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tivement. Des fils de conquérants des Turcs et desTransdanubiens, g ali a ni, Lett. d Mme d’Épinay,30 sept. 1775.
TRANSE (tran-s’), s. f. Grande appréhensiond’un mal qu’on croit prochain. Ainsi, toujours entranse, en ce nouveau souci, régnier, Dial. Son dis-cours m’a laissé dans des transes mortelles, tris-tan, M. de Chrispe, m, 6. Quand je me le remetsl’épée à la gorge dans les transes de la mort,patru, Plaidoyer b. Laissez-vous aller un peu à ladouceur de n’être plus dans les transes et dans lesjustes frayeurs d’un péril qui est passé, sév. 470.Il fie roi] se réjouit à donner des transes au princede Conti.... il lui fait dire qu’il faut remettre l’af-faire [son mariage avec Mlle de Blois ] à l’hiverqui vient, id. 27 déc. J079.
— HIST. xv* s. Ainsi [je] party en desplaisanceD’amour, faisant chiere marrie, Et, comme toutravi en trance, Prins congié, sans que plus motdye, ch. d’orl. Départie d’am. || xvi' s. Jamaismon esprit, estant tousjours en transe aux escoutesde l’advenir pour le regard du bien public, n’ajeté ceste crainte arriéré de soi, amyot, P. Æm. 68.Selon les réglés de l’art, à tout dangier qu’on ap-proche, il fault estre quarante jours en transe dece mal [la peste], mont, iv, 208 .
— ÉTYM . Wallon, transs, glas qu’on sonne pourla mort; espagn. et portug. trance, heure de lamort, moment décisif; ital. transito, passage devie à trépas; du lat. transitas, passage. En fran çais , transe, qui a voulu dire toute vive émotionpénible, tient à transir (voy. ce mot).
t TRANSÉLÉMENTATION ( tran-zé-lé-man-ta-sion), s. f. Terme que les écrivains calvinistes ontemployé en parlant de la transsubstantiation.
— ÉTYM . Trans, au delà, et élément.
■f TRANSEPT (tran-sèpt), s. m. Terme d’archi-tecture. Partie d’une église qui forme les bras dela croix et se trouve en dehors de la nef. On aécrit aussi transsept. Transept méridional. Tran-sept septentrional. Elle [la tribune] règne sansinterruption dans toute la circonférence [de l’égliseNotre-Dame ], et retourne dans le transept sur lesdeux travées anciennes de chaque croisillon, deguiliiermy et viollet-ledüc, Description de N.-D.de Paris , p. iob.
— étym. Lat. trans, au delà, et septum, enclos.
j- TRANSFÉRÉ, ÉE (tran-sfé-ré, rée), part. pass.
de transférer. Une préfecture transférée d’uneville dans une autre.
f TRANSFÈREMENT (tran-sfè-re-man), s. mAction de transférer. C’est au moyen de voiture;cellulaires qu’on opère le transfèrement des for-çats, LEGOARANT.
TRANSFÉRER (tran-sfé-ré. La syllabe fê premun accent grave quand suit une syllabe muetteje transfère; excepté au futur et au conditionnelje transférerai, je transférerais), e. a. Il 1° Fairipasser d’un lieu à un autre. Transférer des reliquesTransférer un corps saint. Transférer un corpmort. Elle [Elisabeth] n’était point juge de la reind’Ecosse ; elle lui devait un asile, mais elle la fitransférer à Teutbury, qui fut pour elle une prison, volt. Mœurs, 1 69. Vous savez qu’il y a actuellement quatre-vingt-trois jésuites à Rennes pas davantage, et que ces marauds, comme voucroyez bien, ne s’endorment pas dans l’affaire dM. de la Chalotais; il est transféré à Rennes d’alemb. Lett. d Voltaire , 11 août 1766. Ce fut u:beau jour pour Mltae de Maintenon que celui O'l’école de Noisy fut transférée à Saint-Cyr, genlisJIme de Maintenon , t. n,p. 144, dans pougens|| 2’ Faire passer d’une ville à une autre le siégd’une autorité, d’une juridiction. Transférer 1siège d’un empire. On menace Rennes de transferer le parlement à Dinan ; ce serait la ruine ertiere de cette province, sév. 223. Le saint-siégfut transféré d’Avignon à Rome , au bout dsoixante-douze ans, volt. Mœurs, 70 . || Il se d.aussi de la personne qu’on déplace de la sortiVingt ans après, il [Harlay] fut transféré à l’aichevêché de Paris , d’olivet, Uist. Acad. t. Ip. 3B0, dans pougens. De l’évêché de Lavauiil [Fléchier] fut transféré à celui de Nîmeid’alemb. Élog. Fléch. || 3“ Transférer une fête, 1remettre d’un jour à un autre. || 4“ Fig. cédeitransporter une chose à quelqu’un, en observailes formalités requises. U lui a transféré toises biens. Il [Jésus-Christ] a transféré le droit csacrificateur à un autre ordre de prêtrise que cilui d’Aaron , étant lui-même prêtre éternel selol’ordre de Melchisedech , fléch. Sermons, Messe. Iroyaume de France n’avait pas encore été transféi
par une bulle ; Boniface enfin le mit dans le rangdes autres États, et en fit un don à l’empereur Al-bert d’Autriche, volt. Mœurs, 66. Les vœux del’homme reconnaissant qui ne peut s’acquitter d’unbienfait,transfèrent sa dette aux dieux, dider. Cl.et Nér. Il, 69. || Molière a dit transférer quelqu’undans des biens. 11 m’ose menacer de mes propresbienfaits, Et veut.... Me chasser de mes biens oùje l’ai transféré, mol. Part, v, 3. ||Par extension,transférer un nom, le faire passer d’un être à unautre. Pour transférer un nom [d’un animal à unautre], il faut au moins que le genre soit le même ;et, pour l’appliquer juste, il faut encore que l’es-pèce soit identique, buff. Quadrup. t. vu, p. 17.
