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prits revêches, humeurs grossières et fâcheuses, ap-prenez à vous vaincre, boss. Instr. auxursul. sur lesilence, n. C’est un ami que je veux conserver; et vousavez quelquefois le ton dur et revêche, Lisette ; il va-lait mieux le laisser dire, mariv. le Legs, sc. 6 . Cathe-rine était grande, maigre, mise branchement, etportant sur sa mine l’air d’une dévotion revêche,en colère, et ardente, id. Pays. paru. part, t. Ellea un certain air revêche qu’on est flaité d’appri-voiser, m““ du deffant, Lett. à H. Walpole, t. i,p. 93 , dans pol'Gens. Le singe est indocile autantqu’extravagant ; sa nature est en tout point extrê-mement revêche, buff. Quadrup. t. iv, p. 1 69. Ilest vrai que l’encens était habilement préparé pourchatouiller la modestie revêche du Caton rigide [leduc de Montausierl à qui Despréaux avait besoin deplaire, d’alemb. Éloges, Despréaux. || Substantive-ment. Il faut y joindre encor la revêche bizarre, Quisans cesse, d’un ton par la colère aigri, Gronde, cho-que, dément, contredit un mari, boil. Sat. x. || 4° S.f. Anciennement, étoffe de laine, espèce de ratine fri-sée à poil long. Revêches non croisées, façon d’Angle-terre, Tabl. annexé aux lett. pat. du 22 juillet 1 780.|| On a dit aussi reverse : pinchinats ou reverses,Tabl. ann. aux lett. patent, du (8 sept. <780, Auch .
— HIST. xiu* s. La felonnesse, la revesche Atro-pos qui tout empeesche, la Rose, 20002 . Des qu’asnues lassus amont Saillent et volent les flamesches;Lors est si fiers et si revesches Li grant brasier etla grant flame... Gautier decoincy, p. 24 s. || xv' s.Plus lui fist de dérision Sa femme crueuse et per-verse, Et plus son couraige reverse, Que chose qu’ileust à souffrir, e. desch. Poésies mss. f° 632. X la-quelle chose il mit moult grand’peine ; car moult letrouvoit dur et revesche, Boude. 1 , 27 . || xvi" s. CeTissaphernes , qui au demeurant estoit homme re-vesche, se laissa si bien aller à ses flatteries....amtot, Aie. 47. Vin revesche, cotgrave. Le lieu del’execution estoit dans la salle, au milieu de laquelle on avoit dressé un echafaut large de douzepieds en quarré, et haut de deux, tapissé de mes-chante revesche noire, brant. Dames illust. p. <47,dans lacurne. Des bons draps unis et forts, des bu-rats, desreverches,descordillats, 0 . deserres, 883.
— ÉTYM . Poitev. r oueinche, revêche, âpre au goût;portug . revesso ; selon Diez, du lat. reversus, re-tourné, contraire; l’historique, où revesche, re-verse, reverche sont pris l’un pour l’autre, montreque cette étymologie est bonne. Revesche est l’équi-valent de l’ital. rivescio, l’envers, qui représente lelat. revenus.
f RÊVE-CREUX (rê-ve-kreû), s. m. Synonymede songe-creux. Un moraliste, un rêve-creux,boissy, Français à Lond. sc. 46.
j REVÉCU, REVÉCUS, REVÉCUSSE, voy. RE-VIVRE.
