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Tome quatrième. Q - Z.
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Révérence, on la bien réprimandé, on la biengourmé. || 4 Mouvement du corps pour saluer,quon fait soit en sinclinant, soit en pliant les ge-noux. Un jeune homme bien fait, qui, rencontrantma vue, Dune humble révérence aussitôt me sa-lue : Moi, pour ne point manquer à la civilité, Jens la révérence aussi de mon côté, mol. Éc. des f.il, 6. Apprenez-moi comme il faut faire une révé-rence pour saluer une marquise ; jen aurai besoin.

Le maître à danser : Une révérence pour saluerune marquise ? id. Bourg, gent. xi, 1. ô ciel ! quelleignorance! Ne savoir pas encor faire la révé-rence Depuis trois ans et plus quelle apprend àdanser! regnard, le Distr. I, 4. Aux cérémonies delordre du Saint-Esprit et à celles du parlement,on fait les révérences comme on les faisait ancien-nement , comme les femmes les ont toujours faites,saint-foix, Ess. Paris, (Euv . t. iv, p. 288 , dansÏOUGENS. La vérité de lhistoire ne permet pas de(airequelle faisait mal la révérence; mais elle dan-sait comme les fées, chantait comme les sirènes....'i.lt. Zadig, 15. Il [Voltaire ] disait : jai les reinsl )e " flexibles; je consens à faire une révérence;

L ais deux de suite me fatiguent, condorcet, Vie Voltaire. Mais d vient donc, dis-moi, quel-que part quon sarrête, en Calabre ou ailleurs, toutle monde se met à faire la révérence, et voilà uneCour; cest instinct de nature, nous naissons vale-taille, p. l. cour. Lettres, 25 juin 1806 . || Fig. Et fai-sant révérence à ma bonne fortune, Régnier, Sot. xi.

Il Familièrement. Tirer sa révérence à quelquun, lesaluer. Quand il passa, je lui tirai ma révérence.Il Familièrement. Tirer sa révérence, saluer en senallant, sen aller. Je lui dis ce que javais à luidire, et lui tirai ma révérence. || Fig. Tirer sa ré-vérence, se dit pour refuser, ne pas se prêter à. Necomptez pas sur moi en cette affaire, je vous tirema révérence. || Particulièrement. Faire la révé-rence, sa révérence à quelquun, lui présenter seshommages, et le saluer pour la première fois ouquand on a été quelque temps sans le voir. Don-ner commission de lui faire la révérence de notrepart, pasc Prov. ix. Il [le jeune Grignan ] partit lejour de Noël pour aller coucher à Claye, et faireen passant la révérence à Livry, sév. 27 déc. 1688 .Quelle folie de sappeler monsieur et madame deGrignan, et le chevalier de Grignan [des Grignans non de Provence , mais de Salon], et vous venirfaire la révérence ! quest-ce que ces Grignans -?pourquoi nètes-vous pas unique en votre espèce ?1 D. il oct. 1671. || Fig. Je fais une révérence à lasainte et modeste sépulture de Mme de Guise , dontle renoncement à celle des rois ses aïeux mériteune couronne éternelle, id. 29 mars 1696. || Fig.Taire la révérence, sesquiver, déserter. Il y eutdes védettes qui, sur de pareilles remontrances,firent une révérence aux leurs, et se rendirent ànous, pellisson, Lelt. hist. t. m, p. 214. || Terme demanège. Faire la révérence, se dit dun cheval quifait un faux pas. || 5° Sorte dhommage rendu à unsouverain, en certaines occasions. Le roi a reçu lesrévérences. Les voyages de Noisi sont plus fréquentsque jamais, les révérences y sont plus réglées, lesfontanges tout à fait établies, maintenon , Lelt. àU. dAubigné, 7 avril 1685.

