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soleil penche à son cquchant, il transforme enautant de diamants les gouttes d’eau qui pendent attachées aux extrémités inégales des pierres,dider. Essai sur la peint, ch. 6. || Terme d’algèbre.Transformer une équation, la changer en uneautre égale, mais de forme différente. ]| 2" Fig.Changer le caractère d’une chose, d’une personne.Rien ne saurait transformer une pareille action enun acte de vertu. Ne sentez-vous pas que Minervevous a comme transformé en un autre homme au-dessus de vous-même, pour faire par vous ce quevous avez faitÎFÉN. Têl. xxii. Bientôt ces hommes[les Guaranis du Paraguai ] furent transformés, etdevinrent sujets de leurs bienfaiteurs, volt.Mir.urs, 164. || 3“ Se transformer, v. rèfl. Changerde forme. La chenille se transforme en papillon.Les démons se transforment quelquefois en angesde lumière, malebr. Récit, vér. h, m, 2. Si, par unsort pourtant qu’on ne peut concevoir, La belle,tout d’un coup rendue insociable, D’ange, ce sontvos mots, se transformait en diable, boil. Sat. x.
|| 4’ Fig. Se déguiser, prendre plusieurs caractèresselon ses vues et ses intérêts. C’est un homme quise transforme en mille manières. La vertu se pro-fane, Se déguise, se masque et devient courti-sane, Se transforme aux humeurs.... régnier,Sat. v. || 5” Être transformé. Quand ces détriments[détritus] ont subi une violente action du feu....ils ont été brûlés autant qu’ils pouvaient l’être,et se sont transformés en mâchefer, en sablons....buff. Min. t. iv, n. 40.
— HIST. xvi*s. Et donques sermons ne porroientteles gens transformer et convertir à bien, oresme,Eth. 324. Qui veist lors une poure vierge si no-blement paréo et soudainement transformée partelle maniéré que à peine le peuple la recongnois-soit .... Mênagier , i, fl. ||xvr s. Beautez, grâces,discours qui m’allez transformant, desportes,Diane, n, 61 . J’en veois qui se transforment etse transsubstancient en autant de nouvelles figureset de nouveaux estres, qu’ils entreprennent decharges, mont, rv, 168.
— ÉTYM . Prov. et esp. transformer ; it. trasfor-mare ; du latin, tronsformare, de trans, et formare,former.
f TRANSFORMISME (tran-sfor-mi-sm’), s. m. Hy-pothèse biologique, émanée des travaux de Lamarcket de Darwin , d’après laquelle on admet que lesespèces dérivent les unes des autres par une sériede transformations que déterminent les change-ments de milieux et de conditions vitales.
t TRANSFORMISTE (tran-sfor-mi-sf), t. m. Par-tisan du transformisme.
TRANSFUGE (tran-sfu-j’), s. m. || 1° Celui qui, àla guerre, abandonne son drapeau pour passerdans les rangs ennemis. On a su par un trans-fuge qui s’est venu rendre à Maestricht , que lesHollandais avaient déjà perdu devant Grave bienprès de quatre mille hommes, pellisson, lett.hist. t. n, p. (70. Les transfuges, qui étaient en-viron neuf cents, voyant qu’il n’y avait point dequartier à espérer pour eux, rollin, Hist. anc. Œuv.t. I, p. 655, dans pougens. Mithridate put les ar-mer [ses soldats] et les instruire dans l’art mili-taire des Romains, et former des corps considé-rables do leurs transfuges, montesq. Esp. xxi, 12 .|| 2° Fig. Celui qui abandonne son parti pour pas-ser dans le parti contraire. Le témoignage seuld’un homme obscur, d’un transfuge de toutes lesreligions, mass. Carême, Doutés sur la relig. || Ondit dans un sens analogue : transfuge de la vertu,des bons principes. Ce sont des transfuges quicraignent les lois qu’ils ont violées, et regrettentles vertus qu’ils ont perdues, barthél. Anach.ch. 48. || En un sens qui n’est pas défavorable.Transfuge des routes ingrates De l’infructueuxHélicon, Dans les retraites des Socrates J’allaisjouir de ma raison, gresset, Chartr. Rousseau,riche d’une âme indépendante et fière, Transfugedes châteaux, revoie à la chaumière, millevoye,Indép . de l'h. de lettres. ||Par exagération, qui vad'une demeure à une autre. Du palais des repré-sentants à l’Élysée [où demeurait Napoléon I * r ], onse voit à nu; et tout est mis à jour par de fré-quents transfuges, villemain, Souvenirs contem-porains, les Cent-Jours, ch. xi.
— rem. > Transfuge : ce mot est nouveau, maisreçu avec applaudissement, à cause de la néces-sité que l’on en avait.... transfuge.... est quiconquequitte son parti pour suivre celui des ennemis, >vaugel. Rem. t. n, p. 760, dans pougens. Vaugelasse trompe; le mot n’est pas nouveau; seulementil était tombé en désuétude, ou du moins il a été
employé par Bercheure, qui le tirait de Tite-Ljve.