|| 5“ Se transférer, v. réfl. Être transféré. Lesceptre des arts se transfère d’une nation à uneautre.
— HIST. xiv* s. Pluseurs y ot qui donnèrent leurnons [noms] pour estre transferez à Crustumie, ber-cheure, P < 0 , verso. || xvi e s. Quand la prestrise aesté ainsi transférée, il y a eu translation d’alliance,calv. Instit. 343. Si quelqu’un avoit si parfaitefoy que de pouvoir transférer les montagnes, id.ib. 426. Scipion, transférant la guerre de l’Italie en Libye , amyot, Fab. 60 . Essaye toy en ta pen-sée de te transférer toy mesme et remettre à cetemps là, la boétie, 337. Transférer la pensée deschoses fascheuses aux plaisantes, mont, iii, 292.
— ÉTYM . Lat. transferre, de trans, au delà, etferre, porter.
TRANSFERT (tran-sfêr; le t ne se prononce ja-mais), s. m. || I e Terme de finance et de commerce.Acte par lequel on déclare transporter à un autrela propriété d’une rente sur l’État, d’une action,d’une marchandise en entrepôt. || 2° Transfert-paye-ment, transfert-recette, opérations de comptabi-lité par l’une desquelles une caisse d’épargneannule le compte d’un déposant changeant de rési-dence, et le transmet à une autre caisse qui enprend charge sur ses livres. || 3“ Terme de bourse.Changement de propriétaire d’une action nomina-tive, effectué, soit par endos, soit par signatured’un acte synallagmatique émanant de l’ancienpropriétaire et du nouveau, et déposé au siègesocial, ou transcrit sur un registre destiné par lasociété à cet effet.
TRANSFIGURATION (tran-sfi-gu-ra-sion ; en vers,
de six syllabes), s. f. Changement d’une figureen une autre. || La transfiguration de Notre-Seigneur, l’état glorieux où Jésus parut sur leThabor. || Le tableau de la transfiguration deRaphaël , ou, elliptiquement la Transfigurationde Raphaël (avec un T majuscule), tableaureprésentant la transfiguration de Jésus-Christ . Lafigure du possédé, dans le superbe tableau de latransfiguration par Raphaël , est une image désa-gréable et qui n’a nullement la dignité des beaux-arts, stael, Corinne, vm, 3.
— HIST. xra” s. Il [saint Jacques ] fu à la trans-figuration, et à ressusciter la fille à un Juif, brun,latini, Trésor, p. 71. || xiv“ s. Si lez elemens sontfaiz un de l’autre par transfiguracion, oresme,Thèse de meunier.
— ÉTYM . Provenç. transfiguratio ; espagn. trans-pguracion ; ital. trasfigurasione ; du latin trans-figurationem, de transfigurare, transfigurer.
TRANSFIGURÉ, ÉE (tran-sfi-gu-ré, rée), part,passé de transfigurer. C’est toi que j’en atteste, Ôdivin Raphaël, dont le pinceau céleste Osa repré-senter, par un sublime essor, Le Christ transfi-guré sur le mont de Thabor? delille, l’Imag. v.Transfigurées par degré, elles [des âmes dans lepurgatoire] s’envolent à des régions plus élevées,chateaubr. Mart. liv. XXI.
TRANSFIGURER (tran-sfi-gu-ré), v. a. || 1“ Chan-ger la figure, le caractère. La légende transfigureles personnages historiques. || L’Académie n’a pastransfigurer à l’actif. || 2" Se transfigurer, v. réfl.Prendre une autre figure. Il est difficile.... quel’ange de ténèbres ne se transfigure quelquefois enange de lumière, mass. Carême, Injust. du Monde.
— REM. Transfigurer se dit pour exprimer quela figure prend quelque chose de supérieur et deplus éclatant; cependant on le trouve quelquefoisavec le sens de transformer : Qu’il [Needbain] s’entienne à ses anguilles.... que surtout l’envie de setransfigurer en serpent ne lui prenne plus; qu’ilne pense pas qu’il soit en droit de siffler, parcequ’on le siffle, volt. Quest. miracl. 6.
