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Tome quatrième. Q - Z.
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que ds restituer le droit dusufruit, et non lesfruits échus durant le mariage, ib. art. 1568 .Il Usufruit légal, droit de jouissance du père etde la mère sur les biens de leurs enfants mineurs.

hist. xiv* s. Retenu audit Pierrot le usfruitdesdiz vingt sols parisis le cours de sa vie tantseulement.... et que ledit couvent ne puisse riensreclamer oudit usfruit, du Gange , usufru ctuare.|| xvi* s. Cela nous admoneste en ces mois siplaisans De ne frauder en rien lusufruit de nosans, rons. Élég. 12 .

ÊTYM . Prov. usufrug ; du lat. usufructus (qui-Cherat, Addenda), de usus, usage, et fructus, fruit.

USUFItUITIER, 1ÈRE ( u-zu-frui-tié, tiè-r),s. m. et f. Terme de droit. Celui, celle qui a lu-sufruit. Il eût été absurde quun simple usufrui-tier eût disposé de la propriété de la chose, mon-tesq. Esp. xxxi, 33. Jacques Juvénal des Ursins sou-tint, dans une des conférences, que le roi, nétantquusufruitier de la couronne, ne pouvait aliénerla moindre partie du domaine, duclos, Œuv . t. n,p. 29. Lusufruitier a le droit de jouir de toute es-pèce de fruits, soit naturels, soit industriels , soitcivils, que peut produire lobjet dont il a lusu-fruit, Codeciv. art. 682 . [| Adj. Réparations usufrui-tières, réparations à la charge de lusufruitier.

hist. xiv* s. Ladicte vicontesse, usuffructuaireà cause de douaire, Arch. nat. jj85, p. 166 . || xvi s.Se contentant de nen estre investy, sinon commeusufructuaire , et comme ayant le bail, et jouys-sant des fruits au nom de ses enfans ducs titulai-res, M. DU BELL. 246.

ÊTYM . Usufruit.

t USUM (AD) (a-du-zom), Joe. adv. lat. Litté-ralement, à lusage. Se dit dune collection delivres rassemblés pour un but spécial : telle estlédition des auteurs latins ad usum Delphini, édi-tion faite à lusage du Dauphin, fils de Louis XIV ,par lordre de son gouverneur le duc de Montau-sier, et exécutée par divers savants. || On dit sub-stantivement : un ad usum.

CSU R A IRE (u-zu--r), adj. il y a de lusure.Il [Escobar] a fourni une méthode générale pourtoutes sortes de personnes, si facile quelle ne con-siste que dans lusage de certaines paroles quilfaut prononcer en prêtant son argent, ensuite des-quelles on peut en prendre du profit, sans craindrequil soit usuraire, pasc. Prov . vm. Le denier sixest si usuraire que je ne crois pas quun notaireen voulût faire un contrat, sév. 606 . On ne veutpoint interrompre des profits manifestement usu-raires, mass. Carême, Confession. Ny a-t-il que leprix de largent qui puisse être usuraire? celui* de toute autre marchandise ne peut-il pas lêtreégalement? condil. Comm. gouv. i, 18 .

HIST. xiv* s. En imposant [alléguant] le casestre usuraire, Ordonn. des rois , t. vu, p. 646 .En ung contraict usuraire, cellui qui preste quiertqueung denier engendre ung autre, qui est contrenature, le Songe du vergier, i, <73. || xvi s. Leurgrand pere mourut bancquier, bulliste et usuraireà Lyon , carloix, rx, 3. Si la rente estoit constituéeau denier dix, elle seroit réductible ; si au dessousdu denier dix, usuraire, loysel, 613.

ÊTYM . Provenç. usurari; espagn. et ital. usu-rario ; du lat. usurarius , de usura, usure.

CSCRAIREMENT (u-zu--re-man), adv. Dunemanière usuraire. Dans un temps de révolution,R aurait été peut-être permis de dire aux créan-ciers qui ont prêté usurairement : Tu mas fournitelle somme.... Décret du 23 floréal, an n, rapportCambon, p. 92 .

