-il leur envoyer une invitation? a. duval, Ma-nie des grand, i, ». || Réunions publiques, réunionsoù l’on discute, expose quelque objet public. || Entermes de turf, la réunion du printemps, de l’été, del’automne, l’ensemble des courses courues pendantces différentes saisons. || 6° Ordre impérial de la Ré-union, ordre civil et militaire fondé en I8U à Am-sterdam par Napoléon I ".
— HIST. xvi" s. Afin de leur faire plus ardam-ment desirer une bonne reunion des cœurs, quisont si estrangement aliénez, la.noue, 62 .
— RT YM. Pe..., et union.
RÉUNIR (ré-u-nir), v. a. || 1° Rapprocher, rejoin-dre ce qui était séparé, désuni. Réunir les lèvresd’une plaie. Et du lutrin rompu réunissant la mas-se, boil. Lutr. 1.1| 2° Établir une communicationd’une chose avec une autre. Les galeries qui réu-nissent le Louvre aux Tuileries. Ce fut à Londres qu’il [Pierre le Grand ] dessina lui-même le projetde la communication du Volga et du Tanaïs; ilvoulait même leur joindre la Duina par un canal, etréunir ainsi l’Océan, la mer Noire et la mer Cas-pienne, volt. Russie , Anecdotes. || 3° Rapprocher,réconcilier. Son caractère particulier était de con-cilier les intérêts opposés, et, en s’élevant au-des-sus, de trouver le secret endroit et comme le nœudpar où on peut les réunir, boss. Anne de Gonx. Nosennemis communs devraient nous réunir, rac.Andr. i, 4. 11 représenta qu’il ne fallait plus songerdésormais qu’à réunir les esprits divisés, et à préve-nir les malheurs d’une guerre civile, vertot, Rèv.rom. xiv, 287. Écoutez : ce serait le comble de mesvœux De pouvoir aujourd’hui vous réunir tousdeux, volt. Adélaïde, m, 5. J’ai feint de réunir noscauses mutuelles, id. Sémir. v, 2 . || 4° En matièrede domaines, de fiefs, rejoindre une partie au toutdont elle avait été séparée. Réunir un grand fief àla couronne. || 6° Joindre pour la première fois unechose à une autre. Cette administration a été réunieà telle autre. Ainsi la Lorraine fut réunie à la cou-ronne irrévocablement, réunion tant de fois inuti-lement tentée, volt. Louis XV , 4. || 6° Rassemblerce qui était séparé. Réunissons trois cœurs qui n’ontpu s’accorder, rac. Andr. v, sc. dern. Ah! mamère, oublions nos peines ; le ciel nous aime, ilnous réunit, uarmontel, Relis, v. || Il se dit aussiau sens moral. La Moldavie était alors gouvernéepar le prince Cantemir, Grec d’origine, qui réunis-sait les talents des anciens Grecs, la science deslettres et des armes, volt. Charles XII , 6. Qu’onest heureux de pouvoir bien faire en servant cequ’on aime , et réunir ainsi dans le même soin lescharmes de l’amour et de la vertu! J. J. rouss. Hél .l, 43. Presque tous les grands hommes ont réuni laforce du corps et celle de l’âme, in. Ém. n. || 7° Seréunir, v. ré/l. Être réuni. Les lèvres de la plaie sesont réunies. IIS 0 Se rapprocher, se rejoindre. Deuxcorps d’armée qui se sont réunis. C’est ici que leschemins se réunissent. J’espère me réunir à luipour le reste de mes jours. C’est autour d’elles [desreines] que se range et se réunit ordinairementtout 1 esprit du siècle, le désir de plaire.... le plai-sir de voir et d’être vue, flêch. Marie-Thérèse.|| 9° Cesser d’être en schisme. Cette princesse [Ma-rie] rétablissait la religion catholique, et l’Angle-terre se réunissait au saint-siège, boss. Var . vu99. || 10“ Fig. Se concerter. Us se sont réunis con-tre l’ennemi commun. || 11° En parlant des choses,concourir. Tous les arts se réunissaient pour don-ner de l’éclat à cette fête. Toutes ces belles dispo-sitions.... s’étaient heureusement tournées du côté
REU
de Dieu .... tout s’était réuni à cette unique passion,sév. 6 août 1684.
— HiST. xvi* s. Ce seroit un beau commence-ment, pour venir à ce poinct principal de reunir lesvolontez, lanoue, 390.
— P.TYM. Ile..., et unir; ital. riunire.
t RÉUNISSAGE (ré-u-ni-sa-j’), s. m. Action deréunir les fils, dans les filatures de coton.
f RÉUNISSEUSE (ré u-ni-seû-z’), s. f. Terme defilature. Machine à réunir.
RÉUSSI, IE (ré-u-si, sie), part, passé de réussir.Qui a eu un heureux succès. M. le président Janin,à qui tous les services, toujours très-fidèlement faitset toujours très-heureusement réussis.... malh. leXXXIII • liv. de Tite I-ive, au duc de Lugnes. || Ter-me de beaux-arts. Se dit d’une composition dontl’exécution répond bien à l’idée première. Cette fi-gure est bien réussie.
