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VÉN VEN VEN
maagier, maciiaut, p. 1 1 8. || xv‘ s. Je m’en voysicy à ung hermite, pour moy venger [guérir]d’une enfermeté que j’ay, Perceforcst, t. n, f° 42.Par ma foy, dist Passalien, tel cuyde bien ven-ger son blasme, qui l’accroist, ib. t. iv, f* <07.
|| xvi* s. Ils arresterent que sans aucun delay, ilfalloit venger ceste mort, amyot, Phil. 36. Sevenger sur soy mesme du mal que.... mont, i, 21.Les dieux vengerent [punirent] cette perfidesubtilité , ID. I, 27.
— étym. Wallon, veingt; provenç. venjar, ven-ger; espagn. vengar; portug . vingar ; ital. ven-gicre ; du lat. vindicare (voy. vendiquer).
VENGEUR, GERESSE (van-jeur, je-rè-s’), s. m.et f. || 1“ Celui, celle qui venge, qui punit. Misé-rable vengeur d’une juste querelle, corn. Cid, i,
9. Fidèles dépositaires des lois, et implacablesvengeurs de leur sainteté méprisée, boss. le Tel-lier. David a recours à Dieu comme à son uniquevengeur, id. 6* avert. 30. Britannicus mourantexcitera le zèle De ses amis, tout prêts à prendresa querelle ; Ces vengeurs trouveront de nouveauxdéfenseurs Qui, même après leur mort, aurontdes successeurs, bac. Brit. iv, 3. Roi, voilà vosvengeurs contre vos ennemis, id. Athal. iv, 3.On accusa son entreprise [de Charles-Quint , surAlger ] de témérité; mais, s’il eût réussi, commeà Tunis , on l’eût appelé le vengeur de l’Europe ,volt. Ann. Emp. Charles-Quint , 1541. Boileau ,critique peu sensible, mais judicieux et solide, ne'fut pas le restaurateur du goût; il en fut le ven-geur et le conservateur, marmontkl, (Eut), t. iv,p. 417. Némésis I Némésis 1 lève-toi, vengeresse IV. HU00, Châtiments , III, (6. || Quelqu’un qui sevenge de nous. Lui mort [Auguste ], nous n’avonspoint de vengeur ni de maître, corn. Cinna, I, 3.
|| 2° Adj. Qui venge, qui punit. Fuyez de devantl’épée qui vous menace, parce qu’il y a une épéevengeresse de l’iniquité, saci, Bible , Job, xix, 29.Dieu , dont le bras vengeur, pour un temps sus-pendu, Sur cette race impie est toujours étendu,rac. Athal. I, 2. Les Furies vengeresses, envoyéespar les dieux pour punir un crime si détestable,rollin, Traité des Ét. H, 2. Condamner la guer-rière vengeresse du trône [Jeanne d’Arc ] au plusaffreux des supplices, volt. Philos. Disc, de BeV-leguier. ôtez aux hommes l’opinion d’un Dieuvengeur et rémunérateur, Sylla et Marius se bai-gnent alors avec délices dans le sang de leursconcitoyens, id. Philos, t” homélie. Au sein de vosfausses prospérités les passions vengeresses pu-nissent vos forfaits, J. j. rouss. Ém. iv. On nefait point aux morts d’outrages impunis; Il est desdieux vengeurs près des tombeaux assis, p. Lebrun,Ulysse, iv, 2 .
— hist. xn* s. Que tu destruies le enemi e levengédur, Liber psalm. p. 8. || xiv” s. Les furiesvengeresses des horribles forfaiz, bercheure, f° 23,verso. || xvi* s. Une furie vengeresse du sang deson hoste qu’il avoit fait mourir à tort, amyot,Marius, H.
— ETYM . Venger; provenç. venjaire, venjador;cat. venjador; espagn. vengador; ital. vengia-tore.
VENIAT (vé-ni-at’J, s. m. Terme de palais.Ordre donné par le juge supérieur à un juge in-férieur de se présenter en personne pour rendrecompte de sa conduite. Il a reçu un veniat.