RÉVEIL (ré-vèll, Il mouillées), s. m. || 1“ Passagedu sommeil à l’état de veille. Un songe.... Qui d’unamas confus des vapeurs de la nuit Forme de vains
objets que le réveil détruit, corn. Poly. I, 1 .X
son réveil il treuve L’attirail de la mort alentour deson corps, la font. Fabl . m, 7. Les réveils de lanuit ont été noirs, et le matin je n’étais pointavancée d’un pas pour le repos de mon esprit, sév.14. Quoi 1 tandis que Nérop s’abandonne au som-meil, Faut-il que vous veniez attendre son réveil ?rac. Brit. 1 , i. Comme une grande image Survitseule au réveil dans un songe effacé, lamart.Méd. I, 6. Quand son œil s’entr’ouvre pareil Aurayon de l’aube première, D’un enfant le premierréveil Est moins pur aux yeux de sa mère, p. Le-brun, Poés. 11 , 11 , 36. || Fig. Dans un sommeil pro-fond ils ont passé leur vie, Et la mort a fait leurréveil, j. b. rouss. Odes, 1 , 12 . || Batterie de tam-bour, ou sonnerie de trompette qui annonce l’heuredu lever. || Fig. Il a eu un fâcheux réveil, se ditd’un homme qui a été détrompé d’une illusionflatteuse. || 2» Poétiquement. Le réveil de l’aurore,le point du jour. Je suis, je suis le cri de joie Quisort des prés à leur réveil, de laprade, la Chansonde l’alouette. || Le réveil de la nature, le printemps,époque où la nature semble renaître. || 3“ Il se ditde la sortie hors du sommeil de la tombe. De tousces vains plaisirs où leur âme se plonge Que leur res-tera-t-il? ce qui reste d’un songe Dont on a reconnul’erreur; X leur réveil (ô réveil plein d’horreur t)....rac. Alh. n, 9. Toute la vie n’est peut-être qu’unsonge continuel; peut-être que le moment de lamort sera un réveil soudain, fén. Dial, des mortsanc. Dial. xxvm. Ce n’est qu’un paisible sommeil,Que, par une conduite sage, La loi de l’univers en-gage X n’avoir jamais de réveil, chaul. A la duch.de Bouillon. Mourons; que craindre encor quand
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on a cessé d’être? La mort, c’est le sommeil.... c’estun réveil peut-être ! ducis, Ilamlet, iv, l. Là [dansun cimetière] tout dit : espérance ; Tout parle de ré-veil, lamart. Harm. ni, 10 . || 4° Fig. Mouvementmoral comparé à un réveil. Dès que le moment dece réveil terrible sera venu, dès qu’ils [les peuples]auront pensé qu’ils ne sont pas faits pour leurschefs, mais que leurs chefs sont faits pour eux,raynal, Hist. phil. xviir, 39. En quel insensi-ble sommeil, Europe , restes-tu plongée ! Le cri dela Grèce égorgée Ne hâte-t-il pas ton réveil? p. lé-brun, Voy. de Grèce , Prologue. || 5° Machine d’horlo-gerie pour éveiller, dite aussi réveille-matin. Il fautmettre le réveil à telle heure. || 6° Nom que l’ondonnait à un canon de 96 livres de balles. || 7° Es-pèce d’euphorbe, dite plus souvent réveille-matin.
— HIST. xvi' s.... Par ambassades, missives,reveils [sérénades] et aubades, desper. Contes,cxxviii. Las I ce qui m’a tant pieu il’estoit rienqu’un faux songe, Et mon mal au contraire est unferme reveil, desportes, Imit. de l’Arioste .
— ÉTYM . Re...,eléveil; provenç. revelh. On trouvedans Froissart et dans Perceforest resveil au sensde divertissement, mais ce paraît être une confusionavec l’ancien substantif revel qui a ce sens.
f RÉVEILLABLE (ré-vè-lla-bl’, Il mouillées),adj. Qui peut être reveillé.
— hist. xvi' s.Et d’un sommeil profond,
Toutefois reveillable.... rons. 802 .
RÉVEILLÉ, ÉE (ré-vè-llé, liée, Il mouillées),part, passé de réveiller. Tiré du sommeil. Réveilléen sursaut. || Fig. Ces larmes que nous arrachel’image de nos passions si vivement réveillées [parle théâtre], boss. Coméd. xn. Enfin la cour de Ma-drid , réveillée parles cris de tout un peuple, chargeaVelasquez du salut public, raynal, Hist. phil. vi, 13.
f RÉVEILLÉE (ré-vè-llée, Il mouillées), s. f. Letemps pendant lequel on travaille sans interruptiondans un four de glacerie.
