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travailler beaucoup, de manger de même, mol.l’Av. ni, 6. || Avec suppression de il et inversion.Mieux vaut goujat debout qu’empereur enterré,la. font. Matrone. || Autrefois cette inversion demieux n’était pas obligatoire. Mais il faut le vou-loir, et vaut mieux se résoudre, En aspirant auciel, être frappé de foudre.... malh. v, 30. || 7" Nerien valoir, en parlant des personnes, être mé-chant, vicieux, dangereux. Tout le monde meprend pour un homme de bien; Mais la véritépure est que je ne vaux rien, mol. Tart. m, 6.Mon Dieu 1 que les hommes ont de talent pour nerien valoir! mariv. Marianne, 4 r “ part. Chassé dela maison de son père, parce qu’il ne voulait rienvaloir, j. i. rouss. Ém. n. || Il se dit des choses enun sens analogue. La Puisieux s’en est épanoui larate [d’une petite méchanceté faite par Mme deSévignéj; Mademoiselle n’osait lever les yeux; etmoi, j’avais une mine qui ne valait rien, sév. 27.Son grand benêt d’amant ne l’aime guère, il trouveMarie bien jolie, bien douce; ma fille, cela nevaut rien.... n>. J44. || Cette chose ne vaut rien,elle n’a presque aucun mérite, presque aucunevaleur. Le cheval qu’il a vendu ne valait rien.Cette comédie ne vaut rien du tout. L’étoffe quej’ai achetée ne vaut rien. || Cette chose ne vautrien, se dit aussi d’une chose usée et devenuehors d’usage. Cet habit ne vaut plus rien. || Celane vaut rien, cela est mauvais, nuisible. Le tempshumide ne me vaut rien. La raison ne me vaut rien;car elle m’a ôté tout ce que j’avais d’agréments,genlis, Ad. et Th. t. n, p. 4 70, dans pougens.|| Cela ne vaut rien, signifie aussi, cela n’an-nonce rien de bon, est de mauvais augure. Ils’endort dès qu’il a mangé, cela ne vaut rien.|| 8° Rapporter, donner du profit. Cet emploi vauttant. || Tant vaut l’homme, tant vaut la terre, voy.terre. || 9° Faire valoir quelqu’un, lui donner crédit,puissance, occasion de paraître à son avantage.Les rois font des hommes comme des pièces demonnaie; ils les font donc valoir ce qu’ils veulent;et l’on est forcé de les recevoir selon leur cours,et non pas selon leur véritable prix, la rochefouc.Prem. pens. bo. Il est moins rare de trouver del’esprit que des gens qui se servent du leur, ouqui fassent valoir celui des autres, en le mettant àquelque usage, la brüy. n. Là se trouvait danstoute sa perfection l’art... de faire valoir les autressans prétendre les protéger, genlis, Mém. t. il, p. 204.|| Se faire valoir, soutenir sa dignité, ses droits.Vous négligez les droits de votre place, vous nevous faites point assez valoir. || Se faire valoir, semontrer à son avantage. Rien ne devrait plus hu-milier les hommes qui ont mérité de grandeslouanges, que le soin qu’ils prennent encore de sefaire valoir par de petites choses, la rochefouc.Réflex. mor. n° 272. Se faire valoir par des chosesqui ne dépendent point des autres, mais de soiseul, ou renoncer à se faire valoir : maximeinestimable et d’une ressource infinie dans la pra-tique, la brut. n. || S’attribuer plus qu’on n’a. Jetrouve qu’on se faisait peut-être un peu trop va-loir dans le siècle passé, quoique avec justice, etqu’on ne se fait peut-être pas assez valoir danscelui-ci, volt. Lett. Laurent, 6 déc. 4 771. L’art dese faire valoir et de conduire une intrigue, genlis,Parvenus, 1. 1 , p. 66, dans pougens. || Un hommene vaut que ce qu’il se fait valoir, un homme n’ob-tient de crédit, etc. qu’autant qu’il saisit les oc-casions et le3 moyens de faire ressortir son mé-rite. || Se faire valoir de, se donner de l’importanceau moyen de. Je me suis fait valoir ici des nou-velles du combat naval [que j’ai apprises par vous],sév. 26 mai 4 676. || Terme de chasse. Se faire va-loir, se dit d’un animal qui, dans un terrain gras,a imprimé son pied et sa jambe, de manière à lefaire juger plus fort qu’il ne l’est en effet. 