— HIST. xiv* s. Fugitis et transfuges estpient cilqui lessoient leur ost et leur partie, et se trans-portoient de l’autre partie, bercheure, f" 2, verso ,11 se doubta que les Roumains ne le prissent, etque il ne le retraisissent comme transfuge, id.f° 32, recto.
— ÉTYM . Lat. transfuga, de trans, au delà, etfugere, fuir.
TRANFUSÉ, ÉE (tran-sfu-zé, zée), part, passéde transfuser. Le sang transfusé dans les veines.
TRANSFUSER (tran-sfu-zé), v. a. Faire passerun liquide d’un récipient dans un autre. || Particu-lièrement, faire la transfusion du sang.
— ÉTYM . Lat. transfusum, supin de trapsfun-dere, de trans, au delà, et fundere, verser.
t TRANSFUSEUR (tran-sfu-zeur), s. m. Partisande la transfusion du sang. || Celui qui la met enpratique.
TRANSFUSION (tran-sfu-zioij), s. f, || 1” Actionde transfuser. || Par extension. La transfusion desdeux scènes paternelles d’Argire et d’Aménaïde[dans Tancrède] en une seule, volt. lett. à’Argen-tal, 4 oct. 4700. || Fig. Quand l’affection est jnu-tuelle à un même degré, c’est ['union la plusétroite, c’est le plus parfait accord qui puisse ré-gner entre deux êtres sensibles ; c’est enfin, s’il estpermis de le dire, la transfusion et la coexistencede deux âmes, marmontel, Œuv. t. xvi, p. 448.
|| 2° Transfusion du sang, opération qu’on avaitproposée pour rajeunir l’homme ou le rendre im-mortel. La panacée, quelle qu’en fût la composi-tion, la transfusion du sang et les autres moyensqui ont été proposés pour rajeunir ou immortaliserle corps, buff. Hist. nat. hom. Œuv. t. iv, p. 365.
|| Fig. Nous envoyer, par quelque subtil enchan-tement, tout le sens, toute la force, toute la santé,toute la joie que vous avez de trop, pour en faireune transfusion dans la machine de ma fille, sév.à Coulanges, 16 oct. 1695. || Aujourd’hui, opérationqui consiste à introduire dans les veines d’un ani-mal malade, pour remédier à son état, le sang d’unanimal sain, et, d’après les expériences dernières,d’un animal de la même espèce. Après divers essais,Denis publia une relation de la cure d’un jeunehomme qui, attaqué d’une léthargie extraordi-naire, en aurait été guéri par la transfusion dusang artériel d’un agneau dans ses veines, saint-foix, Ess. Paris , Œuv, t. iv, p. 393, dans pougens.
— hist. xvi* s. La création n’est point une trans-fusion, comme si on tiroit le vin d’un vaisseau enune bouteille, calv. Instit. 127.
— ÉTYM . Lat. transfusionem (voy. transfuser).
f TRANSGANGÉTIQUF. (tran-sgan-jé-ti-k’), adj.Qui est au delà du Gange . L’Inde transgangétique.
— ÉTYM . Trans, et Gange , fleuve de l’Inde .
TRANSGRESSÉ, ÉE (tran-sgrè-sé, sée), part,passé de transgresser. Des ordres imprudemmenttransgressés.
TRANSGRESSER (tran-sgrè-sé), v. a. || 1* Con-trevenir à quelque ordre, à quelque loi. J’ai seuletransgressé cet arrêt inhumain, rotr. Antig. iv, 3.Ne transgressez point les bornes que vos pères ontétablies, dit le Sage, boss. Polit, ix, v, 5. || 2“ Il sedit particulièrement de la violation des préceptesdivins. Il y a dans le mariage des lois établies deDieu , et qu’il n’est pas permis de transgresser,bourdal. 2* dim. après VÉpiphan. Dominic. t- i,p. 99. Si leurs pieds souvent glissèrent, Si leurslèvres transgressèrent Quelque lettre de ta loi,lamart. llarm. n, 1.
— HIST. xvi* s. Celui qui se sera abstenu detransgresser extérieurement, aura satisfait aux loispolitiques, calv. Instit. 275. Troubler le royaumeen transgressant les edicts, condé, Mém. p. 668.
— ÉTYM . Lat. transgressum, supin de transgredi,aller au delà, de trans, au delà, et gradi, aller.
TRANSGRESSEUR (tran-sgrè-seur), s. m. Celuiqui transgresse. Si quelque transgresseur enfreintcette promesse, Qu’il éprouve, grand Dieu , ta fu-reur vengeresse, rac. Ath. iv, 3. Dans la prépara-tion du cœur à laquelle seule le Seigneur regarde,vous êtes peut-être, un enfant de mort et un trans-gresseur déclaré de la loi, mass. Carême, Fauteslégères. Combien de transgresseurs [de la loi mo-saïque] ont passé leurs jours dans les délices, té-moin Salomon! volt. Mél. litt. Lett. au pr. de***, 4.|| Adj. Là sont plongés les juges transgresseurs, Del’innocence infâmes oppresseurs, j. j. aouss. Allég.n, i.