RÉVEILLE -MATIN (ré-vè-lle-ma-tin, Il mouil-lées), s. ni. || 1° Petite pièce sur laquelle on fait dubruit pour réveiller les religieux, afin d’aller à ma-tines. || Celui qui sonne tous les matins la clochedans une communauté. || 2° Horloge dont la sonne-rie réveille à l’heure sur laquelle on a mis l’aiguilleen se couchant. || Familièrement. C’est un fâcheuxréveille-matin, se dit du bruit que fait le matin,dans le voisinage, un serrurier, un maréchal, etc.|| Fig. Un agréable, un fâcheux réveille-matin, unebonne, une mauvaise nouvelle apprise en s’éveillant.|| 3° Se dit du coq, qui chante de grand matin.Le réveille-matin eut lagorge coupée, la font. Fabl .v, 6. || 4' Espèce d’euphorbe, euphorbia heliosco-pia, L. || Au plur. Des réveille-matin.
— rem. Béranger a écrit réveil-matin : Oui, pourvous doit briller encor Le jour de la victoire ; J’enserai le réveil-matin, Vivand.
— HIST. xvi' s. Cest arrest ici devroit estre suffi-sant pour servir de reveille-matin aux oppresseurs,lanoue, 14. Ce qui me fait d’autant plus esbahirqu’ayans de tels resveille-matins nous soyons si en-dormis, ID. 389.
— êtym. Réveiller, et matin.
f RÉVEILLEMENT (ré-vè-lle-man, 22 mouillées),s. m. Action de réveiller.
— HIST. xv' s. Et sonnèrent parmi la ville leurstrompettes de reveillement, froiss. h, ii, 229 .
RÉVEILLER (ré-vé-llé, Il mouillées, et non ré-vè-yé), ti. a. || 1° Éveiller de nouveau; sens proprequi n’est pas usité ( réveiller n’ayant ce sensqu’au fig.). || 2” Faire cesser le sommeil. Qui vousréveille donc avant que la lumière Ait du soleil nais-sant commencé la carrière? rotr. Vencesl. iv, 4.On sait que le lendemain [jour de la bataille de Ro-croy], à l’heure marquée, il fallut réveiller d’unprofond sommeil cet autre Alexandre, boss. Louis deBourbon. || Réveiller quelqu'un d’un assoupissement,d’une léthargie, l’en tirer. || Fig. Il ne faut pas ré-veiller ou éveiller le chat qui dort, voy. chat.|| Absolument. Tenir éveillé. Rien ne réveille tantqu’une extrême joie, ou que l’attente certaine d’ungrand bonheur, mariv. Marianne, p irt. 4. |1 3” Fig.Exciter, animer, appeler l’attention, avec un nomde personne pour régime. Il n’est rien qui si fortnous réveille l’esprit, Régnier, Sat. x. Je souhaite....que l'amitié que vous avez pour moi fasse un effetqui est de vous réveiller sur le soin que vous de-vez avoir de vous, sêv. 26 déc. 1679. Il [le jeuneGrignan ] est sensible à tout ce que vous faites pourlui.... il n’est pas même besoin de le réveiller là-dessus, id. 16 fév. 1689. Mon fils a bien de l’esprit,et d’un esprit cultivé, qui réveille le mien , id. à
Bussy, n juin 1690. Quand, pour punir les scan-dales ou pour réveiller les peuples et les pasteurs,il [Dieu ] permet à l’esprit de séduction de tromperles âmes hautaines, boss. Reine d’Angleterre. C’estune chose étrange que les hommes aient besoind’être réveillés sur cela [la différence entrel’homme et la bête], id. Conn. v, 6. Qu’il [le poètedramatique] soit aisé, solide, agréable, profond;Que de traits surprenants sans cesse il nous réveille,boil. Art p. m. Cela [une remarque sur ses procé-dés] le réveilla; car il ne s’en serait jamais aperçu,hamilt. Gramm. iv. || Absolument. La descriptionque vous me faites.... est une chose divine; elle ré-veille malgré qu’on en ait, sév. 20 juin 1672. || 4 ° Fig.