— Etym . Lat. veniat, qu’il vienne (voy. venir).
VÉNIEL, ELLE [vé-ni-èl, è-1’), adj. || 1* Qui estdigne de pardon, en parlant des péchés légers quin’entraînent pas la perte de la grâce, par opposi-tion aux péchés mortels qui la font perdre. Cetteattention toute seule qu’apporte une âme tiède àexaminer si une offense est vénielle, ou si elle vaplus loin, mass. Carême, Tiéd. 4 . || Voy. péché,n* 2 . || 2° Il se dit dans le langage général et fami-lier des fautes légères. Tout auteur qui s’érige untribunal où ses confrères sont cités, doit s’atten-dre, quelque indulgent qu’il se montre, à êtrelui-même cité par eux, et rigoureusement jugésur les fautes les plus vénielles, d’alemb. ÉlogeL. Cousin.
— HIST. xiii* s. Prelaz, li tiens estas est de per-foccion; Venial vice en toi te sunt perdicionj. de meung, Test. 886. || xiv* s. Et de mais volun-taires les uns sunt venials et dignes de pardon etles autres non, oresme, Éth. 189. ||xvi* s. Péchéveniel est cupidité mauvaise sans consentementdélibéré, laquelle ne repose point longtemps de-dans le coeur, calv. Instit. 316. Ce qui est venielà M. de Joyeuse ne nous doibt point estre mortel,Lettre de Duplessis-Mornay à Montaigne , 18 déc.
1853, dans p. de conches, Causer, d'un cur. t. m,p. 113.
— Etym . Provenç. et espagn. venial; ital. De-ntale ; du lat. venia, pardon.
VÉNIELLEMENT (vé-ni-è-le-man), ado. D’unemanière vénielle. On ne peut qu’on ne pèche vé-niellement, richelet.
— hist. xiv* s. L’exposant deist icelles parolesfors veniaument et simplement, sans penser àaucun malice, du cange, venia.
— ÉTYM . Vénielle, et le suffixe ment ; provenç.venialmens ; espagn. et ital. venialmente.
f VENIMÉ, ÉE (ve-ni-mé, mée), adj. Blessé parun serpent venimeux. Le sang des animaux veni-més est noir et chargé d’acide carbonique, parsuite de l’asphyxie qui précède la mort, Revue deParis, 1" févr. 1868, p. 469.
— ÉTYM . Venin, anciennement venim.VENI-MECUM (vé-ni-mé-kom’), s. m. Voy. vade-
mecum.
— Etym . Lat. Déni, viens, mecum, avec moi.VENIMEUX , EUSE (ve-ni-meû, meû-z’), adj.
|| 1* Qui a du venin, en parlant de certains ani-maux. Le scorpion est venimeux. Cerbère Taversé ; jadis ce monstre esclave Fit écumer sur luisa venimeuse bave, rotr. Hercule mourant, iv, 1 .
|| 2° Il se dit des choses infectées du venin dequelque animal. On dit que les herbes sur les-quelles le crapaud et la chenille ont passé sontvenimeuses, Dict. de l'Académie . || 3° Fig. Qui aun poison moral. Propos venimeux. La lecturedes écrits de Jean-Jacques m’a fait faire en mêmetemps celle de ces venimeuses productions, qu’on apris grand soin d’y mêler, i. j. rouss. Dial. 3.
|| Langue venimeuse, personne médisante.
— REM. Venimeux ne se dit bien maintenant quedes animaux qui ont du venin, ou des choses qu’ilsont infectées de leur venin, tandis que vénéneuxest réservé aux plantes qui ont un poison, maiscette distinction est récente; et auparavant veni-meux se disait des plantes. Leurs flèches [cellesdes Crotoniates] sont trempées dans le suc de cer-taines herbes venimeuses qui viennent, dit-on, desbords de l’Averne et dont le poison est mortel,fén. Tél. x. Vos oignons et vos artichauts sont detrès-bonnes choses; mais je ne vois pas quelle aété votre idée en couvrant la terre de tant de plan-tes venimeuses, à moins que vous n’ayez eu ledessein d’empoisonner ses habitants, volt. Songede Platon .