— HIST. xiii» s. Vers Médusa riens ne duroit;Car en roche transfiguroit, Tant faisoit felonessesuevres, la Rose, 2101 8. Et se transfigura en la fi-
gure Bretel [nom propre], merlin, P 63, recto.
|| xiv* s. Uns angles [un ange] laiens se monstra,Én la fourme dou roi s’est mis Et de viaire et defigure, Et le mousart roi transfigure [métamor-phose], j. de condé, p. 150. || xv e s. Mais est abestéle bonhomme, et paist l’herbe, et est transfigurésans enchantement, Les 16 joyes de mariage,p. 116, dans lacurne. || xvi* s. Nostre rédempteurtransfigura nos corps mesprisez en la gloire dusien, calv. Instit. 802. Voila comment Satan setransfigure en ange de lumière, id. ib. 994.
— ÉTYM . Provenç. transfigurar, trasfigurar ;espagn. transfigurar ; ital. trasfigurare ; du latintransfigurare, de trans, et figurare, figurer.
t TRANSFIL (tran-sfil), s. m. Gros fil de laiton,au bord de la forme du papetier.
t TRANSFILAGE (lran-sfi-la-j’), s. m. Terme demarine. Action de transfiler.
f TRANSFILER (tran-sfi-lé), u. a. Terme de ma-rine. Joindre deux toiles au moyen d’un lacet decorde qui, au travers d’œillets, passe alternative-ment de l’une à l’autre. || Entourer un objet avecde la petite ligne.
— étym. Trans.... et fil.
f TRANSF1XION (tran-sfi-ksion), s. f. Terme dochirurgie. Procédé d’amputation qui consiste àtraverser d’un seul coup les chairs saines au-des-sous d’une tumeur, avec un couteau à amputationou un bistouri dont le tranchant est tourné versla peau.
— ÉTYM . Lat. transfixum, supin de transpgere,percer d’outre en outre, de trans, et figere, piquer.
t TRANSFORMATIF, IVE (tran-sfor-ma-tif, ti-v’),adj. Qui a la puissance de transformer. L’in-fluence transformative de la physique et de lachimie s’est exercée plus visiblement : à peine nées,elles entrent dans les ateliers et y réforment tout,Marcel roulleaux, J. des économistes, juin 1861.
— ÉTYM . Transformer ; provenç. transformatiu ;espagn. transformativo.
TRANSFORMATION (tran-sfor-ma-sion ; en vers,de cinq syllabes), s. f. || 1° Action de transformer.Comme il y a des richesses naturelles, il y a desrichesses artificielles; et elles sont également, le-,unes et les autres, de vraies richesses, puisquoles transformations de l’art produisent des valeurscomme les transformations de la nature, condil.Comn i. gouv. i, 9. || 2” Changement d’une formeen une autre. La transformation d’un insecte, d’unechenille en papillon. Les transformations des mo-narchies en républiques, des républiques en monar-chies font passer l’humanité par tous les degrés dela perfection terrestre, et sont la principale déco-ration de notre planète, bonnet, Caus. prem. vm, 6.|| Terme d’anatomie pathologique. Transformationgraisseuse des épithéliums et des leucocytes, nomdonné aux cas où des granulations graisseuses sedéposent dans les cellules épithéliales et dans lesleucocytes. || 3" Terme de logique. Transformationdes propositions, se dit des diverses traductions quel’on peut faire subir à une proposition sans enchanger le sens. || 4 e Terme d’algèbre. Se dit desdiverses opérations que l’on fait subir à une équa-tion, à une formule, à une expression algébrique,sans en changer la valeur. || Particulièrement,transformation des équations, moyen de solutionpar lequel on introduit une inconnue auxiliaire.|| Terme de géométrie. Réduction d’une figure oud’un solide en un autre de même surface ou demême volume. || Transformation d’axes des coor-données, changement d’axes des coordonnées.
— ÉTYM . Provenç. transformatio ; espagn. trans-formacion; ital. trasformazione; du latin trans-formationem, de transformare, transformer.
TRANSFORMÉ, ÉE (tran-sfor-mé, mée), part,passé de transformer. Il [Timée de Locres ] dit qu’ilfaut.... lui annoncer [à la multitude, pour l’effrayeret la contenir] que les coupables, transformés aprèsleur mort en des bêtes viles ou féroces, épuiseronttous les malheurs attachés à leur nouvelle condi-tion, barthél. Anach. ch. 75. || Sensation transfor-mée, théorie de Condillac d’après laquelle toutesnos idées sont des sensations que l’intellect changoen idées. Du désir naissent les passions, i’amour,ia haine, l’espérance, la crainte, la volonté ; toutcela n’est donc encore que la sensation transfor-mée, condil. Traité sens. extr. rais.
TRANSFORMER (tran-sfor-mé), v. a.|U“ Don-ner à une personne ou à une chose une forme nou-velle. Plusieurs témoignaient qu il [Paia, roid’Arménie ] avait le secret de transformer leshommes, ou de les consumer par des langucu, sincurables, fléch. Uist. de Théodose, II, 66. i.t
DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
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