1110° Fairevaloir une chose, lui donner force, puissance. Fairevaloir son droit, ses droits. Jamais Ferdinand n’eutplus de puissance, et ne la fit plus valoir, volt.Ann. emp. Ferdinand 11, 4 62 ». || Faire valoir unechose, lui donner du prix, la faire paraître meil-leure, plus belle. Je me suis engagé de faire va-loir la pièce, et l’auteur m’en est venu prier en-core ce matin, mol. Prie. 4 o. Nous lisons la vie deThéodose ; mon fils la fait encore valoir ; car voussavez comme mes enfants savent lire, sév. 604.Les choses ne valent que co qu’on les fait valoir,fén. Dial, des morts mod. Dial. 4 3. Quand debons acteurs les font valoir [les pièces de théâtre],volt. Comm. Corn. Rem. Essex, v, 3. En général,l’art de faire valoir une idée consiste à la mettredans la place où elle doit frapper davantage,
condil. Art d’êcr. n, i4.||Terme de peinture.Une figure en fait valoir une autre, lorsque, placéeauprès, elle a moins de force, moins de fini,moins de beauté. || Faire valoir une chose, en re-lever l’importance, le mérite. Je ne sais point,seigneur, faire valoir les choses, corn. Othon, ni, B.Et de tant de mortels à toute heure empressésà nous faire valoir leurs soins intéressés.... rac.Esth. n, 3. Un premier esclave qui, espérantd’obtenir sa liberté, accusait sans cesse les au-tres, pour faire valoir à son maître son zèle etson attachement à ses intérêts, fén. Tél. n.||Faire valoir sa marchandise, se dit du mar-chand qui fait ressortir les qualités de ce qu’ilveut vendre. || Fig. Faire valoir sa marchan-dise, louer beaucoup ce qu’on a, ce qu’on dit, cequ’on fait. Si nous trouvions quelque chose debon pour votre enfant, nous ne manquerions pasde faire valoir notre marchandise, sév. 627. || Fairevaloir des motifs, en faire ressortir la force. Jesais bien que vous êtes en couche ; je fais valoircette raison qui est bonne, sév. 259. Il [d’Hacque-ville] fera valoir vos raisons à M. de Pompone, id.29 déc. 4 67B. || Faire valoir que, avec l’indicatif,ou faire valoir de, avec l’infinitif. Je lui fais va-loir [à Mme de Chaulnes] d’être demeurée pourelle [en Bretagne ], sév. 22 juill. 4 674. Et vousvenez nous faire valoir que vous aimez votre frère,et qu’il ne vous reste aucune aigreur contre lui,tandis que sa seule présence vous déplaît et vousirrite l mass. Carême, Pardon des off. || Faire va-loir, signifie aussi opposer, objecter. Faire va-loir une objection contre quelqu’un. Je n’avaispoint voulu que la princesse [de Tarente] vîntici; je lui avais fait valoir nos dévotions dejeudi.... sév. 450. Je crois vous avoir fait en-tendre que depuis longtemps on faisait valoir lesminuties [contre Pompone]; et cela avait forméune disposition qui était toujours fomentée dansla pensée d’en profiter, id. 43 déc. 4679. || il" Fairevaloir une chose, en tirer le profit, l’avantagequ’elle peut rapporter. Pour faire valoir la sommepar votre industrie, pasc. Prov. vin. Ceux qui sontles plus vigilants et les plus industrieux pour fairevaloir leurs biens, fén. Tél. xii. Chacun est obligé,en conscience, de faire valoir ses talents, brueys,Muet, n, 3. Il [Charlemagne ] fit valoir ses domai-nes avec sagesse, avec attention, avec écono-mie, montesq. Esp. xviii, 34. || Par extension.Respirer, me promener en long, faire un peud’exercice, c’est ce qui me fera valoir et profitertous mes remèdes, sév. 7 oct. 4 687. || Absolu-ment. Faire valoir, exploiter soi-même sa terre.|| Terme de chasse. On dit que les chiens font va-loir le change, quand ils abandonnent la voie dela bête de meute, pour suivre celle du change.