êtym . Usuraire, et le suffixe ment.

JSURE (u-zu-rJ, s. f. || 1 Proprement, touteespece dintérêt que produit largent. Vous ne prê-terez à usure à votre frère ni de largent, ni dugrain, ni quelque autre chose que ce soit, mais

®m em i e 0 nt c UX - étran gers, saci, Bible , Deutéron.xxiii le. Socin et les autres disent que lusure

mm' u*? U ? selon les lois chrétiennes; en

quoi il faut avouer quils ne dégénèrent pas de ladoctrine commune des protestants, bosso- aver-

au* A le l tr f S de Jurieu La loi des Douze Tables défendait de porter lusure plus haut quàdouze pour cent, rollin, Hist. ancŒuv. tp. 204j dans pougens. [X Rome} lusure onriairesigmfia un pour cent pa'ran; ruitsignifia trois pour cent par an; lusure ex triente,quatre pour cent par an ; 1 usure semis, six pourcent par an, montesq. Déf. Espr. lois, part. 2II* Par extension, profit quon retire dun nrètau-dessus du taux légal ou habituel. Vous savezque la plus grande peine que lon ait avec eux [les

gens daffaires] est de les détourner de 1 usure,pasc. Prov. vm. La pauvreté et lincertitude desfortunes dans les États despotiques y naturalisentlusure, montesq. Espr. v, 16 . Une usure affreusetoujours foudroyée et toujours renaissante sétablità Rome , ro. ib. xkii, 21. Lusure augmente à pro-portion du joéril de linsolvabilité, id. ib. xxii, 19.La petite Eglise de Calvin qui fait consister lavertu dans lusure et dans laustérité des mœurs,volt. Lett. dArgence, 20 janv. 1761. || Fig. Avecusure, en rendant plus quon na reçu. Notre affec-tion Ajoute avec usure à la perfection, régnier,Sat. n. Souviens-toi que le mien [esprit] ne reçoitpoint dinjure Quil ne rende aussitôt avec beau-coup dusure, Tristan, tlarianne, 11 , 3. Babylone paya nos pleurs avec usure, rac. Esth. m, 4. Lechamp qui les reçut [la chaleur des jours et la fraî-cheur des jours], les rend avec usure,un. Athal. 1 , 4.La terre le payait de ses peines avec usure, et ne lelaissait manquer de rien, fén. Tél. xxi. || 3 Dété-rioration par suite dun long usage. Lusure deshabits. || Se dit en hippiatrie. Usure des dents, desfers. || 4° Terme de pathologie. Atrophie, avec ré-sorption complète, de la substance des dents, descartilages ou des os pressés par certaines tumeurs,ou usés par le frottement.

hist. xm* s. Si comme sil emprunte à uzu-res por le [la] defaute de paiement, beaum. xxxv,

1 4. Usure si est quant aucuns preste denier porautres à termes ou à semaines.... ro. lxviii, 2.|| xiv* s. Laquelle debte se estoit multipliée parusures, bercheure, f 36, verso. Se lesdiz habitansou aucun deulz dévoient aucunes autres rentes,usures ou droitures... du cange, usaria. || xvi s.Quiconque donne aux poures preste à Dieu à usure,calv. Instit. 662. En vain seroient-ils [les prêtres]en office, sils ne sen acquitoient au bénéfice deceux qui doyvent recevoir deux lusure des talensspirituels que Dieu leur a communiqués, cest àdire saine doctrine, lanoue, 633.

ÊTYM . Provenç. espagn. et ital. usura , du lat.usura , de usum, supin de u(t, se servir.

f USURER (u-zu-), v. ». Faire lusure.

BIST, xm* s. Avarice a le mont [monde] sor-pris; Sil est clamez dolent, chetis, Ne rente na seil nusure, Ren. 196. ||xiv* s. Jadis enssi qui sa-prestast Dusurer et deniers prestast As usures ...

l . de condé, t. 11 , p. 82 . || xvi* s. Contrat fait pargens qui fussent coustumiers dusurer, loysel, 615.