RÉUSSIR (ré-u-sir), v. n. || 1° Être produit par,sortir de (ce qui est le sens propre). Si M. Chape-lain est le conseil du P. Lemoine, le P. Lemoineréussira un des grands personnages du temps,balz. liv. xx, lott. to. De tous les corps ensembleon ne saurait en faire réussir une petite pensée;cela est impossible et d'un autre ordre, fasc. Pens.xvii, i, édit, ijavet. Il en réussira [du châtimentdes mauvais anges] cette utilité, que ces espritsmalfaisants, malgré la haine qu’ils ont contre nous,profiteront à notre salut, boss. 2 ." sermon, Démons,Préambule . || Advenir. Soyez, s’il vous plaît, mada-me, extrêmement satisfaite de ce que vous avezfait pour moi, sans vous soucier de ce qui en réus-sira, ni du fruit que me produiront vos lettres,voit. Lett. 4G. Il faut savoir ce qui réussira de cetteconspiration, corn, t" discours. Voyons ce quipourra de ceci réussir, mol. Part, ii, 4. |] 2“ Avoirun succès bon ou mauvais. Il faut voir commentce projet réussira. Don Lope : Vous êtes notrejuge, il faut vous adoucir. — Carlos : Vous ypourriez peut-être assez mal réussir, corn. D. San-che, i, 4. Il me semble qu’en les joignant ensemble[la lecture d’Ëpictète et celle de Montaigne ], ellesne pourraient réussir fort mal, parce que Tunes’oppose au mal de l’autre, pasc. Entret. avecM. de Saci. || Il a mal réussi , il n’a point eude succès. || On dit de même : cela lui a mal réussi,lui réussira mal. || 3“ Particulièrement. Avoir unsuccès heureux. Par vous-même en ce trouble ilpense réussir, corn. Héracl. v, 2 . 11 faut mainte-nant m’éclaircir Si dans sa perfidie elle a su réussir,rac. Paj. iv, 4. Vous réussirez toujours quand vousaurez des louanges à donner, maintenon , Lett. aucard. de Noaitles, t9 juillet 1698. Vous ne réussirezpoint auprès de celles qui ne sont point mariées,hamilt. Gramm. 6. Si par ton artifice Tu ne peuxréussir à t’en faire un complice, volt. Catil. n, 4.Je me souviens que, dans la nouveauté de celtetragédie [Brutus] , feu Bernard de Fontenelle etcompagnie prièrent l’ami Thiriot de m’avertir sé-rieusement de ne plus faire de tragédies; ils lui di-rent que je ne réussirais jamais à ce métier-là, id.Lett. Damilaville , 23 mars (763. Ce fut [Frédé-ric II ] de tous les empereurs celui qui chercha leplus à établir l’empire en Italie , et qui y réussit lemoins, ayant tout ce qu’il fallait pour y réussir, id.Ann. Emp. Frédéric II , 126 t. On est assez sûr deréussir quand on parle aux passions des gens plusqu’à leur raison, id. Zaïre, Lett. || Absolument.Avoir du succès dans le monde, dans un salon. Ellea fort bien réussi à Versailles [à la cour], sév. 198.On lui dit mille fois.... qu’il fallait, pour y réussir[dans les cours], savoir selon les temps ou déguiserses passions ou flatter celles des autres, fléch. Ducde Mont. Le duc de Fronsac va épouser votre cou-sine; jamais homme n’a mieux réussi à la cour,maintenon , Lett. au duc de Noailles, 1 2 janv. nu.Il ne faut rien de moins dans les cours qu’unevraie et naïve impudence pour réussir, la broy.viii. Ils étaient jeunes, bien faits; ils avaient del’esprit, et faisaient de la dépense; dans quel paysdu monde ne réussit-on pas avec de tels avantages ?hamilt. Gramm. 4. Je vis que je réussissais, et celame fit réussir davantage, i. J. rouss. Conf. n. Lejeune Valancé n’a point réussi chez Mme de Marti-gues , on Ta trouvé froid et grave, m”' riccoboni ,Œuv. t. vi, p. 149, dans pougens. || 4“ En parlantdes choses, avoir une heureuse issue. Seigneur,ma diligence enfin a réussi, corn, lléracl. iv, 6.Quand je vois que toutes les entreprises sont inu-tiles contre sa personne, pendant que tout réussitd’une manière surprenante contre l’État, boss.Reine d'Angleterre. Tout vous a réussi ; que Dieu voie et nous juge, rac. Ath. Il, ?• Lucien dit
REV
qu’Alexandre, étonné d’abord de voir la divinitéd’Ëphestion réussir si bien, la crut enfin vraie lui-même , et se sut bon gré de n’être pas seulementdieu, mais d’avoir encore le pouvoir de fairedes dieux, fonten. Oracl. n, ti. On sait qu’authéâtre il faut peu de chose pour faire réussir cequ’on méprise à la lecture, volt. Vie de Molière .|| 5" Venir bien, en parlant des arbres, des plantes.Les pommiers réussissent dans ce terrain. || Lesblés, les vignes ont bien réussi cette année, la ré-colte a été bonne. || Il se conjugue avec l’auxiliaireavoir. || 6“ V. a. Terme de peinture. Exécuter heu-reusement. Réussir un tableau, une figure. || Pro-verbe. Rien ne réussit comme le succès.