— HIST. xiii* s. Le ferai devorer as venimeusserpens qui conversent en terre, Psautier, f* 188 .Car saluz ne vous ren je mie, Rous venimeus depute foi, Ren. 13637. Et par la plaie dolereuse Dedetraccion venimeuse, la Rose, 4983. || xiv* s. Bes-tes venimeuses si com sont serpens et leur sembla-bles, h. de mondeville, f* 80 bis, uerso. ||xv* s.Dyanira.... Quant la venimeuse chemise Luy bailla[à Hercule ].... e. desch. Poésies mss. f* 807. Ceslangues venimeuses, villon, Ballade . || xvi* s. Uneriviere qui avoit l’eau froide et claire, mais elleestoit sallée et venimeuse à boire, amyot, Anton.61. Il vaudrait beaucoup mieux s’eslongner d’unesi venimeuse concorde, id. ib. 64. Ce feut cette ve-nimeuse doulceur [de Jules César ] qui envers lepeuple romain sucra la servitude, la boétie, Servit,volont. Ce jour-mesme il sortit à ce bon roi uneapostume fort venimeuse au genouil droit, d’aub.Hist. III, 817.
— Etym . Venin, qui, dans l’ancienne langue s’é-crivant souvent venim, a donné venimeux ; wallon ,vilmeu ; Berry, varineux ; norm. velimeux; provenç.verenos, verinos; ital. velenoso .
I VENIMOSITÉ (ve-ni-mô-zi-té), s. f. Qualité dece qui est venimeux.
— HIST. xiv* s. Aucune fois est pure venimosité,h. de mondev. f* 87.
VENIN (venin; au xvii* siècle, plusieurs pronon-çaient velin, prononciation qui d’ailleurs était re-gardée comme fautive, marg. buffet, Observ.p. 137), s. m. || 1° Liquide malfaisant que sécrè-tent certaines espèces de glandes dites vénéni-fiques ou vénénipares chez quelques animaux, telsque la vipère, le scorpion, etc. qu’ils conserventdans un réservoir particulier, pour s’en servircomme de moyen d’attaque ou de défense, et qui,introduit dan9 le sang d’un autre animal, aumoyen d’une morsure ou d’une piqûre, le tue plusou moins promptement ou du moins le rend ma-lade. Le venin du scorpion, de la guêpe. Veninsubtil. Le venin de la vipère n’est pas un poisonpour son espèce; il ne tue point les sangsues, leslimaces, l’escargot, l’aspic, la couleuvre, l’orvet,
fourcroy, Conn. chim. t. x, p. 320. || Fig. Je P UISCdans leurs yeux un venin amoureux, Régnier, ■P'® 1,
|| Proverbes. Morte la bête, mort le venin, on n»plus rien à craindre d’un ennemi lorsqu’il esmort. || A la queue le venin, voy. queue i . || 2° P* 1 'son en général. J’ai su, par une longue et pénib eindustrie, Des plus mortels venins prévenir »furie, rac. Mithr. iv, 3. La poudre de diamant n espas plus un venin que la poudre de corail, volt-Louis XIV , 26. || 3* Par extension, principe et ac-tion des maladies contagieuses. Le venin de la petitevérole. Boudin ...lui représentant [à Fagon , dans »variole du Dauphin] qu’eux médecins de la cour fl ulne voyaient jamais aucune maladie de venin-"st-sim. 293, 232. || 4* Fig. Ce qui est moralement coB>"paré au venin matériel. Les langues ont toujours ® u
venin à répandre, Et rien n’est ici-bas qui s’en puis 3 ®défendre, mol. Tart. v, 3. Celui qui est en colère equi le dit, est préférable au traditor qui cach®son venin sous de belles et douces apparence*)sév. 12 janv. 1676. Les écrits où Ton m’avertit q u 1[Jurieu ] répand sur moi tout ce qu’il a de veniÇ)boss. Déf. Variât, i, Ainsi parle un esprit.... O® 1 ’sous l’humble dehors d’un respect affecté, Caen le noir venin de sa malignité, boil. Sat. ix. Ai'] 6d’un style affreux Distillé sur sa vie un venin dan-gereux? id. ib. L’envie, qui verse son venin mort 6autour d’elle, et qui se tourne en rage, danl’impuissance où elle est de nuire, fén. Tél. xvn*’Depuis que je suis né, j’ai vu la calomnie Exhaleles venins de sa bouche impunie, volt. Tancr. ffl, 3 !