USURIER , 1ÈRE (u-zu-rié, riè-r), s. m. et f.|| 1° Celui, celle, qui prête à usure. Cest ainsi quàson fils un usurier habile Trace vers la richesseune route facile, boil. Sat. vm. Cette honnête usu-rière, Qui nous prête, par heure, à vingt sous parécu? regnard , le Joueur, 1, 6. Des enfants defamille que les usuriers mettaient en état de fairede la dépense, lesage, GU Bl. m, 12. || Fig. Lanature, cruelle usurière, nous ôte tantôt un senset tantôt un autre; elle avait ôté louïe au pèreBourgoing , et elle ne manque pas tous les joursde nous enlever quelque chose comme pour lin-térêt de son prêt, sans se départir pour cela dudroit quelle se réserve dexiger en toute rigueurla somme totale à sa volonté, boss. Bourgoing .|| 2" Par extension, celui, celle qui profite desmalheurs ou des nécessités dautrui pour accroî-tre sa fortune. || 3° Adj. Une libéralité usurière,qui donne un œuf pour avoir un bœuf, J. j.rouss.Êm. il. || Proverbe. Il nest pas usurier qui veut.

HIST. xm* s. Cil Diex, se li vient à plaisir,Puet encore bien consentir A parler les bestessauvages Et les usuriers fere larges, Ren. 234. Liuzerier et li termoieur qui plus doutent la hontedu siecle que le pechié dusure, se soutillent mali-cieusement comment il puissent prester, beaum.Lxvm, 4. Mes suns grans usuriers ou uns gransbaretierres, Combien quil ait esté desloiaus etpechierres, Leur vuelt estre [aux ordres mendiants],à la mort, du sien larges donnierres, Il morra Cor-deliers, sil vuelt, ou preeschierres, j. de meung,Testam. 945 . ||xiv*s. Si estoit ainsi que les use-riers avoient pourpensé une cautclle comment ilpussent defrauder le pueple, bercheure, f° 38,verso. || xvi* s. Rarement est et peu souvent Levieil usurier sans argent, leroux de lincy, Prov.t. n, p. 4H. [Dion] aprez avoir appellé Seneque très sage tantost et tantost eDnemy mortel desvices de Néron, le faict ailleurs avaricieux, usu-rier, ambitieux.... mont, m, *49.

ÊTYM . Bourg, usurei; prov. usurier; esp. usure-ro ; ital. usuraio ; du lat. usurarius , de usura, usure.

USURPATEUR, TRICE (u-zur-pa-teur, tri-s), s.

m. et f. || t" Celui, celle qui, par violence, par ruse,

sempare des possessions, du pouvoir dun autre.Vos armes lont conquise [Rome], et tous les con-quérants, Pour être usurpateurs, ne sont pas destyrans, corn. Cinna, 11 , 1. Celui qui est usurpa-teur de la prêtrise en sera du moins inutile posses-seur, fléch. Panég. il, 389. Pépin, lusurpateurde la France , ne souffrit pas que les Lombardsusurpassent cette capitale [Rome ] et fussent troppuissants, volt. Dict. phil. Rome (cour de). Vu,du lit de ma sœur lusurpatrice infâme [Frédé-gonde].... lemerc. Frédég. et Brunehaut, I, 2. || Ab-solument, celui, celle qui a usurpé une souverai-neté. Toutes les grandeurs ne sont pas voisinesdes précipices, tous les usurpateurs nont pas étémalheureux, retz, Conjur. Fiesque. Le commence-ment du xvn* siècle était le temps des usurpa-teurs, presque d un bout du monde à lautre volt»Mœurs, un..,, ma chere patrie Par une usurpa-trice indignement flétrie [Élisabeth], p. lebrunMarie St. n, 2. || Lusurpateur, qualification queles royalistes donnaient à Napoléon I * r , et queleurs adversaires employaient souvent par ironie.Il nest vilain qui, pour se faire un peu décrasser,naille du roi à lusurpateur et de lusurpateur auroi, p. l. cour. Lett. à MM. de lAcad. || 2" Adj. Il afui devant nous, pour retarder sa perte, Cepeuple usurpateur de lempire des eaux, gilb.Ode sur la guerre. Il a révolté tous les philoso-phes, cest-à-dire tous les usurpateurs de ce beaunom, genlis, Teill. du chdt. t. ni, p. 19.