hist. xn* s. E depeschad [brisa] le serpent dearain queMoysesfist faire, pur ço que la gent jesqueA cel tens li ourent ported reverence plus que fairene dussent e fait oblatiuns, Rois, 406. || xiii' s. Mamere est : si la crieng denfance, Ge li port moultgrant reverence, la Rose, 10794. Et prioit pargrant reverence Nostre-Seigneur, que par les méri-tés du benoict saint Loys le delivrast de si grantlangueur, Miracles St Loys, p. 137. Reverence estcele vertus qui nos fait honor rendre as noblespersones et à celles qui ont aucune seignorie,brun, latini, Trésor, p. 432. || xiv* s. Lequel, oïz lesnoms des legaz, et le don, et le dieu à qui il estoittramis, commença à avoir reverence à la bezongne,bercheure, f° 107 , verso. ||xv* s. Adonc se montraledit roi à tout le peuple qui estoit assemblé ; et,

, quand ils le virent venir, tous sinclinèrent contrej lui et lui firent la reverence, froiss. iii, iv, 52 . Fist! le roy dAngleterre encores une plus grant reverence[salutation], coiim. iv, 10 . Ge vous prie que vousveuil'.iez vestir mon habit de reverence, Perceforest ,t. 1 , f 139. Il XVI* s. Il eut en si grande reverence lagravité venerable de ses propos et de sa conversa-tion, que.... AttïOT, Philop. 27. Reverence à [pour] lareligion, mont, i, 17. Ils regardent à sa reverence, àson maintien et à ses bottes quel homme il est, id.I, 147. Je vis du jour à la journée, et, parlant enreverence, ne vis que pour moy, id. ui, 29ü.

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ËTYM. Provenç. reverencia,rcverensa; espagn.reeerencia; ital. riverenxa, du Iat. reverentia, derevereri, révérer.

RÉVÉRENCIELLE (--ran-si-è-1), adj. f. Ilnest usité que dans cette locution : Crainte révé-rencielle, la crainte respectueuse que les enfantsdoivent avoir pour leurs pères et pour leurs mè-res. La seule crainte révérencielle envers le père,la mère ou autre ascendant, sans qu'il y ait eu deviolence exercée, ne suffit point pour annuler lecontrat, Code Nap. art. ni4.

HIST. xvi' s. Par une reverentiale honte dela pauvre nature humaine, amyot, Cimon, 6. Onleur enjoinct une appellation estrangiere, commeplus reverentiale, mont, ii, 78.

ÊTYM . Révérence.

f RÉVERENCIER (--ran-si-é), v. n. Faire larévérence. Â la fin, M. le duc dOrléans révérenciaaussi, et tous deux [lui et Guiche|, à bout de se dire,se complimentaient de gestes, st-sim. 609, 244.

HIST. xvi* s. Lalloient en toute humilité reve-rencier, voir et admirer ses valeurs et vertus,brant. Cap. franç. t. ii, p. 352.

ÊTYM . Révérence.

RÉVÉRENCIEUSEMENT (--ran-si--ze-man),adv. Dune manière révérencieuse. Père Ytier voussalue trîs-révérencieusement, sév. 49. Il [Clau-dien] peint les facéties des mystères de Cérès tellesquon les jouait encore révérencieusement en Grèce jusquà Théodose II , volt. Dict. phil. Initiation.

ÊTYM . Révérencieuse, et le suffixe ment.

RÉVÉRENCIEUX, EUSE (--ran-si-,-z),

adj. || 1° Humble et cérémonieux. Discours révé-rencieux. Une vraie femme de chambre extrême-ment révérencieuse, mariv. Marianne, part. 6.Comme il était révérencieux, et comme, un mo-ment après, il était violent, emporté, bourru, im-poli! diderot, Lett. à Mlle Voland, 26 nov. 1760.|| 2° Par moquerie. Qui affecte de faire quantité derévérences. Voilà un homme bien révérencieux.

HIST. xvi' s. Reverentieux, oudin, Dict.

ÊTYM . Révérence; ital. riverenxioso.