|| Jeter tout son venin, dire, dans l’emportem 611de la colère, tout ce qu’on a sur le cœur. || C’e]un homme sans venin, il n’a point de maligni* 0 '
|| 5“ Fig. En langage de dévotion, ce qui est con-traire à la doctrine de l’Église. Un petit livre fl u *a beaucoup de venin et de dissimulation, n° sS ’
Lett. quiét. 201 . La déclaration des défenseurs “
Jansénius fut jugée captieuse, conçue en ® e _termes pleins d’artifice, et cachant, sous l’app 6 'rence d’une soumission en paroles, tout le ven 1de l’hérésie, rac. Hist. de Port-Royal, part. •Puisse notre saint docteur leur servir à tousmodèle, et leur apprendre à se précautionner con^tre le venin dangereux de tant de livres I mass.nigyr. St Thomas d'Aquin. || En général, mauvais^doctrine. De leurs venins bientôt ils [les partissede Mahomet ] infectent Médine, volt. Fanat. i> .*[|| 6” Venin de marée, dit aussi vif et virli, petit P 01son de mer dont la piqûre cause une vive doule®.]— SYN. POISON, VIRUS, VENIN, MIASMES. LeS P°l.sons sont ou des corps cristallisables ou vola ll ._sans décomposition, d’origine minérale et d’or 1 'gins organique, ou les sucs de plantes qui les ren-ferment; ils agissent en s’unissant, moléculemolécule, aux principes immédiats des tissevivants, dont ils modifient ainsi la constitution 6qu’il3 décomposent. Les venins sont des hume®spéciales sécrétées surtout par certaines gla n ®.des animaux et quelquefois des végétaux ; ils “°vent leurs propriétés principalement à une s®stance organique naturelle ou principe imine® 1coagulable et spécial, qui conserve toutes ses P r ®priétés après la dessiccation ou après la mor* ,l’animal. Les virus sont un état particulier d’al*ration des substances organiques, liquides oulides, qui existent normalement dans tout evivant ou qui en proviennent; ils agissent entramettant à d’autres êtres un état d’altération > e ^blable ou très-analogue à celui dont ils sonsiège. Les miasmes, très-voisins des virus, sdes substances organiques volatiles ou emportpar les liquides volatils lors de leur évapora* 1qui proviennent des tissus animaux ou végéta sen voie de décomposition, des déjections, .exhalations pulmonaires ou sudorales d’animasains ou malades. -,
— HIST. xn” s. Lo velin de detraction, ST j;p. 657. Venim e pureture grant merveille v0ta '’ c ejut mult lungement.... Th. le mart. 95. Jà soi tque li venins del ancien anemi soit par tozviscesqui l’ont espanduel humain cuer, Job, P- e ||| xiii* s. Du venim [poison] serai tost porveu®pourquise, Berte, lxxvi. Et touzjours dit 011 8 nen sarpent ne puet on donner venin, oar tr0 L e r]i a, LEROUX de lincy, Prov. t. Il, p. 497. Cil [ JU P, j a -mist le venin es serpens, la Rose, 20330. De 5 [i)0 jtés.... pot semer trop de venin, beaum. i, i ® n s0 uXn’a ne venim ne fiel; Il ne me remaint ri en j nciel; Tout va sa voie, ruteb. 26 . ||xvi* s. tJ n ven jnpréparé à tout de la ciguë, mont, ii, ii(|
contre venin duit, Car venin au venin nuit, oRécréât, t. n, p. 281 .