ÊTYM . Provenç. usurpaire, usurpador; esp.usurpador; ital. usurpatore; du lat. usurpatorem,

de usurpare, usurper.

USURPATION (u-zur-pa-sion; en vers, de cinqsyllabes), *. f. || 1° Action dusurper, ou le résultatde cette action. Mien, tien :.... cest ma placeau soleil; voilà le commencement et limage delusurpation de toute la terre, pasc. Pcns. vi, 60 ,édit, havet. La majesté violée par des attentatsjusqualors inconnus, lusurpation et la tyranniesous le nom de liberté, boss. Heine dAnglet . Lesempires les plus florissants ont commencé parlusurpation, bailly, Atlantide, p. 138. || 2° Lachose même qui est usurpée. La plupart des terresde cette seigneurie nétaient que des usurpations.

HIST. xvi* s. Il ne sestoit point laissé aller àceste violente usurpation de tyrannie par effrenéeconcupiscence de vivre à son plaisir, amyot, Ara-tus, 37. Une escriture peult estre corrompeue entroys maniérés qui sont : diminution, ou super-fluité, ou usurpation dune letre pour autre, mei-gret, dans livet, ia Gramm. franç. p. 63.

ÊTYM . Provenç. usurpatio; espagn. usurpa-don; ital. usurparione; du lat. usurpationem, dousurpare, usurper.

f USURPATOIRE (u-zur-pa-toi-r), adj. Qui a 1ocaractère de lusurpation. Les autres forces sontdevenues iniques et usurpatoires, j. j. rouss. Ém. v.

ÊTYM . Lat. usurpatotius, de usurpator, usur-pateur.

USURPÉ, ÉE (u-zur-, pée), part, passé dousurper. Lempire usurpé par Octave. || Fig. Il ny apeut-être jamais eu, de réputation plus usurpéeque celle de Saint-Évremond , volt. Comm. Corn.Rem> Sophonisbe , 1 , 3. Jeusse été citoyen, si lor-gueilleux Pompée Neût voulu mopprimer soiissa gloire usurpée, ro. M. de César, 1 , l.

USURPER (u-zur-), v. a. || 1" Semparer, parviolence ou par ruse, des biens, de la dignité, dutitre dun autre. La Rapinièro était dans une mai-son à deux lieues de, quil avait usurpée sur unepauvre veuve, scarr. Rom. com. 11 ,13. Il usurpe uneautorité que Dieu ne lui a pas donnée, pasc. Prov.xiv. Dédaignant les trônes qui peuvent être usur-pés, elle attacha son affection au royaume lonne craint point davoir des égaux, boss. ReinedAn-glet. La force nous est donnée pour conserver notrebien, et non pas pour usurper celui dautrui, id.Hist. ni, 6. Huit ans déjà passés, une impie étran-gère Du sceptre de David usurpe tous les droits,rac. Athal. 1 , 1. Limpie Acliab détruit, et deson sang trempé Le champ que par le meurtre ilavait usurpé, m. ib. 1 , l. De nos plaideursmanceaux les maximes métonnent : Ce qu ilsnusurpent pas, ils disent quils le donnent, du-frény, Réconcil. norm. 1 , 6 . Le père de Charle­ magne usurpa les Gaules sur les rois francs, esgouverneurs sous la race de Charlemagne usurpè-rent tout ce quils purent, volt. Mœurs, 33. Cilon,allié de Théagène, tyran de Mégare , fornm le pro--et se rendit maître de la

jet dusurper la tyrannie,citadelle, condil. Hist. anc. 1 , Jd.jjFig. Cest moiqui trouble votre repos, qui usurpe votre liberté,