RÉVÉREND, ENDE (--ran, ran-d), adj.

|| 1 Digne dêtre révéré (vieilli en cet emploi).QuArchiménide vienne, il aura son paquet, Fût-ilplus révérend cent fois quil ne nous semble, lafont. l'Eunuque, v, 2 . || 2' Titre dhonneur quondonne aux religieux et religieuses. Révérend pèreen Dieu messire N. Le révérend père un tel. La ré-vérende mère supérieure. Moins révérend quaima-ble père, Vous dont lesprit, le caractère, Et lesairs ne sont point montés Sur le ton sottement aus-tère De cent tristes paternités, gress. Épit. auP. Bougeant. || Substantivement. Mon révérend. Mesrévérends.

REM. 1. Il ny a guère plus de deux sièclesque le titre de révérend père se donnait aux évê-ques; mais, depuis quils ont pris celui de Monsei-gneur, et que Votre Grandeur a succédé à Votre Ré-vérence, les prêtres des ordres religieux ont priscelui de révérends pères au lieu de celui de frères.|| 2. La Fontaine a mal dit révérente : Très-révérentemère en Dieu , Qui révérente nêtes guère, Et quimoins encore êtes mère, On vous adore en certainlieu, D lon nose vous laller dire, Poès. mêlées, xx.

HIST. xiv' s. Et de Bourgogne aussi le bon ducreverent, Et le conte de Blois que Dieux gart detourment, Guescl. 19559. ||xv' s. [que le roi Char-les soit] Riches sur tous, reverens et adrois; Or luidoint Dieux bien achever sa guerre, e. descb. S. lenom du roi Charles. Je sceu les loys et les decrezentendre.... Jestoie adonc reverens, id. Son édu-cation.

êtym. Prov. reverent; du lat. reverendus, quidoit être révéré, de revereri.

RÉVÉRENDISSIME (--ran-di-ssi-m), adj.Titre dhonneur supérieur à celui de très-révérend,et que lon donne aux archevêques, aux évêques etaux généraux dordres, etc. Le révérendissime pèregénéral des capucins. La révérendissime mère gé-nérale.

hist. xvi* s. Au regard de la nouvelle inven-tion des superlatifs latins eh issime, comme reve-rendissime.... mligret, dans livet, la Gramm-franç. p. 73.

êtym. Superlatif, à forme latine, de révérend.

RÉVÉRER (--. La syllabe prend un ac-cent grave quand la syllabe qui suit est muette : jerévère, excepté au futur et au conditionnel : je révé-rerai), v. a. Honorer avec un sentiment de crainterespectueuse. Ils [mes amants] mont su révérer sifort jusquà ce jour, Quils ne mont jamais dit unmot de leur amour, mol. E. sa v. II, 3. Ellp [lÉglise

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catholique] défend expressément de croire aucunedivinité ou vertu et efficace dans les images, pourlaquelle elles doivent être révérées, ni dy mettreet attacher sa confiance, boss. Proj. de réun. desprotest. Explic. des points de controv. Je veux con-fondre le monde par ceux que le monde même ré-vère le plus.... et ne lui veux donner pour le con-vaincre que des docteurs assis sur le trône, id.Duch. dOrl . De quoi vous plaignez-vous, madame?on vous révère, rac. Brit. i, 2 . Les cieux instruisentla terre X révérer leur auteur, J. B. rouss. Odes, I,2 . Locke est révéré dans toute lEurope comme unsage, volt. Dict. phil. Superstition. || Il se dit deschoses en un sens analogue. Alexandre révérait lavertu et la véritable gloire, vaugel. Q. C. viii, 14.Pendant que le prince se croit le plus grand objetsur la terre des regards du genre humain, il endoit révérer lattention, et considérer, dans chacundes hommes qui le regardent, un témoin inévita-ble de ses actions et de sa conduite, boss. Polit.x, vi, 9. Les sujets ont cessé den révérer les maxi-mes [de la religion], quand ils les ont vues céderaux passions et aux intérêts de leurs princes, id.Reine dAnglet . Souvenez-vous de ces cabinets [lamaison de Mme de Rambouillet ] .... lesprit sepurifiait, la vertu était révérée sous le nom delincomparable Arténice.... fléch. Duch. de Mont.Je lai vu révérer la cendre de mon père, volt.Oresle, iv, 3.