Éveiller de nouveau, renouveler, ranimer, avec unnom de chose pour régime. Il y a une grande diffé-rence entre lire un livre toute seule, ou avec des gensqui relèvent les beaux endroits, et qui réveillent l’at-tention, sév. 68. Votre souvenir.... m’a réveillé toutl’agrément de notre ancienne amitié, id. à Ménage,23 juin 1656. Si vous aviez la bonté de le voir[M. Guillart], et de réveiller l’affection qu’il avaitpour moi, id. i* r mai 1691. Les saintes prières des ago-nisants réveillent sa foi ; son âme s’épanche dans lescélestes cantiques, boss. le Tellier. Il [Cyrus] sut ré-veiller la jalousie des peuples voisins contre l’orgueil-leuse puissance de Babylone , id. Hist. m, 4. Et lahonte en leurs cœurs réveillant leur audace, rac.Mithr. v, 4. Ceux mêmes dont ma gloire aigritl’ambition, Réveilleront leur brigue et leur préten-tion, id. Iphig. 1,1. De Troie en ce pays réveillonsles misères, Et qu’on parle de nous ainsi que denos pères, id. Andr. îv, 3. Les objets qui réveillerontles plaies anciennes de votre cœur, mass. Carême,Prière 1 . Faut-il errer dans les tombeaux d’Athène ,Ou réveiller la cendre des Latins? gresset, ÉpîtreMus .réveiller les feux sous la cendre assou-
pis, delille, Én. v. || 5' Susciter de nouveau. Jecrois qu’il n’y a qu’à lui laisser entre les mains [àM. Guillart] les papiers de cette affaire ....j’espèrequ’elle ne sera jamais réveillée, puisqu’elle ne l’apoint été, sév. 4 août 1691. Des traitants inven-taient de nouveaux offices,de nouveaux droits surles consommations, réveillaient d’anciennes pré-tentions domaniales, volt. Henr. vii, notes. Je neréveille point les bruits sur Mme de Soubise[qu’elle était la maîtresse de Louis XIV ], qui forti-fia souvent les soupçons par son affectation à lesécouter, duclos , (Eut), t. v, p. 181. || Reveiller unprocès, le recommencer. || 6“ Faire naître. C’estPhocion , me dit-il ; et ce nom doit à jamais ré-veiller dans votre esprit l’idée de la probité même;sa naissance est obscure ; mais son âme est infini-ment élevée, barthël. Anach. ch. 7. || 7“ Terme demarine. En parlant de la rose des vents, presser unpeu du bout du doigt la glace de la boussole contrecette rose, afin de la mettre en mouvement lors-qu’elle s’arrête. || 8“ Se réveiller, v. réfl. Cesser dedormir. J’ai crié, mais en vain, et, fuyant sa fureur[d’un dragon en un rêve], Je me suis réveillé pleinde trouble et d’horreur, boil. Lutr. iv. Elle [lamort] ressemble au sommeil comme deux gouttesd’eau ; ce n’est que l’idée qu’on ne se réveillera plus,qui fait de la peine, volt. Lett. Mme du Deffant, 9 mai1764. [la tombe] Oùpourl’éternité'i’on croise les deuxbras. Et dont les endormis ne se réveillent pas, a. demusset, Don Paex. || Par extension. Pécheurs, dispa-raissez; le Seigneur se réveille, rac. Athal. ni, 7.|| Se réveiller de son assoupissement, de sa léthar-gie, cesser d’être assoupi, d’être en léthargie. || Fig.Se réveiller de son assoupissement, sortir de soninaction, de son indolence, de son erreur. Lespeuples se réveillent d’un si long assoupissement,boss. Hist. 11 , 13. Dieu détermine jusqu’à quanddoit durer l’assoupissement, et quand aussi se doitréveiller le monde, id. Reine d'Anglet . || 9° Fig. Seranimer, en parlant des personnes. On ne sesoucie point des choses publiques ; on ne seréveille que pour les grands événements, sév.8 juill. 1671 . Ma fille, ses belles-filles, le coadjuteurmême, tout cela se réveille à votre nom, et vousdemande la continuation d’un souvenir qui leur estbien cher, id. à Moulceau, i" juin 1684. ô âme,réveille-toi, reviens à Dieu, boss. la Vallière . Ce-pendant Voltaire se réveille : le Pauvre diable, leRusse à Paris, la Vanité , une foule de plaisanteriesen prose se succèdent avec une étonnante rapidité,Condorcet , Vie de Voltaire. || 10“ Fig. Être renou-velé, ranimé, avec un nom de chose pour sujet.Son mérite particulier a beaucoup servi à ce choix[menin du Dauphin] : une réputation distinguée,de l’honneur, de la probité, de bonnes mœurs,tout cela s’est fort réveillé, sév. 23 févr. 1680. Au