|| 12” Tenir lieu de, avoir la signification de. L’asau piquet vaut onze. Une blanche, en musique,vaut deux noires. L’M en chiffres romains vautmille. || Faire un acte, remplir une formalité pourvaloir ce que de raison, faire un acte, remplir uneformalité par pure précaution, et pour servir dansl’occasion comme il sera juste et raisonnable.|| Cela vaut fait, assurez-vous que cela ne man-quera pas de se faire. Cela vaut fait, monsieur,corn. Mélite, n, B. || Autant vaut, même sens. Au-tant vaut que Valère s’en aille, goldoni, Bourrubienfais. ir, 4 B. || Autant vaut, locution elliptique,peu s’en faut. Ismène : Est-il mort? — Cléanthes :Autant vaut : depuis vingt ans et plus Qu’il a prisson parti, nous ne nous sommes vus, regnard,Démocr . ir, 4. Merlin : On donne ici le bal! l’af-faire est donc finie? — Lisette : Autant vaut, monenfant, id. le Bal, 4. Notre boussole est trouvée,ou autant vaut, nous voilà dans la physique, j. J.rouss. Ém. m. || Vaut est quelquefois sous-entendu.Autant faire cela sur-le-champ que de différer.|| Autant vaut traîné que porté, voy. porté. || Autantvaut être mordu du chien que de la chienne, voy.chien. H Proverbe. Un bon averti en vaut deux, voy.averti. || 13* Peser d’un certain poids. Ces considé-rations, qui valent pour votre cause, valent aussipour la sienne. || 14° V. a. Procurer, produire,faire obtenir. Ses succès lui ont valu le surnomde Grand. Cette terre lui vaut dix mille francs derente. La gloire immortelle que lui ont value sesexploits. Les honneurs que mon habit m’a valus.Vou3 lui faites [à Pauline] un bien extrême devous amuser à sa petite raison naissante; cetteapplication à la cultiver lui vaudra beaucoup, sév.b août 4 676. J’ai travaillé jusqu’à mes derniersjours; cela m’a valu des ennemis; mais aussi celam’a valu votre amitié; ainsi je n’ai point à me
plaindre, volt. Lett. Chabanon, 34 déc. 4774. Oui,je dormais sur un petit volume Qui me vaudrad’être encore étrillé, bérang. Gohier. || IB" X valoir,terme de commerce et de finance signifiant ce qu’ondonne à compte d’une plus forte somme qu’ondoit fournir, soit argent, soit marchandise. Je vousenvoie vingt balles de café dont vous retirerez leprix à valoir sur ce que je vous dois. || J’ai reçutelle chose ou telle somme à valoir sur..., je l’aireçue en déduction de.... || 16“ Vaille que vaille,loc. a de. Passablement, tant bien que mal. Il fautme laisser vivre; après, vaille que vaille, Si j’aiquelque pistole, on me la trouvera, hauterocbe, leDeuil, 29. On me donnait le soin De fournir lamaison de chandelle et de foin; Mais je n’y per-dais rien; enfin, vaille que vaille, J’aurais sur lemarché fort bien fourni la paille, rac. Plaid, i, 4.Enfin, vaille que vaille, L’ennemi se soumet, j’aigagné la bataille, destouch. Glor. v, 3. Je suisraccommodé, vaille que vaille, avec Mme du Def-fant, d’albmb. Lett. à Voltaire , 4 8 oct. 4 760.|| 17“ Tout coup vaille, loc. adv. qui signifie, à decertains jeux, qu’en attendant la décision de cequi est en contestation, on ne laissera pas de jouer.|| Fig. X tout hasard. Ma foi, tout coup vaille,voyons où la chose ira, hauteroche, Cocher supp-sc. 4 8. Je me divertis toujours, tout coup vaille,dancourt, Cur. Compiègne , sc. 2 . Allons donc,tout coup vaille, épousons sans amour, destoucii.Irrésolu, iv, 4. || 18" Valant, part, présent. Deuxmaisons valant cent mille francs. Le tout ci-des-sus mentionné valant loyalement plus de quatremille cinq cents livres, et rabaissé à la valeur demille écus par la discrétion du prêteur, mol.l'Avare, n, 2 . || Proverbe. Donner et retenir nevaut, il faut se dessaisir de la propriété d’unechose qu’on donne.