HIST. xn* s. Altresi les destrenche e tue, Cumfait la fauz lerbe menue; Nés [ne les] redule nenés revire, Od [avec] le cler brant en fait martire ,benoit, ii, 111 5. || xvi' s. Chemine droit et révéréjustice, amyot, Cimon, il. La constance et la foy,de moy tant reverée, desportes, Épitaphes, Diane,7. Je ne vouldrois importuner une personne quejay à révérer et craindre, mont, iii, 372.

êtym. Ital. riverire; du lat. revereri, de re, etverni, craindre.

RÊVERIE (-ve-rie), s. f. || 1 Idée chimériquesemblable à un rêve. Est-ce une illusion, est-ceune rêverie ? corn. Théod. v, 7. Les indépendants....parmi lesquels on voit les trembleurs, gens fanati-ques, qui croient que toutes leurs rêveries leursont inspirées, boss. Reine dAnylet. Et cent au-tres rêveries que je métonne qui naient perdude réputation toute lantiquité, fonten. Mondes,1" soir. Les rabbins ont débité sur Adam tant derêveries.... volt. Dict. phil. Adam. Quand on re-nouvelle de si vieilles rêveries, on na pas tropbonne grâce à se moquer des vieilles vérités, la-harpe, Cours de litt. t. îx, p. 386.11 Faire une rê-verie, concevoir une idée étrange, avoir une dis-traction. Je veux savoir si vous navez point ri dola rêverie naturelle que je fis à Vitré , en priant cegentilhomme de basse Bretagne de nous faire vile-ment dîner, sév. 4 oct. 1671. Jai fait depuis peuune rêverie sur un certain sujet; mais je hais dela dire ; car il semble quon veuille contrefaireBrancas [le célèbre distrait], id. 14 juill. 1677.|| 2' Délire causé par une maladie, par la fièvre.Les cheveux hérissés, jentre en des rêveries Decontes de sorciers, de sabbats, de furies, saint-amand, les Visions. Dans mes rêveries de ma grandemaladie, je trouvais, et je croyais, et je disais quejavais une cuisse bleue, sév. 23 oct. 1676. Corbi-nelli est demeuré à Paris avec une fièvre tierce etune rêverie qui fait peur, id. 21 sept. 1677. || 3 Étatde lesprit occupé didées vagues. Par le travail, oncharmait lennui, on ménageait le temps, on gué-rissait la langueur de la paresse et les pernicieusesrêveries de loisiveté, boss. Anne de Gons. Il fautaimer pour ressentir Le charme de la rêverie,quinault, Phaéthon, i, 2. Il se peut que la vue de tou-tes ces étoiles semées confusément et disposées auhasard en milles figures différentes favorise la rê-verie et un certain désordre de pensées lon notombe point sans plaisir, fonten. Mondes, i" soir.Ma muse, pour vous attendrie, Dune charmanterêverie Subit déjà laimable loi, gresset, Épit. auP. Bougeant. Dans la rêverie on nest point actif ;les images se tracent dans 18 cerveau, sy combi-nent comme dans le sommeil sans le concours dela volonté, j. j. rouss. 2* dial. Elle sabandonne àcelte rêverie vague et délicieuse quinspire une mu-sique expressive, genlis, Vœux témér. t. i, p- 0 8,dans pougens. De ces lieux sexilent pour toujoursLa douce rêverie et les discrets amours, delille,Jard. il. Cette rêverie, sans calcul et sans but,qui mène si loin la pensée, stael, Corinne, iv, 3.La rêverie est plutôt le partage des femmes, de cesêtres faibles et résignés dès leur naissance, id. ib.xvi, 4 . ce sentiment de tristesse religieuse, cette