— REM. Au commencement du xvn* siècle, ondisputait pour savoir si réussir se conjuguait aussiavec l’auxiliaire être. C’est l’auxiliaire avoir qui Taemporté.
— HIST. xvi* s. Qu’est-il reusci de tout cela au-tre chose, sinon un embrasement de convoitises engeneral? lanoue, 468. Les desseins que firent suricelles [villes] ceux qui prirent la charge de s’ensaisir reuscirent vains, id. 612 .Laquelle inten-
tion ne reuscit non plu3 que l’autre, id. 6(7. Iln’en pouvoit réussir que la totale ruine des sujetsde Votre Majesté, d’aub. Ilist. n, 263. Espérant quele tout reuscira à bien, carl. iv, 40. CependantM. de Gonnor esloit aux escoutes de ce qui reussiroitde ce contraste, id. vi, 35. J’ay usé, de propos déli-béré, en ce lieu, de ce mot accort, qui est empruntéde l’italien, aussi bien que réussir; mais le tempsnous les a favorisés, pasquier, Lettres , t. i, p. I05.
— ETYM . Ital. riuscire, de ri ou re, et uscire,sortir, qui correspond au vieux français issir, déri-vant comme lui du latin exire (voy. issue).
RÉUSSITE (ré-u-si-t’), s. f. || 1° Issue; bon oumauvais succès. Il faut voir quelle sera la réussitede cette affaire. || 2“ Particulièrement. Bon succès.Pour moi, je m’en tiens assez vengé par la îéussitede ma comédie, mol. Éc. des femmes, préface.Les hommes, sur la conduite des grands et des pe-tits indifféremment, sont prévenus, charmés, enle-vés par la réussite, la bruy. xii. II néglige les me-nus détails, dont dépend cependant la réussite depresque toutes les grandes affaires, montesq. Lett.pers. 146. [| 3° Se dit familièrement d’une combinai-son de cartes, que des personnes superstitieuses es-sayent, pour augurer du succès d’une entreprise,d’un vœu, etc. Faire une réussite.
— REM. On a dit réussit au masculin : Nature glo-rieuse de son réussit ne put gouster modérément sajoie, cyr. de bfrg. Pédant joué, i, t.
— SYN. 1. réussite, issue. Ces deux mots ont lemême radical (lat. exire, sortir), et ne diffèrent quepar le préfixe re. Aussi le sens ne diffère guère, etil est difficile de sentir une nuance entre : Je nesais quelle sera la réussite de cette affaire, ou l’is-sue de cette affaire. || 2. réussite, succès. Réussitene se dit que des petits succès. Succès se dit desgrandes choses comme des petites. D’après Bouhours,qui le déclare un mot nouveau, réussite ne se disaitproprement que des ouvrages d’esprit. Cet usagerestreint a disparu.
— ETYM . Ital. riuscita, de riuscire (voy. réussir).On a dit au xvi* siècle reussissement : Craignant unmauvais reussissement de cette affaire, carl. ii, 9.De Caillières prétend que réussite est dû à un hommede la cour vers 4 67U, dit pour cela par les plaisantsM. de la Réussite. C’est un conte; l’exemple de Mo-lière est de 1662 ; c’est l’italien qui a fourni le mot.
t REVACCINATION (re-va-ksi-na-sion), s. f.Action de revacciner.
t REVACCINER (re-va-ksi-né), v. a. Vaccinerune seconde foin.
f REVA LENTai (re-va-lin-ta), s. f. Substance ali-mentaire qui a pottr base la tarine de lentilles dé-cortiquées, avec des proportions variables de fari-nes de pois, de maïs, etc.
_ ETYM . Composé barbare du lat. ervum, ers, etlens, lentille.
| REVALIDATION (re-va-li-da-sion), s.f. Termede pratique. Action de revalider.
— HIST. xvi* s. Quant aucuns auront leurs lettreirompues ou perdues par caducité.... ils en pourrontfaire remonstiance en nostre ditte cour, afin d’avoirrevalidation ou nouvelles lettres, Nouv. coust. gé-mir. t. ii, p. 76.
t REVALIDER (re-va-li-dé), v. a. Terme de pra-tique. Conférer une nouvelle validité.
— HIST. xvi* s. Por ordonner lesdites lettres es-tre revalidées, Nouv. coust. génér. t. n, p. 75.
REVALOIR (re-va-loir), v. a. U se conjuguecomme valoir. || 1“ Compenser. Pourtrouver lesadou-