— REM. 1. Valoir ne prend point de avec un in-finitif. Cependant, avec il vaut mieux, mieux vaut,on peut mettre de : Il me vaudrait bien mieuxd’être au diable que d’être à lui, mol. D. Juan,i, 4. Mieux vaut encor de penser que de lire,thomas, Épit. à Mme D. On dirait aussi sans de :Mieux vaut encore penser que lire. || 2. Dans cesphrases : Cette étoffe vaut dix francs ; cet hommesait ce qu’il vaut, on comprend que le régime n’estrégime direct qu’en apparence, et qu’il y a uneellipse : Cette étoffe vaut [pour] dix francs; cethomme saitee qu’il [pour cequ’il] vaut. || 3. Le par-ticipe passé fait difficulté comme coûté pour l’ac-cord. On le traitera de même (voy. coûter, auxRemarques), et l’on dira: La somme qu’a valu ily adix ans ce domaine. Mais quand valoir est actif,signifiant procurer, alors il suit la règle des ver-bes actifs : Les honneurs que lui a valus cette ac-tion. L’Académie ne s’explique ni pour l’un nipour l’autre cas. ||4. Quand il s’agit d’exprimerune valeur, on dit valant : Il a une bonne terrevalant dix mille écus; et, dans ce sens, valant estle véritable participe du verbe valoir. Mais, pourexprimer qu’il les a en sa possession, on dit alors:Cet homme a dix mille écus vaillant; et dans cecas vaillant est un substantif masculin employéadverbialement.
— hist. xi“ s. Melz [mieuxj en valt l’orl que nefunt cinq cenz livres, Ch. de Bol. xxxvm. Nuis reisde France n’out unkes si vaillant [butin qui valûttant], ib. lxxxix. Fuir s’en [il] voelt, mais ne livalt nient, ib. exxm. || tii“ s. Consels d’orguel nevaut mie un boton, Rone. p. 44. N’i perdra Charles[ce] qui vaille un seul denier, ib. p. 34. MieX[mieux] valt mesure que ne valt estoutie, ib. p. 82.Puisque merci ne m’i daigne valoir, [je] Ne sa>où nul confort [je] pregne, Coud, ix. Un petitbiens vaut mieuz, si Diex me voie, Qu’on faitcourtoisement, Que cent greignor [plus grands] fai 1enieusement, ib. xvi. [Ce] Dont je mourrai ; et, seje vi, ma vie Vaudra bien mort.... ib. xxiv. Car cilqui pert honor vaurroit mieux mors que vis,Sax. xxvi. Mielz valt fiz à vilain qui est prouz esenez, Que ne fait gentilz hum failliz e débutez,Th. le mort. 63. Service frunt [ils feront] à Sesac,que il sachent quel valt mielz à servir à mei u aSesac, Rois, p. 296. || xm“ s. Se nous ne doutons aservir ceulx que nos cuidons qui nos vaudront[nous seront utiles], que devons nous faire à ceulxqui nos ont jà valu? brun, làtini, Trésor, p. 416 'Et cil jurèrent seur sains qu’il esliroient en bonnefoi celui.... qui mieus vaudroit à l’empire gover-ner, villeh. ch. [La couronne] Cent mile m arSvaloit et plus, à droite vente, Berte, x. En France [nous] envoierons savoir s’il peut valoir [si 1chose peut se faire], ib. lxv. Tuit cil [tous ceuxj