_HIST. xtv* s. Transgresseur de loys, oresme,
Thèse de meunier. || xvi* s. Nous voyons aussi com-ment Moyse ratifié estroitement les préceptes de la
loy ; comment les prophètes insistent ardemmentet menacent les transgresseurs, caly. Instit. 233.
— êtym. Provenç. transgressor ; espagn. trans-gresor; ital. transgressore ; du latin transgresso-rem (voy. transgresser).
f TRANSGRESSIF, IV’É (tran-sgrè-sif, Si-v’), <tdj.Qui passe par-dessus ou au delà. || Terme de géo-logie. Se dit d’une couche qui est venue se dé-poser sur des couches de différente nature enmontant par-dessus ces couches. Les bassins si-dérolithiques et la molasse des environs de Mont-béliard eFde Belfort se trouvent en contact et enstratification transgressive avec tous les niveauxdes étages jurassiques supérieurs, contejean, Aca4-des sc. Comptes rendus, t. lxii, p. 46.
TRANSGRESSION (tran-sg:rè-sion; en vers, dequatre syllabes), s. f. Action de transgresser.Où il n’y a point de loi établie, ni de préceptesdonnés, on ne saurait accuser personne de trans-gression, la motiie le yayer, Vertu des païens, hDroit dénaturé. En se permettant toutes les trans-gressions qui no sont pas renfermées dans le pré-cepte, mass. Carême, Fautes légères. Vous croyezvous tirer d’affaire en disant que Dieu payait soppeuple [les Hébreux] comptant, en le punissanttemporellement de ses transgressions, et en le ré-compensant par les biens de la terre quand il étajtfidèle, volt. Mél. litt. Lett au pr. de ***, 4.
— hist. xiy* s. De communication politiquesont trois especes, et les corrupcions ou transgres-sions de elles sqnt en nombre equal, oresme, Éth-246. Prévarication est quelconque transgressionde honne loy, m. Thèse de meunier. || xv* s. Voussavez la transgression D’Eve et d’Adam comme ilscheïrent, Hart, de St Étienne . || xvi* s. Il faut qu’ilnie quant et quant, que la transgression de la loyn’est point péché, calv. Instit. 468. Et les trans-gressions d’un pecheur misérable, desportes, Œu-vres chrest. xvm, psai. 6).
— ÉTYM . Provenç. transgressio ; espagn. trans-gresion; ital. transgressipne ; du lat. t ransgres-sionem (voy. transgresser).
t TRANSHUMANCE (tran-zu-man-s’), s. f. Emi-gration périodique des troupeaux de moutons despays de plaine, qui vont, sous la conduite desbergers, passer les mois les plus chauds de l’an-née dans les pâturages dos montagnes. Quant auxbestiaux, leur entrée et leur sortie constituaientmoins un commerce qu’une transhumance; ilspassaient l’été en France sur le versant nord desPyrénées et l’hiver en Espagne sur le versant sud,p. daudry, Inlrod. aux Mém. de N. J. Foucault,Introd. p. c.
f TRANSHUMANT , ANTE(tran-zu-man, man-l’),adj. Se dit des bestiaux qu’on mène paître en étédans les montagnes et l’hiver dans les plaines.M. Pierre Lombard , baile [garde] d’un troupeautranshumant, e. berthet, Directr. des postes, p. 244.
f TRANSHUMER (tran-zu-mé). || f V. a. Menerpaître des bestiaux en transhumance. || 2" E. TPAllerpaîtredans les montagne?. Beaucoup de trou-peaux du midi de la France transhument ; ils vontsur les Alpes , dans les pacages élevés de l’ArdccJieet de l’Auvergne, etc. Le système pastoral et l’o-bligation de transhumer avec ses troupeaux, c’est-à-dire de se déplacer suivant les saisons, afin detrouver l’eau et l’herbe nécessaires à ses animaux,tisserand, Rapp. au maréchal Vaillant, Monit-univ. 8 avr. 4868, p. 494, p* col. || 3“ En certainspays, on fait aussi transhumer les ruches, pour queles abeilles trouvent une pâture plus abondante, etc’est souvent sur des bateaux qu’on les promène. _
t humus, terre.
TRANSI, IE (tran-si, sie), port, passé de tranir. || 1» Pénétré par le froid. Transi, gelé, perclus,nmobile, rendu, N’ayant pas à vivre un quart'heure, la font. Fabl . vi, 43. Le rouge-gorgeient jusque sur nos fenêtres siffler sa petite phan-on transie, ch. lévéoue, Science du beau, t. R,. 334. || 2’ Fig. Qui est dans un état moral coin*aré à celui d’une personne transie de froid. U nlal pour qui.... J’eus la bouche fermée et le cœuri transi, régnier, Dial. Et j’ai le coeur transi Derainte que quelqu’un ne te découvre ici, CORN-a PI. roy. m,8. Tous ses sens de tristesse étouffesb transis, segrais, dans vaugel. Noua. rem. Qbs.le M***, p. 328, dans pougens. Nous sommes tou-ours transis, jusquesà ce que nous sachions si nosroupes ont repassé le Rhin , sév. 6 août 4 675. Rienl’est si froid que nos lettres, parce que notre cœur